Perso, je cherche à faire un jardin paresseux et naturel. Et je suis paresseux !
Un jardin pas bio, mais naturel. Pour moi la différence entre bio et naturel, c'est qu'on ne traite pas, même avec des produits bio (purins ou BB ou soufre).
Dans un jardin naturel, les plantes ne sont pas malades, ou très peu.
Si les plantes sont malades, c'est qu'on n'est pas encore parvenu à parvenir à un équilibre.
Mon objectif : semer et récolter, prendre soin du sol, c'est tout.
Voilà un résumé de mon approche de paresseux
1. Désherbage : pour les limiter :
a. ne pas travailler son sol, ou le moins possible. Le travail du sol favorise la multiplication des mauvaises herbes. Voir le fil de Topinambour : mon potager sans travail du sol
b. pailler, soit avec apport extérieur, ou faire des semis derrière engrais verts : ça marche bien pour les plants (poireaux, tomates, courgettes, salades, ...) . Pour les semis de petites graines, pour l'instant, je mets le sol à nu, mais je cherche des alternatives pou effectuer des semis avec sol couvert.
Certains paillent très légèrement (paille, foin, etc.).
Au jardin naturel, le paillage est sans doute ce qui prend le plus de temps, c'est vrai, mais en contrepartie, moins de mauvaises herbes, moins d'arrosage, et le paillage se transforme en humus nourricier : 3 en un !
c. ne jamais laisser son sol sans culture : la nature a horreur du vide, et les "mauvaises" herbes viennent boucher les trous
d. tolérance vis à vis des mauvaises herbes : il semble qu'un peu de "sauvageonnes" ou adventices ou mauvaises herbes, ne fassent pas de mal, et même fassent du bien. C'est affaire ici d'équilibre et de dosage... Perso, je les laisse de plus en plus, tant qu'elles ne prennent pas le dessus sur mes légumes. Affaire aussi d'observation
Bref, pour l'instant j'ai passé très peu de temps à désherber depuis ce printemps. Vraiment très peu. Il y a un fil sur le sujet : à visiter !
2. Arrosage :
J'arrose à l'arrosoir : une vraie corvée pour moi.
Pour les limiter :
a. j'utilise le P17, avec un super effet sur la croissance. C'est ma découverte de cette année, et je signe pour l'an prochain
b. je paille avec BRF précomposté ou avec mes résidus d'engrais verts ou avec les "tontes de gazon". Le plus gros travail c'est le BRF.
c. je n'arrose que les semis : les tomates ne sont jamais arrosées, sauf une seule fois à la plantation. Elles sont paillées.
d. J'essaie de mettre mon jardin à l'abri du vent désséchant : mini haie de cassis à l'ouest, haie de fruitiers à l'ouest et ... maison au nord
e. les sauvageonnes (liseron, minette, mouron, véronique, oxalis, laiteron) ombrent mon sol. Je les laisse.
3. Fertilité
Un jardin devient très fertile à partir de 5% d'humus, voir 6%.
Pour y arriver :
* réduire le travail du sol qui détruit l'humus et les vers de terre, ces derniers sont des vrais fertilisateurs. Voir mon semis de petits pois sans travail du sol :
http://www.terredhumus.fr/content/view/75/19/* cultiver des légumineuses, soit légumes (pois feves haricots) soit engrais verts (vesce, féverole, trèfle, ...) qui enrichissent le sol en azote
* cultiver plus généralement des engrais verts seuls ou mieux en mélange, les biomax, voir le fil sur le sujet
* les sauvageonnes ont aussi des racines qui aérent la terre et l'enrichissent en matière organique qui sera transformée en humus au fil des ans
* les paillages sont aussi source d'humus
* laisser les résidus de culture sur place
4. Maladies et parasites.
Perso, je n'interviens pas, je suis en cela l'approche de Fukuoka :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture_naturelleet plus de détails par exemple ici :
http://www.citerre.org/fukuokamct.htmou ici :
http://www.terredhumus.fr/content/view/8/14/L'an dernier, première année de transformation de ma pelouse en potager, sur un sol très pauvre, j'ai eu des ravages de limaces. Pas ou peu de récolte sur les semis.
Cette année, tout ce qui a foiré l'an dernier marche ! Maïs, petits pois, radis, salades, navets, ...
Je mets cela sur le compte de mon sol et de mes techniques naturelles qui s'améliorent.
Un agriculteur m'a dit : le jour où tu as tes 6% d'humus, tu n'auras plus de dégâts : ni pucerons, ni limaces, ni rien d'autres.
Donc finalement, le seul travail en jardin naturel, ce sont les soins du sol : paillage essentiellement. Désherbages et arrosages sont réduits, et perso je ne traite jamais, ni purins, ni rien d'autres.
Je suis en cela l'approche des "naturels", qui disent qu'une attaque d'insecte ou de "maladie", c'est une leçon au jardinier, c'est le symptôme d'un déséqulibre. Traite qui veut, bio ou pas, mais il faut surtout écouter la leçon. Une plante n'est attaquée que si le jardinier a mal travaillé (surfertilisation, sol insuffisamment riche en humus, variété non adaptée au sol ou au climat, trop d'arrosage, ...)
Une plante malade doit amener le jardinier à se poser en premier la bonne question : pourquoi ? Et non comment traiter.
... il reste à trouver des sources de paillage sans effort, il n'y a pas de recette, ça dépend de l'endroit, chaque cas est particulier.
En grandes cultures, les WENZ en Allemagne cultivent en bio avec peu de travail du sol, et ont des rendements remarquables et des plantes jamais malades. Ils n'utilisent ni paillage ni compost, ni fumier, aucun intrant, les pailles sont restituées.
Voir mon article ici (je suis allé visiter la ferme récemment) :
http://www.terredhumus.fr/content/view/80/19/Transposée au jardin, leur technique revient à laisser les fanes de carottes sur place, les résidus de petits pois, etc. Tous les déchets de culture restent en place sans alimenter le compost. Le compostage est une perte de matière organique, et à mes yeux n'a d'intérêt que pour les déchets de cuisine, pas les déchets de jardin qui doivent rester au potager.
Il me semble cependant que, au potager, le paillage reste un complément nécessaire, car l'enchaînement des cultures y est plus rapide que pour la culture des céréales.
Ne pas oublier les engrais verts, un outil INDISPENSABLE.