j'ai trouvé ça sur un forum, cette réponse vient du centre anti poison de Lyon:
Citation:
Il y a dans ce genre d'interrogation pas mal de croyances, dictons populaires, voire de superstitions pas toujours aisément réfutables.
Après avoir regardé la littérature, les données des bases toxicologiques (entre autres internet) à notre disposition et avoir interrogé mes collègues , j'ai retenu que la sieste sous le noyer avait mauvaise réputation en raison du feuillage touffu. En pratique, on y a froid. Quant aux principes toxiques (le juglon), la mauvaise réputation est peut-être liée à sa participation à la confection du brou de noix qui a permis à nombre de menuisiers et d'ébénistes de teinter moult meubles. La chimie et les chimistes nous ont appris qu'un des principes était la juglone (hydroxynaphtoquinone). Elle porte d'autres noms comme nucine ou "natural brown ". La recette du brou de noix comporte entre autres de l'eau de vie et de la cannelle.
Cette hydroxynaphtoquinone s'évapore-t-elle, s'échappe-t-elle du noyer, des feuilles, du tronc, des racines, des noix, de leur enveloppe, de leur fruit, des cerneaux. ? C'est bien improbable ; la plupart du temps, les principes actifs (donc parfois toxiques) tels la digitaline, la colchicine, les amygdalosides cyanogénétiques, la pervincamine etc. sont extraits en laboratoire efficacement par des solvants qui sont tout sauf de l'eau. Je vous accorde que dans le thé, les tisanes, le café il y a un goût, donc quelque chose, mais ce quelque chose représente une proportion infime par rapport à l'eau. Alors dans l'air qui n'est pas vraiment un solvant même s'il contient pas mal de scories ??!? On a plus de chance (au sens risque, statistique) d'y rencontrer même à la campagne des gaz d'échappements ou des odeurs d'origine animale parfois incommodantes mais la plupart du temps considérées comme des nuisances plus que comme des empoisonnements ou des contaminations.
Quant aux enfants, on entend souvent dire qu'ils sont plus fragiles ; c'est évident dans certains domaines et certaines circonstances. Mais le jeune enfant est souvent bien plus résistant que ses parents et notamment sa mère qui lui donne à la naissance toute son immunité. De plus et c'est heureux, beaucoup de toxiques affectent moins l'enfant que l'adulte (l'exemple du paracétamol et son impact moindre sur le foie de l'enfant que de l'adulte).
Le risque à long terme n'a bien évidemment pas été étudié, pas plus en tout cas que le risque immédiat. Le centre antipoison de Lyon a été interrogé depuis ses débuts (vers les années 1960) une dizaine de fois pour le noyer ; il n'y a jamais eu aucun souci avec le juglon (des infusions de feuilles prétendument antidiabétiques, des peaux de cerneaux avalées de travers).