airzab a écrit:
dans la nature la mutation est aléatoire et prend beaucoup de temps a se faire certes, mais quand elle apparait, elle apparait a un moment precis et soit elle survit et se développe rapidement, soit elle disparait aussi vite
donc l'echelle de temps longue ne joue que sur l'apparition d'une modification génétique, mais pas sur sa prise en compte dans le système
et comme c'est fait de facon totalement aléatoire, donc de facon irréfléchie, la nature explorant toutes les pistes possibles, si c'etait dangereux, ben on serait sans doute pas la ...
Si les expériences de la nature ne sont pas dangereuses, c'est parce qu'elle ne saute pas les étapes, et qu'elle correspondent à un mouvement global. C'est à dire que chaque changement sur un organisme est si infime qu'il laisse le temps aux autres de s'y adapter et de garder un équilibre global.
Au contraire, les changements fait par l'homme sont des bonds dans le temps qui ne laissent pas cette possibilité aux autres organismes. C'est d'ailleurs souvent le but recherché: il s'agit de créer des déséquilibres qui favorisent un organisme contre les autres en lui donnant une avance décisive. Une plante contre un ravageur, un plante contre d'autres plantes etc... bref de rendre naturelle les monocultures qui ne le sont pas, en somme, de casser la biodiversité!
Enfin, il est faux de dire que la nature a tout essayé. Elle ne marie pas le poisson et la fraise par exemple.
airzab a écrit:
je sais, c'est bien vu de penser qu'un scientifique ou un chercheur est un apprenti sorcier, mais ces gens la on une approche scientifique du probleme
ce qui n'est pas le cas des politiques
Corinne Lepage par exemple, etait avant de s'interesser a la polique et a l'ecologie, une celebre avocate en region parisienne.
J'ai rien contre les avocats, mais bon j'ai plus confiance dans les chercheurs, meme si souvent ils n'ont pas les mots justes pour defendre leurs positions et arguments
C'est triste de voir un citoyen renoncer à sa capacité de jugement seulement parce qu'il croit que c'est le plus diplômé qui a toujours raison.
Tu as apparemment du scientifique l'image d'un homme à la fois compétent dans son domaine et animé d'une sagesse philosophique. Une sorte d'Albert Einstein en somme...
Mais à l'époque d'Einstein, études scientifiques et éthiques allaient ensemble. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Je connais de jeunes scientifiques qui, sorti de leur brillant contexte, se révèlent d'authentiques benêts! Immatures, incultes, avec une conscience politique et éthique à l'état d'embryon.
Je suppose qu'ils font les recrues idéales des multinationales comme Monsanto qui les emploie comme techniciens de leurs laboratoires. Ceux là ne sont pas les hommes dotés du libre-arbitre que tu imagines, orientant leur recherches dans un sens qu'ils définiraient eux-même en fonction du bien de l'humanité.
Car l'orientation de leur recherche, elle leur est dictée par des besoins commerciaux et par les actionnaires.
Et tous les OGM qui sortent aujourd'hui sont des produits auxquels ont demande de rapporter de l'argent à court terme.
Une telle option est incompatible avec les principes de précautions qui exigent de longues études, elle est à l'opposée évidemment de la transgenèse pratiquée par la nature, et incompatible enfin avec une réflexion globale sur les besoins de l'humanité. De toute façon, aucun Etat, aucune institution publique n'est invité à mettre le nez la-dedans. Ils sont juste prié d'agréer les produits qu'on mets sur le marché.
Les scientifiques auxquels tu rêves existent peut-être encore dans des organismes publics comme l'Inra, à priori indépendants du fait de leur caractère public...
Mais les récents déboires de Christian Vélot, chercheur de l'Inra en génétique qui a organisé des conférences sur les OGM ou il n'hésitait pas à signaler les risques qu'il voyait dans le développement des OGM de l'agro-alimentaire, montrent que, même à l'INRA, le libre-arbitre n'est pas bienvenu sur tous les sujets.
Il n'est pas le seul a s'être fait remonter les bretelles pour avoir dit des choses qui dérangeait les intérêts économiques. Vous souvenez vous de Jacques Testard, ce biologiste "père" du premier bébé éprouvette français en 1982, qui avait été viré de son labo parce qu'il avait refusé de travailler sur les embryons?
On peut citer aussi Claude Bourguignon, ce micro-biologiste des sols dont la hiérarchie n'avait pas beaucoup aimé qu'il dénonce, il y a 20 ans, la mort des sols par les pratiques de l'agriculture intensive que l'Inra développait elle-même à l'époque. Les idées de Bourguignon ont fait leur chemin depuis, mais à l'INRA, elles étaient tabous à cette époque...
Enfin, que dire de l'AFFSA dont 65% des membres sont des scientifiques issues de l'industrie? Est-ce un hasard si tous les avis qu'elle rend sur les OGM sont toujours positifs?
Comme dit Christian Vélot : "Sans esprit critique, la science n’est plus la science mais une religion".
Citation:
tu as des faits precis ?
sinon, pour moi c'est des rumeurs ...
oui, bien sur. Je ne voulais pas charger ma prose déjà trop longue mais en voici:
Sur le ravageur mutant, c'est un article du Monde du 09.02.08. Seuls les abonnés y ont encore accés, mais je l'avais recopié ici:
test-par-les-jardiniers-pollution-ogm-t61364-420.html#p1048547Sur l'endettement des paysans indiens, qui ont contracté des dettes infernales avec Monsanto, il y a eu beaucoup de reportages et de textes. Parmi tant d'autres, voici :
http://www.jaia-bharati.org/indiatoday/transgen-fg.htmlCitation:
pour revenir a Monsanto, je trouve un peu puéril de vouloir les transformer en personnes voulant le mal de l'humanité
c'est ni plus ni moins qu'une multinationale americaine cherchant a s'imposer et avoir le monopole mondial, comme Microsoft par exemple ..
Moi aussi, je trouve ça puéril. On a même vu des gens dire ici que Monsanto était pire que les plus grands bourreaux de l'Histoire, ce qui était non seulement faux, mais carrément insultant pour les victimes de ces bourreaux.
Mais le problème est que faire le bien de l'humanité n'est jamais une activité très rentable, du moins à court terme, et qu'en matière de commerce, la philanthropie finie là ou commence les profits!
Or le cas particulier de Monsanto, c'est de s'occuper de la nourriture de l'humanité. Dans ce domaine, le moindre écart moral prend tout de suite une prégnance qui n'existe pas avec un fabricant de logiciel.
Enfin, Monsanto tente de le faire oublier aujourd'hui, mais il a fait son beurre avec des produits particulièrement peu philanthropiques. Il est le principal producteur du PCB , polluant organique aujourd'hui interdit et responsable de nombreuses pollutions, de l'agent orange, herbicide utilisé pendant la guerre du Vietnam et fortement cancérigène, et d'hormones de croissances bovine et laitière interdites en Europe.
Sinon, une lecture assez complète :

c'est un chercheur de l'inra qui travaille sur les OGM, mais pas ceux de l'agro-alimentaire. Il explique ce que sont les OGM et fait la différence entre ceux cultivés en laboratoire pour la médecine depuis 25 ans, qu'on ne retrouve pas dans nos assiettes ni dans l'environnement, et ceux de l'agro-alimentaire qui sont destinés à nous nourrir et a pousser en plein champs et sur lesquels il relève un longue liste de problèmes et de risques.
Sur Monsanto, il y a toujours l'enquête de Marie-Monique Robin,
Le monde selon Monsanto qui est pour le moins fouillée...