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Je suis désolé d’avoir tant tardé à répondre à marcbo3, mais j’ai passé une longue période d’indisponibilité.
1/ Le système peut effectivement fonctionner en étant alimenté gravitationnellement par un réservoir d’eau récupérée filtrée. Je n’ai pas essayé cette solution, mais mes expérimentations me conduisent à penser que le bas du réservoir devrait être placé à environ 3 m du sol (au minimum), afin de produire une surpression suffisante (dans ce cas 1 mCE = 1 mètre de colonne d'eau = 0,1 bar) par rapport à la pression de 2 mCE (0.2 bar) existant sur le réseau de micro irrigation. Cette surpression est nécessaire afin de permettre l’ajustement de la pression par réglage du débit d’entrée sur le secteur. A titre de comparaison, la dénivellation entre les secteurs extrêmes de mon jardin est d'environ 1,5 m ; la pression à la source (mesurée au niveau de la sortie du réducteur de pression) se règle automatiquement sur 9 mCE (0,9 bar) lorsque l'arrosage se déclenche ; après déduction des pertes de charge (en grande partie dans la traversée de l'électrovanne qui fait suite au réducteur de pression) la pression peut être évaluée à environ 5 mCE (soit une surpression de 3 mCE) à l'amont de la vanne de réglage du débit d'entrée sur le secteur bas, et environ 3,5 mCE (soit une surpression de 1,5 mCE) à l'amont de celle qui commande le débit d'entrée sur le secteur haut.
2/ et 3/ Je pense qu’il vaut mieux placer le réservoir au plus haut et raccorder le bas avec 25 m de tuyau standard de section 19 mm en diamètre intérieur. Avec ce diamètre et cette configuration, 3 embranchements devraient être possibles sans perte de charge importante, à n'importe quel niveau.
4/ Le système installé pour enfiler les bagues poreuses est effectivement une équerre percée d’un trou de diamètre 16.
En complément à ma réponse à la question de vin, concernant les différences entre le système MIETBP et les systèmes de micro-irrigation classique, je précise que la différence fondamentale concerne la sensibilité des goutteurs aux variations de pression.
La sensibilité aux variations de pression est la valeur moyenne du coefficient x dans la relation dQ/Q = x . dH/H { Q = débit, H = pression } sur la plage de pression fonctionnelle du réseau de micro-irrigation.
(Exemple : si x = 0,3 une augmentation relative de pression dH/H = 10% entraîne une augmentation relative de débit dQ/Q = 3%)
La fabrication industrielle de goutteurs s'est développée en tenant compte du fait que la pression varie souvent assez largement sur la plupart des réseaux d'irrigation, conduisant les jardiniers professionnels à rechercher des goutteurs de faible x (goutteurs autorégulants) et les industriels à fabriquer les composants qui répondent à cette demande.
Les autorégulants dits « parfaits » ont un x très proche de 0 et peuvent fonctionner sur une plage étendue de pression (par exemple 0,7 < H < 3 bar, parfois plus).
Les autorégulants dits « courants » ont un x généralement compris entre 0,1 et 0,4 et fonctionnent correctement sur une plage d'autant plus réduite que x est plus élevé. Si, par exemple, le caractère autorégulant se manifeste à partir de 0,7 bar et si x = 0,2 sur la plage 0,7 < H < 1,5 bar, le débit d'arrosage sera constant à 10% près (en plus ou en moins par rapport à la valeur médiane correspondant à 1 bar) si la pression est de 1,5 bar au début d'une longue rampe d'irrigation et chute à 0,7 bar à la fin sous l'effet des pertes de charge.
Le système MIETBP développé dans mon jardin a été conçu, étudié et dimensionné de telle sorte que la pression se situe dans la plage 1,7 < H < 2,1 mCE en tout point du réseau d'irrigation (0,17 < H < 0,21 bar) ; autrement exprimé : H = 1,9 mCE = 0,19 bar plus ou moins 10%. Les goutteurs que je recherche doivent donc être opérationnels au voisinage de 2 mCE (= 0,2 bar), avec un x idéalement égal à 1 en raison 1°/ de la nécessité d'ajuster la pression par réglage du débit d'entrée sur chacun des secteurs irrigués et 2°/du fait que la facilité et la stabilité du réglage sont optimales lorsque le débit délivré sur le secteur est proportionnel à la pression sur ce secteur. La variation maximale de pression de 10% en plus ou en moins par rapport à la valeur médiane de 1,9 mCE se répercute alors identiquement sur la variation du débit d'arrosage des goutteurs, de sorte que la performance du système est comparable à celle que l'on observe sur l'exemple précédemment considéré dans le cadre de la micro-irrigation classique. Il ressort clairement que les critères concernant la fabrication et le choix de goutteurs convenant à mon système sont très différents et à contre-courant de ceux qui s'appliquent en micro-irrigation classique. Ce fait explique pourquoi j'ai été conduit à fabriquer artisanalement dans mon atelier des goutteurs spécifiques satisfaisant aux critères requis par le prototype projeté. Quelques recherches et tâtonnements m'ont alors induit à penser que la diffusion fluide à l'interface d'une surface lisse et d'une surface présentant des aspérités était exploitable au voisinage de 2 mCE et pouvait convenir si x était suffisamment proche de 1, ce qui me paraissait intuitivement probable pour un tel phénomène physique (écoulement laminaire). Les mesures et les essais concluants qui ont suivi m'ont finalement amené, au cours de l'été 1990, à débuter une fabrication artisanale fondée sur ce phénomène et à mettre en œuvre mes premières expérimentations du système.
Plus récemment, après avoir remarqué que le caractère autorégulant des goutteurs industriels ne débutait qu'au delà d'un certain seuil nettement supérieur à 2 mCE, j'ai commencé à récupérer divers types de goutteurs (abandonnés par des amis ou parents jardiniers) et à étudier leur comportement dans le domaine 0,6 < H < 2,3 mCE (qualifiable de « très basse pression », par comparaison avec la «basse pression» de la micro-irrigation classique). A la suite de diverses récupérations et mesures, j'ai retenu et intégré à mon réseau d'irrigation deux types d'entre eux, satisfaisant aux critères requis au voisinage de 2 mCE et préférables à mes goutteurs artisanaux par rapport à certaines utilisations (notamment l'arrosage des petits arbres du verger).
La facilité (et simplicité) de mesure, contrôle et maîtrise de la pression, la facilité d'opérer des raccordements simples (découlant de l'utilisation d'une très basse pression systématiquement limitée à 2,3 mCE) et la capacité d'adaptation évolutive (par rapport aux ajouts et suppressions de culture) sont d’autres spécificités qui différencient le système MIETBP (micro-irrigation évolutive à très basse pression) de la micro-irrigation classique, particulièrement intéressantes pour le jardinier amateur.
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