Salut
Yann58 a écrit:
Il existe donc des sources naturelles d'azote, sans aucun apport ni minéral, ni même organique.
Les voici :
* mécanisme d'Ingham : 30 kg (fixation par adsorption sur les feuilles puis lessivage par les pluies de l'azote gazeux sous les formes NO2 = H2NO3)
* azotobacters : bactéries libres aérobies dans le sol fixatrices d'azote : 40 kg
* Clostridium : bactéries libres anaérobies dans le sol fixatrices d'azote : 15 kg
* minéralisation de l'humus : 50 kg
* pluies : 15 kg
Il me semble que tu comptes deux fois certains apports.
La "minéralisation de l'humus", c'est deux choses :
- le travail des bactéries aérobies qui pour dégrader les déchets carbonés de l'humus ont besoin de l'azote de l'air. Elles élaborent leurs protéines avec le carbone des déchets végétaux et l'azote de l'air, chose que les animaux ne savent pas faire, et relâchent de l'azote sous forme de nitrates ou d'ammoniaque.
- le travail des bactéries anaréobie et des animaux qui ont besoin à la fois du carbone et de l'azote des produits végétaux tombés au sol pour produire leurs protéines.
Donc, soit tu comptes le résultat de la minéralisation de l'humus en termes de nitrate et d'ammoniaque produits, soit tu comptes l'azote que captent ces deux types de bactéries sous forme de protéines ou d'azote de l'air, mais pas les deux.
En tout état de cause, la somme de l'azote minéralisé (nitrates + ammoniaque) par les deux types de bactéries plus par le travail (nourriture et déjections) des animaux du sol (insectes, vers de terre, etc.) doit être rigoureusement exacte à ce que l'on appelle "minéralisation de l'humus" ce qui n'est pas le cas ici.
On peut donc penser qu'il y a une surestimation de la quantité d'azote minéralisé produit par un des deux types de bactéries.
De plus, le "mécanisme d'Ingham" ferait passer directement l'azote sous forme N2 dans les végétaux pour qu'ils produisent leurs protéines, protéines qui passeront ensuite dans l'humus quand les végétaux tombent au sol. L'azote capté par le mécanisme d'Ingham est donc une partie de l'azote qui sera ensuite transformé par minéralisation de l'humus, ou travail des bactéries. Là , tu comptabilises 3 fois cet azote.
Il te faudrait donc compter soit l'addition de l'azote capté (sachant que cette quantité semble surestimée), soit l'addition de l'azote transformé. Pas les deux.
Tu aurais alors pour les
entrées annuelles d'azote extérieures au système plantes-sol :
Azote capté par le mécanisme d'Ingham + azote capté par les bactéries aérobies (azotobacters) + azote fourni par l'eau de pluie : 30 + 40 + 15 =
70 Kg/Ha.
Ou bien :
Azote restitué sous forme assimilable :
minéralisation de l'humus :
50 kgDans le cas de la culture non naturelle d'
engrais verts, on remplace la quantité de l'azote produit par l'humus (50 Kg/Ha) par la quantité d'azote produit par ces cultures (
75 Kg/Ha) puisque les engrais verts étant alors la seule végétation sur le champ en dehors des légumes cultivés, on n'a comme humus que celui produit par leur fauchage.
Avec entre 50 Kg/Ha et 75 Kg/Ha, on est très loin des plus de 200 Kg/ha nécessaires à certaines cultures indispensables à l'alimentation de l'homme.
On comprend mieux pourquoi dès les débuts de l'agriculture, il a fallu opter pour la culture sur sol défrichés ou l'apport de fumiers, compost et autres amendements ou engrais riches en azote. L'agriculture c'est une concentration de plantes exigeantes sur une petite surface, pratique bien plus intéressante pour l'homme que la cueillette, mais qui nécessite plus que la fertilité naturelle du sol sans apport.
Lionnel