Les engrais : info basiques

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Les engrais : info basiques

Message par Lionnel » sam. 17 oct. 2009 13:26

Salut

Au sujet des engrais, on lit ou on entend quelquefois des choses intéressantes. Parfois, c'est un mélange d'ignorance, de confusions et d'idées toutes faites qui se présente à nous.

Poser les bases et présenter les quelques informations à connaître semble nécessaire pour éviter de tomber dans l'idéologie, qu'elle prône le 100 % engrais ou le 0 % engrais.

Il y a 4 choses à maîtriser, qui constituent les quatre parties du sujet (cliquez sur les liens) :

Les engrais : pourquoi ?

Les engrais : que sont-ils ?

Les engrais : dosages et calculs

Les engrais et l'environnement.

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Les engrais : pourquoi ?

Message par Lionnel » sam. 17 oct. 2009 14:07

Les engrais : pourquoi ?

C'est évidemment la question essentielle, sans laquelle tout le reste n'a pas de sens.

Préambule :

La politique du site aujardin est de mettre en avant les pratiques de gestion du vivant ayant le moins possible d'impact sur l'environnement.

Nous allons tout de suite donner le fil rouge de ce sujet : les engrais sont à utiliser correctement ou à ignorer totalement. Il ne peut y avoir utilisation sans maîtrise, et la première de ces maîtrises est donc la connaissance du "pourquoi".

De plus, nous faisons ici le choix de ne pas donner d'engrais à une plante intégrée dans un milieu qui est le sien, forêt, haie, prairie, s'il n'y a pas d'exportation, récolte ou coupe régulière. "Pourquoi" ne signifie nullement "toujours".

Tout le sujet traite donc de plantes vivrières (fruits et légumes), de plantes poussant en pot ou de plantes de sol riches cultivées en sol pauvre.

Différences entre milieux naturels et champs ou pots :

On entend souvent l'argument "Dans les forêts, il n'y a pas d'engrais, et ça pousse !". Certes, et c'est justement dans l'essence même de la forêt, et dans les différences entre ce milieu naturel et un champ ou un pot, qu'il faut chercher la réponse.

Ces différences fondamentales sont au nombre de deux.

Tout d'abord la nature même des plantes qui poussent dans ces lieux différents : en forêt elles n'ont pas été sélectionnées pour produire vite et beaucoup, leur rendement est faible, tandis qu'un champ ou un pot abritent généralement des championnes de la production, qui y sont plantées avec une densité importante.

Ensuite, le plus fondamental c'est l'absence de récolte exportée de la forêt, alors qu'un champ n'a comme raison d'être que la récolte, donc l'exportation de matière végétale, donc de minéraux. En forêt, ce qui est produit par les plantes est consommé sur place, par les animaux (herbe, feuilles, fruits, bois) ou par les bactéries ou champignons, à l'exception des coupes de bois. Dans un pot, les feuilles qui tombent ne sont pas recyclées, elles vont ailleurs en très grande majorité.

Pour comprendre que le recyclage des matières végétales par le milieu est fondamental en forêt, observons le cycle de l'azote. Les animaux et bactéries consomment les protéines et acides aminés des plantes ou autres animaux, les plantes consomment l'azote sous forme de nitrate produit par les animaux (déjections, cadavres) ou par des bactéries transformant l'azote de l'air en nitrate ou ammoniac ou encore par des micro organismes décomposant les feuilles.

Donc, pour l'azote, peu d'entrées (l'azote de l'air) en forêt, mais pratiquement pas de sorties, alors que les protéines que produit la plante cultivée sont en majeure partie sorties du champ lors des récoltes, d'où une exportation importante d'azote.

Pour les minéraux tels le potassium, le magnésium, le soufre, et autres, il y a un cycle similaire. En forêt, les molécules passent des plantes aux animaux et inversement, avec une réserve dans la roche mère qui compense pertes et stockage des minéraux dans les plantes (arbres principalement). La aussi, très peu de sorties en forêt, une entrée faible mais suffisante. Dans un champ, les minéraux puisés par la plante dans le sol n'y retournent majoritairement pas.

En conclusion de ce paragraphe, nous dirons que l'azote (élément de base des protéines) et autres minéraux étant exportés des champ lors des récoltes, (non recyclés dans la culture en pot), les cultures vivrières, surtout avec les variétés sélectionnées depuis toujours par l'homme, pour leur goût et leur production sont en déficit chronique d'éléments nutritifs. Les minéraux remontant de la roche et l'azote nitrique produit par les bactéries à partir de l'azote de l'air ne suffisent pas à équilibrer la balance entrées/sorties, contrairement à un milieu naturel où le recyclage des éléments végétaux permet le réemploi de ce qui a été produit par les plantes, feuilles, fruits, bois, etc.

Quelles solutions pour équilibrer la perte d'éléments nutritif ?

Deux solutions sont envisageables : soit on change de champ chaque année, soit on enrichit la terre en azote et en potassium et autres minéraux. La première solution n'est valable que pour une densité de population très faible. Il y a donc obligation pour l'agriculture d'un pays assez peuplé à enrichir les sols.

Pour la culture en pot, c'est pareil, soit on change régulièrement le terreau, soit on ajoute des éléments nutritifs.

Ces apports doivent être calibrés, calculés et doivent concerner ce qui est réellement exporté lors des récoltes. Il ne s'agit surtout pas de mettre n'importe quoi dans le sol, en quantités estimées sans calcul.

C'est ce que nous allons voir dans les parties suivantes, "Les engrais : que sont-ils ?" et "Les engrais : dosage et calculs"

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Re: Les engrais : info basiques

Message par Lionnel » sam. 17 oct. 2009 14:07

Les engrais : que sont-ils ?

Vaste question !

Ce qui est à la base de l'emploi des engrais est le manque d'éléments nutritifs dû à l'exportation des récoltes hors du champ. Étudions donc tout d'abord quels sont les éléments qui sont consommés par les plantes et puisés dans le sol, nous connaîtrons alors plus facilement ce que doivent être les engrais, calculés pour rendre au sol ce que les plantes y ont puisés et que l'homme a extrait du circuit du recyclage pour sa propre consommation.

La nutrition des plantes

Les plantes se nourrissent en puisant des éléments dans l'air, dans l'eau et dans le sol.
Concernant ce qu'elles puisent dans l'air, il s'agit principalement du carbone sous forme de CO2 et d'oxygène dans une moindre mesure. Inutile de vouloir augmenter la quantité de CO2 dans l'air, cela se fait en serre, mais nous restons dans le domaine de la culture en plein champ ou en pot à l'air libre, ou en serre sans méthode de forçage.

Dans l'eau, elle puise de nombreux éléments, issus du sol. C'est là que les engrais interviennent, dans les éléments véhiculées par l'eau. Sous forme minérale (ou ionique) ces éléments sont absorbés par les racines (les feuilles peuvent aussi le faire) selon la loi de l'osmose, qui fait se déplacer la solution aqueuse du milieu le moins minéralisé vers le milieu le plus minéralisé. En bref, du sol vers les racines. L'évaporation due aux feuilles crée un manque d'eau dans les racines et l'eau est donc régulièrement "pompée" par les racines, entraînant avec elle les éléments solubles dans l'eau.

Il faut donc bien comprendre que la seule nourriture absorbée par les racines est un mélange d'eau et d'élément minéraux, en aucune manière ce ne sont des protéines, des acides aminés ou autres molécules dites "organiques". Une plante ne se nourrit pas de feuilles mortes ni de fumiers, mais d'éléments chimiques, qui seront obtenus par toute la chimie du sol, qui transforme peu à peu les élément organiques et éléments minéraux.

Les éléments minéraux absorbés par les plantes

Ces éléments sont des ions, sels ou minéraux. Ils sont connus depuis les recherches de certains savants.

Le plus connu est le baron Von Liebig, qui s'est intéressé au dosage des cendres des plantes, pour démonter qu'outre l'eau et les éléments pris dans l'air, on pouvait calculer exactement la nature et les quantités des éléments minéraux que la plante avait extraits du sol. Par sa méthode, il découvrit les éléments les plus utiles à la plante et ses recherches permirent d'augmenter de 400 % les rendements de l'agriculture. Cliquer ici pour lire un article très intéressant consacré à ce savant dans un numéro de la "Revue d'histoire des sciences et de leurs applications" de 1965. Et lire ou télécharger ici "les lois naturelles de l'agriculture" du baron von Liebig, et la première page que voici :
Image

Julius Sachs démontra lui, en 1860, qu'on pouvait nourrir une plante exclusivement avec une solution aqueuse de divers éléments minéraux.

Un historique des recherches sur les engrais montre qu'il s'agit de repousser l'effet de l'élément limitant (le produit dont le manque est le plus responsable de la baisse du rendement) et non de 'augmenter la teneur en tous les éléments.

Les détracteurs de l'emploi d'engrais doivent garder à l'esprit qu'avant leur emploi, le cycle de l'azote et d'autres minéraux était pratiquement en circuit fermé, on ne pouvait produire plus que ce que l'on rendait à la terre, avec simplement l'apport d'azote donné par les bactéries transformant l'azote de l'air en nitrate, et le très lent passage de certains minéraux de la roche dans le sol. Le fumier, le compost, les purins divers ne peuvent être considérés que comme une façon de déplacer de l'azote et d'autres éléments minéraux d'un lieu à un autre. Si je prends de l'azote d'une prairie pour le mettre dans un champ sous forme de fumier, j'appauvris le sol de la prairie tout autant que j'enrichis celui du champ, mais je n'apporte rien à la globalité. L'intérêt de ces éléments est d'apporter dans les champs à la fois des éléments minéraux venant d'autres lieux, mais aussi via ces éléments végétaux ou animaux, de permettre aux bactéries fixatrices d'azote de se développer dans les champs. Mais, ceci se fait bien évidemment au détriment des lieux d'où sont exportés ces éléments végétaux.

Il y a donc eu une révolution agricole majeure avec l'apport dans le circuit d'éléments minéraux produits hors du champ. On mesure mal généralement ce que serait l'agriculture sans cette révolution. La fin des famines généralisées, de la mort régulière de populations entières n'est pas simplement due à la politique démocratique, ni à la médecine, mais bel et bien à la spectaculaire augmentation des productions agricoles et à leur stabilisation, avec un rendement pratiquement garanti chaque année.

Liebig et ses suivants ont donc dès le milieu du XIXe, mis en avant le mode d'alimentation des plantes et ouvert la porte à une utilisation calculée et efficace d'éléments minéraux.

Ces éléments minéraux furent peu à peu cernés et étudiés. Actuellement, nous savons que ces éléments sont l'azote, le phosphore, le potassium, le magnésium, le soufre, le calcium, le fer et quelques autres minéraux nécessaires en plus faibles quantités, dits "oligo éléments". On les désigne par leurs symboles chimiques (classification de mandeleïev), rangés dans un ordre précis (afin d'être universel) : N pour l'Azote, P pour le phosphore, K pour le potassium, Mg pour le magnésium, S pour le soufre, Ca pour le calcium, etc.

Dans la réalité, si l'azote est bien l'élément que l'on nomme N dans les engrais, l'élément nommé P est en fait du P2O5 (ion phosphate) et l'élément nommé K est du K2O (de la potasse).

Classification selon la composition

Il serait simple de trouver une composition idéale satisfaisant toutes les plantes poussant dans nos jardins. Mais ceci n'est pas possible, les plantes ayant des besoins précis selon l'espèce, le sol, la saison, on dispose de plusieurs sources de minéralisation du sol.

Chaque élément ayant lui aussi ses fonctions propres dans la bio-chimie de la plante, un bref aperçu de ces éléments permettra de pouvoir choisir qu'apporter au sol.

N (azote)

C'est l'élément le plus indispensable à la pousse de la plante. Il est responsable du développement des végétaux, parties vertes principalement, mais aussi toute partie contenant des protéines, les protéines étant des molécules construites à partir de l'azote.
Cet élément est le constituant principal de l'air que nous respirons, mais ne peut être assimiler sous forme N2 (molécule de 2 atomes d'azote) par les plantes. Elles ne peuvent consommer cet azote qu'une fois inclus dans une solution aqueuse sous forme de sel, le nitrate. Ce nitrate est produit par des bactéries du sol (quelquefois hébergés dans les racines des plantes) qui le produisent en deux temps : de l'azote est transformés en ammoniaque par certaines bactéries, puis au fur et à mesure que cet azote ammoniacal est libéré par ces bactéries, d'autres le transforment en nitrate. Les ions nitrates sont très facilement lessivés (emportés par l'eau) et il n'y a jamais beaucoup de nitrates dans le sol.

Si le taux de nitrate est trop important, l'absorption de l'eau par la plante par osmose devient impossible, et c'est l'osmose inverse qui se produit : une migration de l'eau des racines vers le sol, d'où mort de la plante. On ne doit donc pas s'amuser à donner trop de nitrate, sinon on risque à la fois la pollution des sols et la mort des plantes.

Il y a donc

P (phosphore) dosé sous forme de P2O5 (ion phosphate)

Cet élément est souvent cité comme responsable d'un bon enracinement de la plante et comme facteur de résistant à diverses agressions. Il est moins consommé par la plante que l'azote et le potassium et il faudra veiller à ce que son apport ne soit jamais trop élevé. Une carence en phosphore est rare, et c'est surtout en début de végétation qu'il sera utile d'en apporter. Les "engrais équilibrés" qui contiennent autant de phosphore que d'azote ou de potassium sont souvent surdosés en phosphore si on désire les utiliser en toute saison.

K (potassium) dosé sous forme de K2O (potasse)

C'est l'élément le plus important dans l'arrivée de la floraison et de la fructification, en plus évidemment d'un bon ensoleillement et de températures adéquates. Cet élément joue un rôle dans d'autres processus bio-chimiques et renforce la plante. Il est utilisé pour la production de sucres et autres arômes présents dans les fruits et doit être plus dosé que l'azote et le phosphore lorsque c'est la production de fleurs ou de fruits qui est attendue. Son surdosage bloque l'assimilation du magnésium, et de l'azote. D'où l'important fondamentale de la maîtrise des dosages et calculs.

Ca (calcium)

Très présent pas endroit sous forme de carbonate (calcaire) cet élément est manquant dans certains sols. Il est souvent apporté sous forme de chaux ou de nitrate de calcium. Son équilibre avec le potassium ou le magnésium n'est jamais trop pris en compte mais la pertinence de cet équilibre démontre l'intérêt d'une analyse du sol avent l'apport de matières minérales.

Mg (magnesium)

Il est utile pour la fabrication de la chlorophylle et a donc une utilité dans le développement de toute plante. Il peut venir à manquer, surtout en sol calcaire, et en cas d'apport trop important de potassium. Sous le forme de sulfate de magnesium (souvent rencontré en agriculture bio) il apporte aussi l'élément soufre.

S (soufre)

Très utile au développement de certaines plantes, notamment les crucifères (choux, moutarde, etc.) il est aussi utilisé comme correcteur de ph dans les sols trop calcaires. Il était présent naguère dans les "pluies acides" et l'interdiction du plomb dans les carburants a nettement réduit cette catastrophe écologique, mais a en même temps réduit l'apport de soufre par l'eau du ciel.

Son apport n'est pas aussi indispensable que celui de éléments npk, et doit se faire de manière calculée quand on utilise potassium et magnésium sous forme de sulfates.

Fe (fer)

Élément indispensable mais très peu nécessaire en quantité, il devient phyto-toxique au delà d'un certains seuil et selon les plantes. On est là plutôt dans ce qu'on nommera "micro-élément", entre les macro-éléments (N P K Mg S Ca). Un manque de fer se caractérise par une chlorose (perde de la couleur verte du limbe des feuilles) rendant peu efficace la photosynthèse.

Autres éléments

Le but n'est pas d'être exhaustif, et de s'étendre sur tous les éléments utiles aux plantes. On dira que dans les conditions de culture en amateur, l'apport d'un engrais contenant des oligoéléments est un plus, que cet apport se fasse par des engrais naturels ou par l'ajout de ces éléments dans un engrais industriel.

Classification selon l'origine

Tous ces éléments peuvent avoir plusieurs origines.

Origine naturelle

Ce sont les engrais (dits "amendements" si moins de 3 % de leur masse est constituée des éléments minéraux listés plus haut) issus de plantes ou d'animaux. Les fumiers, le sang desséché, la corne broyée ou autres en sont les plus connus.

Il y a aussi les sous-produits de l'agriculture, tourteaux de ricin et autres jus de betterave.

Ces sous-produits sont dits "bio" mais peuvent avoir été produits à partir d'animaux ou de cultures soumis aux produits phyto-sanitaires.

Origine minière

Ces engrais sont aussi "bio" que les autres, puisqu'ils ne sont pas produits synthétiquement. Il s'agit de minéraux extraits du sol, souvent soumis à un petit processus de transformation. Citons ici les classiques engrais potassiques "bio" tel le sulfate de potassium, souvent incorporé dans les engrais "tomates", ou les divers amendements calcaires ou magnésiens, chaux et dolomie.

Ces engrais sont souvent utilisés dans des mélanges avec des engrais azotés d'origine animale ou végétale au sein d'engrais complexes dits "organo-minéraux".

Origine industrielle

Ce sont les engrais obtenus en usine, principalement des engrais azotés comme les nitrates. Ils sont issus du processus Haber-bosch depuis une centaine d'années. Les engrais à azote ammoniacal et les engrais à azote nitrique sont les plus vendus de cette catégorie. Les premiers apporte de l'azote sous forme moins lessivable qui n'est pas assimilable immédiatement par les plantes, mais qui doit d'abord être transformé par des bactéries du sol en nitrates, seules molécules azotée assimilable par les plantes. La forme nitrite est constituée de nitrates, et doit être utilisée avec extrêmement de prudence et de calcul, son sur-dosage polluant les sols et tuant les plantes.

Engrais primaires et complexes

Selon les besoins, un engrais peut être primaire, c'est-à-dire n'apporter qu'un seul élément, ou bien complexe, c'est-à-dire apporter plusieurs éléments. C'est la raison pour laquelle il faut connaître le nom des engrais, lire attentivement leur composition, et ne s'en servir que lorsqu'on maîtrise les dosages et calculs.

On trouve l'adjectif "ternaire" quand l'engrais apporte les trois macro-éléments NPK.

Produits du commerce

N'entrons pas dans la liste de tous les produits du commerce, mais apprenons à décrypter leur composition.

Engrais "bio"

On a là des engrais 100 d'origine végétale ou animale, mais aussi des engrais avec une source minérale pour certains éléments, potassium, magnesium, soufre ou calcium par exemple.

Il faut donc en premier cherche le code NPK, pour lire la teneur en différents éléments, pour connaître quelle sera la destination de l'engrais et faire ses calculs en fonction du dosage qu'on désire apporter. Voir la partie "dosage et calculs".

Il faudra aussi chercher dans la composition si l'azote est sous forme de nitrate. Au plus on trouvera un taux de nitrate important, au plus il faudra faire attention à ne pas sur-doser l'engrais. Un engrais fort en fumier frais ou en guano aura un taux de nitrate plus important qu'un engrais avec de l'azote issu de compost ou de fumier "mûr".

Engrais "chimiques"

Là aussi, on lira la composition en NPK, mais on peut aussi s'intéresser au nom des substances présentes. Les calculs doivent être faits et refaits avant l'utilisation de ces produits, lisez donc bien la composition.

Exemples de produits composants les engrais minéraux, dits "chimiques" et les engrais organo-minéraux

En engrais azotés, l'ammonitrate est le plus vendu. Il est constitué d'un complexe entre azote ammoniacal et azote nitrique. Attention à ne pas le sur-doser. Les engrais azotés peuvent aussi être sous forme de purs nitrates dont l'emploi est à déconseillé pour nous, jardiniers amateurs, pour causes de risques de pollution. Les engrais azotés sous forme ammoniacale sont à préférer, en enrichissant le sol avec pas mal de matière organique qui préservera la structure du sol et apportera les bactéries nécessaires à la transformation naturelle de l'ammoniac en nitrate.

En engrais potassique, le classique sulfate de potassium est un bon engrais pour le jardinier amateur, issu du traitement du minerai de certaines mines d'Europe centrale (jadis il s'agissait de la potasse d'Alsace), qui apporte du soufre. Son mélange avec le sulfate de magnesium est vendu sous le nom déposé de Patentkali, une marque allemande.

Pour ceux qui désirent avoir plus de détails, je vous signale qu'on trouve ici la liste des principaux produits utilisés comme engrais. Reportez-vous à cette liste, je ne ferai pas de copier-coller du travail d'un autre.

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Les engrais : dosages et calculs

Message par Lionnel » sam. 17 oct. 2009 14:08

Les engrais : dosages et calculs

Ici, nous allons procéder à la phase quantitative de l'emploi des engrais. Ces calculs sont assez simples, mais il ne faut pas prendre ces règles d'arithmétique à la légère.

Données indispensables

Il faut connaître deux choses pour établir le calcul :
  1. la quantité de produit par hectare et par m² ;
  2. la nature exacte et la composition du produit
Quantité de produit

C'est ce que l'on appelle "Unités par hectares" ou "unités". c'est un nombre donné par des tables établies par des spécialistes, qui dépend aussi fortement de l'analyse de la composition du sol.

Il est important de garder à l'esprit que concernant l'azote, élément lessivable quand il est sous sa forme assimilable (nitrate), une estimation trop importante de la quantité nécessaire entraînera une dispersion du produit dans les nappes ou les cours d'eau. Voir à ce propos, la dernière partie du sujet. À l'inverse, un apport insuffisant sur un sol en grand déficit peut ne rien donner, et ruiner le professionnel ou décourager l'amateur.

Posons donc qu'après prises d'informations, consultation de la littérature (tableaux avec préconisations selon les plantes) et analyse du sol, le jardinier amateur ou l'agriculteur professionnel a une bonne estimation des quantités des différents éléments qu'il doit apporter.

Cette quantité s'exprime en Unités, on dit aussi simplement U. Ceci signifie "Kg d'élément par hectare", nombre qu'il suffit de diviser par 10 pour obtenir la quantité en grammes par m².

Exemple : je veux apporter 40 U d'azote. Cela signifie 40 Kg par hectare. Un hectare (100 mètres sur 100) étant égal à 10 000 m², et un Kg étant égal à 1 000 g, nous aurons :

40 U = (40 x 1000)/10000 = 4 grammes/m².

Donc, dans un jardin de 50 m², quand je souhaîte apporter 40 U d'azote, je dois apporte 4 grammes d'azote par m², soit 4x50 = 200 grammes d'azote pour la totalité de ce petit jardin.

Passons alors au second point important.

Composition de l'engrais

Il est absolument nécessaire de connaître la composition de l'engrais, qu'il soit d'origine végétale, animale ou industrielle. Il faut savoir à la fois ce qu'on apporte au sol et dans quelle quantité. Pour connaître les différents éléments, se reporter à la partie précédente.

Tordons tout de suite le cou à une vieille croyance, qui dit qu'un engrais estampillé "bio" est forcément moins nocif qu'un engrais dit "chimique". 10 Kg de fumier frais par m² pollueront toujours plus les sols que 2 grammes d'ammonitrate sur la même surface. Cette croyance permet à certains de vendre des engrais sous le couvert d'une grande facilité d'utilisation et d'une absence de risques pour l'environnement et à d'autres d'utiliser les engrais "bio" sans calculer, ce qui est une erreur.

Étant peu adepte du vol de droits d'auteur, je ne vais pas vous copier-coller ici un tableau reprenant la composition des divers engrais d'origine animale ou végétale, vous les trouverez facilement sur le net par exemple, cliquez ici, il y a une liste pour les engrais d'origine "naturelle" et une pour ceux d'origine minérale, lien déjà donné par Aygues31.

Pour connaître la composition des divers engrais disponibles sur le marché, intéressons-nous aux mentions obligatoires sur les sacs ou boîtes d'engrais.

Nous avons déjà compris les signes NPK et autres, voyons précisément ce que signifie ces données chiffrées. Ces nombres sont les pourcentages des divers éléments, à commencer par N (azote) ; P (phosphore) ; K (potassium) suivis par d'autres, Mg (magnésium) S (soufre) etc.

Exemple : un engrais "pomme de terre et potager" vendu au rayon bio des jardineries, marque connue, est labellisé "Engrais Organo-minéral 5-5-10 + 2MgO". Ceci signifie que nous trouverons dans cet engrais 5 % d'azote, 5 % de phosphore, 10 % de potassium et 2 % d'oxyde de magnésium.

Le sang desséché est souvent vendu et boîte de 3 Kg, avec comme mentio : engrais d'origine naturelle, N 11. Vous avez compris que ceci signifie qu'il contient 11 % de sa masse sous forme d'azote.

Faisons un calcul connaissant à la fois avec l'exemple plus haut, l'apport de 40 U d'azote dans mon jardin de 50 M², avec cet engrais bio.

Je sais qu'il me faut 200 grammes d'azote et que le sang desséché titre 11 % d'azote, soit 0,11 gramme d'azote pour 1 grammes de sang desséché.

Un simple règle de 3, ou proportionnalité me donnera :

(masse d'élément à apporter) / (pourcentage du produit), soit

200 / (11/100) ou bien 200/0,11 = 1818,2 grammes de sang desséché, soit 1,8 Kg, à peine plus que la moitié de ma boîte de 3 Kg.

Le même calcul de proportionnalité avec un engrais azoté industriel (ici le plus puissant en azote, l'ammoniac anhydre, NH3 qui comporte 83 % d'azote)

200 / (83/100) = 240,9 grammes, le sac de 20 Kg devrait pouvoir être utilisé pour 83 utilisations !

Autre calcul à faire soi même : Comment apporter 80 U de potassium dans un jardin de 85 m² avec du sulfate de potassium ?

Solution : je dois apporter 8 grammes par m² soit 680 g de potassium. Le sulfate de potassium titre 44,87 % de K (potassium). On a alors 680 / 0,4487 = 1515,5 g, 1,5 Kg.


Récapitulation

Retenons donc : pour calculer la quantité d'élément, je cherche sur un tableau, en fonction de ce que contient déjà le sol, j'en déduis la quantité à apporter en U, (Kg par hectare). Je divise par 10 et j'obtiens la quantité par m², et je multiplie par le nombre de m² de la surface de la zone dans laquelle sera apporté l'engrais.

J'obtiens une quantité d'élément à apporter, et connaissant le dosage de l'élément en question (c'est écrit sur le sac, ou bien je cherche sur le net) j'applique la formule (masse d'élément à apporter) / (pourcentage du produit) et j'obtiens la quantité de l'engrais à apporter.

Voilà, en espérant que ce sujet puisse vous apporter un minimum de maîtrise dans l'emploi des engrais.

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Re: Les engrais : info basiques

Message par Lionnel » sam. 17 oct. 2009 14:16

Les engrais et l'environnement

Les problèmes dus à l'emploi d'engrais ne sont évoqués que quand on parle d'engrais produits industriellement.

Pour comprendre d'où peut venir cette apparente opposition entre l'environnement et les engrais dits "chimiques" récents, livrons-nous à un petit historique des engrais à travers les âges.

Bref historique de l'utilisation des engrais

L'utilisation des engrais est très ancienne, et date probablement du tout début de l'agriculture et de l'élevage. L'homme a dû constater que les plantes poussant sur la fumure fraîche des déjections animale avaient une croissance plus rapide que les autres, et il s'est donc servi des fumiers divers (dont ceux des humains) pour récolter plus. C'est d'ailleurs là toute l'histoire de l'humanité : l'utilisation du fumier pour enrichir le sol a été une des causes de la sédentarité de l'agriculteur éleveur et par conséquence, du développement des infrastructures, maisons, fermes, outillage etc.

Les déjections diverses et fumiers ont d'ailleurs été les seuls engrais utilisés pendant des siècles ou des millénaires.

Les déchets végétaux ont aussi été utilisés. La raison principale de l'augmentation de la population au Moyen-Âge a été l'utilisation de la culture sur l'humus et la cendre obtenus par le défrichement massif des forêts. Le problème est que la richesse du sol obtenue par la culture sur le sol d'une forêt ne dure que jusqu'à l'épuisement du sol, et le défrichement doit donc être poursuivi ailleurs.

L'assolement et la rotation des cultures a permis à la même époque (et plus tard) de développer le libre pâturage, les champs laissés en friche accueillaient les troupeaux de tout le village (pas de clôture) et permettaient de recharger les réserves du sol par l'apport des fumiers et la non exploitation des terres durant une ou plusieurs années.

L'augmentation de la population a conduit à la délimitation des champs et a induit des changements : il fallait trouver de l'engrais, fumier, "guano", déchets végétaux ou cendre. C'était le système D, chaque paysan était dépendant à la fois du climat, de la qualité de ses semences, de son travail, de sa terre, mais aussi de sa capacité à enrichir le sol.

C'est alors (milieu du XIX siècle) que sont apparus les premiers engrais dits "chimiques" qui étaient issus de l'exploitation des mines du Chili principalement. Ces engrais ont ensuite été rejoints au début du XXe siècle, par les produits de synthèse, permettant d'obtenir par procédés industriels ce que la terre ne peut donner facilement.

Ce bref historique nous montre bien que vouloir manger mieux en produisant plus n'est pas une quête récente, c'est l'essence même de l'agriculture, et que cela est très dépendant de l'utilisation d'engrais, naturels ou produits industriellement.

Ce petit historiques montrent que les engrais (qu'ils soient naturels ou industriels) avaient donc très bonne presse jusqu'au début du siècle, et peu à peu, ils sont devenus une des cibles des amoureux de l'environnement.

D'où vient le problème ?

D'abord, pourquoi seuls les engrais industriels poseraient problème ?

Disons tout d'abord que les engrais ne sont pas plus chimiques que leurs composants, que l'on retrouve dans le fumier ou autre. L'azote sous forme de nitrate et d'ammoniac est bel et bien présent dans les déjections animales et donc humaines.

Les seules différences, c'est le dosage entre l'azote ammoniacal ou nitrique du fumier ou des engrais naturels et l'azote des engrais industriels, la solubilité de ces éléments que les seconds apportent et la facilité de leur utilisation qui peut conduire à les sur-doser.

Quand seuls existaient le fumier, le guano ou les cendres et extraits d'os, ces denrées étaient précieuses et très recherchées, donc partagées. Les excès étaient donc rares, la pénurie était plus courante que le surdosage.

Mais avec l'avènement des engrais obtenus industriellement (procédé Haber) on dispose de milliers de tonnes d'azote fixé et disponible. D'où une tendance chez certains à abuser du produit, soluble et très facilement absorbé par le sol.

Mais pourtant, tous les engrais dits "chimiques" ne présentent pas les mêmes risques.

C'est là qu'il faut distinguer les différents engrais et leur empreinte sur l'environnement en cas de surdosage.

Cas de l'azote

Tout d'abord, séparons l'azote sous sa forme nitrée (les nitrates) de l'azote sous forme ammoniacale (ammoniac) ou sous sa forme "organique (protéines et acides aminés).

L'azote sous forme de nitrates est de loin l'engrais le plus souvent cité lors de la critique des engrais industriels. En effet, cet azote facilement assimilable par les plante est aussi celui qui est le plus facilement lessivable, et c'est celui qui est de fait le plus retrouvé dans les eaux de ruissèlement et les nappes souterraines. Il est alors entraîné jusqu'à la mer et cause le développement des algues vertes, quand il ne reste pas sous terre en rendant les sources impropres à la consommation.

L'azote sous forme ammoniacale est moins immédiatement disponible pour la plantes, mais se transforme en quelques semaines ou mois en nitrate sous l'action de certaines bactéries du sol. Cette forme est donc moins polluante, elle n'est pas lessivée massivement comme les nitrates.

Encore moins facilement lessivable est l'azote organique, sous forme de protéines, tels que le sont les déchets végétaux, compost et autres sous produits de l'agriculture (tourteaux, etc.).

Précisons que le fumier est un mélange de ces trois formes d'azote, et que lorsqu'il frais, il contient plus de nitrate que s'il est décomposé.

Il convient donc en cas d'utilisation d'engrais azoté sous forme de nitrate de respecter scrupuleusement le dosage, et d'apporter l'engrais en plusieurs fois et d'enrichir le sol en déchets organiques qui abritent les bactéries qui régulent cet azote (certaines fabriquent des nitrates avec de l'ammoniac, d'autres font l'inverse).

Et c'est pareil pour le fumier frais, il faut se limiter à 3 Kg par m², comme le signale Aygues31 (merci).

Cas du potassium

Le potassium ou plus exactement K2O n'est pas facilement lessivable, c'est même l'inverse, il a tendance à se concentrer en surface en cas de surdosage. Mais son utilisation doit aussi être bien maîtrisée, et son dosage bien calculé. En effet, en trop grande quantité, il bloque l'assimilation du magnésium et interdit ainsi certains processus importants dans le développement des plantes. On veillera donc à limiter son apport aux quantités nécessaires, voire à doubler son apport d'une quantité suffisante de magnésium.

Autres minéraux

Certains oligoéléments peuvent être toxiques s'ils sont apportés au delà de leur quantité nécessaire. Citons le bore, un bon élément pour aider l'olivier et d'autres plantes à fleurir, mais un poison en trop grande quantité. Le chlore est aussi symptomatique de l'adage "c'est la dose qui fait le poison", puisqu'il est phyto-toxique, mais reconnu depuis quelques années comme indispensable à certaines processus, et très petite quantité.

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Re: Les engrais : dosages et calculs

Message par aygues31 » lun. 26 oct. 2009 21:52

Lionnel a écrit : Étant peu adepte du vol de droits d'auteur, je ne vais pas vous copier-coller ici un tableau reprenant la composition des divers engrais d'origine animale ou végétale, vous les trouverez facilement sur le net. Il y a aussi un sujet sur le forum, cliquez ici.
Bonjour Lionnel,
Bel effort de ta part que ces quelques chapitres :top:
Tu as mis "cliquez ici" mais tu as oublié d'y mettre le lien :lol:
Un autre lien (hors forum) que j'ai déjà cité plusieurs fois car je le trouve simple sans être simpliste est ICI

Ton topo aurait mérité d'être aussi sur le site du "bio" car je m'aperçois que ses adeptes, à tant refuser le "chimique", n'ont aucune de ces notions de base :!: qui sont indispensables pour ne pas polluer l'environnement par des excès d'utilisation de produits même "non minéraux".

Une petite critique générale à ce que tu as écrit : dommage que tu n'aies pas gardé la notion "d'unité fertilisante" (des Kg d'engrais apportent des unités au sol ... c'est moins perturbant) et que tu sois passé d'unité à kg, au gré du développement de tes idées.
Pour des "découvreurs de NPK", cela peut nuire à la compréhension des calculs et induire de gros mélanges dans notre si souvent obscure règle de trois. :lol:
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Re: Les engrais : dosages et calculs

Message par gege74 » mer. 28 oct. 2009 11:22

aygues31 a écrit :
Lionnel a écrit : .
Bonjour Lionnel,
Bel effort
Je plussois !
Pas le temps de tout lire ce matin (je devrais déjà être loin de mon clavier) :(
Mais, je sens que je vais vais en faire un copier/coller pour garder dans un coin de mon disque dur et être prêt à argumenter auprès de mes amis bobos écolos !
:top:
Dernière modification par gege74 le mar. 26 oct. 2010 21:37, modifié 1 fois.
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Re: Les engrais : info basiques

Message par Princesse » dim. 15 nov. 2009 15:05

Bonjour,

Super Lionnel :top:

Je me demandais quand était le meilleur moment pour apporter de l'engrais au potager ?
Je ne parle pas de compost mais d'engrais tels que le guano, le sang séché ou la corne broyée.

Merci
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Re: Les engrais : info basiques

Message par aygues31 » dim. 15 nov. 2009 17:51

Lionnel a écrit :Et c'est pareil pour le fumier frais, il faut se limiter à une quantité par m², 5 Kg me semble-t-il.
Bonjour Lionnel,
Non, ce n'est pas 5 Kg/m² mais 3 Kg au maximum chaque année, en transposant à nos jardins la règle du PMPOA1 qui dit << un maximum de 30 tonnes de fumier par Ha et par an ... >>
Tu n'es pas venu corriger ce que je te disais le 26/10 à propos de ton "ICI" sans lien.
Princesse a écrit :Je me demandais quand était le meilleur moment pour apporter de l'engrais au potager ?

La règle générale est le fractionnement : Beaucoup de petites doses réparties dans le temps, au pied des plantes.

Une exception pour les "fumures de fond" si on a décidé de refaire le stock de P & K.
A faire en début d'hiver, à l'occasion d'un retournement du sol du potager.

Le guano (NPK=10-13-2), le sang séché (11-1-1) ou la corne broyée (12-1-2) sont des produits essentiellement azotés qui doivent être apportés en cours de végétation, par petites doses fractionnées ... de l'ordre de 30 grammes par m² pour apporter 30 unités d'azote en cours de végétation, à renouveler tous les 20 jours (sur tomates par ex.) 3 à 4 fois sur les 3 mois de besoins de la culture (entre 15/06 et 15/09) ... sans oublier la potasse, bien indispensable ici :roll: pour le goût des tomates.
à+
Dernière modification par aygues31 le dim. 15 nov. 2009 18:18, modifié 1 fois.
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Re: Les engrais : info basiques

Message par Lionnel » dim. 15 nov. 2009 18:09

Pour le "ici" sans lien, je viens de le faire. J'ai aussi corrigé aussi pour le fumier, merci. :wink:

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Re: Les engrais : info basiques

Message par Princesse » dim. 15 nov. 2009 20:48

aygues31 a écrit :
Princesse a écrit :Je me demandais quand était le meilleur moment pour apporter de l'engrais au potager ?
La règle générale est le fractionnement : Beaucoup de petites doses réparties dans le temps, au pied des plantes.

Une exception pour les "fumures de fond" si on a décidé de refaire le stock de P & K.
A faire en début d'hiver, à l'occasion d'un retournement du sol du potager.

Le guano (NPK=10-13-2), le sang séché (11-1-1) ou la corne broyée (12-1-2) sont des produits essentiellement azotés qui doivent être apportés en cours de végétation, par petites doses fractionnées ... de l'ordre de 30 grammes par m² pour apporter 30 unités d'azote en cours de végétation, à renouveler tous les 20 jours (sur tomates par ex.) 3 à 4 fois sur les 3 mois de besoins de la culture (entre 15/06 et 15/09) ... sans oublier la potasse, bien indispensable ici :roll: pour le goût des tomates.
à+[/i][/color]
Merci Aygues de ces éclairsements.

Ces trois engrais sont azotés.
Peux tu me dire quels sont les engrais riches en Potassium et en phosphore ?
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Re: Les engrais : info basiques

Message par aygues31 » dim. 15 nov. 2009 22:27

princesse a écrit : Peux tu me dire quels sont les engrais riches en Potassium et en phosphore ?
Bonjour princesse,
Quand on veut rester dans l'organique et éviter le minéral, c'est bien le Pb :mrgreen:

D'abord, le Guano dont tu parles, s'il est azoté certes apporte aussi beaucouip de phosphore qui va permettre d'apporter aux plantes une bonne capacité à lutter contre les agressions. Avec NPK:10-13-2 tu as un très bon produit pour les apports en P2O5.

Ensuite tu as les cendres de bois autour de 0-1-5 (avec des chiffres assez variables suivant les essences) qui vont permettre un bon apport de potasse. A raison de 400 gr. de cendres par m² tu couvres les besoins des plantes les plus exigeantes.

Les farines d'arêtes de poisson NPK = 4-25-0 avec un effet assez lent mais très riche en phosphore. Toutefois, je ne pense pas que ces farines soient disponibles en l'état.
C'est repris par des fabricants qui s'en servent pour fabriquer leurs propres produits.

La poudre d'os NKP=0-27-0 ... Elle apporte du phosphore et dans doute aussi pas mal de calcium.

Le Patenkali, c'est un engrais minéral autorisé en "bio" très riche en potasse : NPK=0-0-30 avec 6% de magnésium et 17% de soufre (excellent pour les crucifères)
Avec 30% de K²O , si tu apportes 50 gr. de Patenkali par m², tu couvres les besoins annuels des légumes les plus exigeants (tomates, poivrons, oignons et concombres)

Tu as aussi les produits tout prêts du commerce comme ICI.
Toutefois, quand on lit bien ... rien sur la composition et au prix où cela doit être vendu :lol: ... ils n'osent même pas l'écrire : "nous contacter" on n'est pas très loin de l'arnaque en vraie grandeur :!:
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Re: Les engrais : info basiques

Message par Princesse » lun. 16 nov. 2009 9:51

Bonjour Aygues,
Un énorme merci pour ces précieux renseignements. :top:
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Re: Les engrais : info basiques

Message par petipois » ven. 11 nov. 2011 10:46

Bravo et merci pour ce formidable exposé…
…mais qui reste en suspend si l'on ne connait pas préalablement les quantités "U" souhaitables à épandre (ou j'ai raté qq chose) ; celles-ci venant en complément des composés du sol "au naturel" (et des besoins des cultures).
Or je suppose que seule une analyse physico-chimique du sol peut nous donner la réponse à ces données de bases ; d'où l'on calculera ensuite les apports nécessaires - en laissant pour l'instant de côté les besoins spécifiques des plantations.

=> La question qui tue : où faire réaliser cette analyse lorsque qu'on est jardinier amateur ? (sans que cela soit ruineux). Existe-t-il des assos' ou des passionnés compétents qui réalisent ce type de bilan ?
Et quel serait le protocole de prélèvement des échantillons de sol ?

Je serai vraiment très intéressé par vos réponses.
Très cordialement.
Il n'y a pas de problème qu'une absence de solution ne contribue à résoudre…

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Re: Les engrais : info basiques

Message par aygues31 » dim. 13 nov. 2011 20:20

petipois a écrit : si l'on ne connait pas préalablement les quantités "U" souhaitables à épandre ... celles-ci venant en complément des composés du sol "au naturel".
Or je suppose que seule une analyse physico-chimique du sol peut nous donner la réponse à ces données de bases
Bonjour petipois,
Il y a 30 ans, on faisait des analyses de sol pour connaître sa richesse en éléments fertilisants et il était alors proposé aux agriculteurs de faire des apports d'engrais, parfois assez conséquents et sur plusieurs années, pour remonter les niveaux trop bas.

On parlait de "fumures de redressement" afin de remonter la fertilité des sols trop pauvres et les amener à des niveaux définis jugés "convenables" ... c'est terminé.

Désormais, on oublie la richesse du sol et on apporte aux cultures la fertilisation qui correspond aux "exportations" des dites cultures ... ce n'est pas plus bête.
Ainsi, connaissant les besoins d'un blé qui pour un niveau de rendement de tant de quintaux (moyenne du coin sur 10 ans) va avoir besoin de 70 unités de tel élément ... j'apporte les 70 unités de cet élément.
Le sol gardera son niveau de fertilité "naturel" et je n'ai plus besoin de faire d'analyses d'ailleurs difficilement interprétables suivant sa nature physique (% d'argiles, de sables, de MO etc ...)

A ce sujet, certains jardiniers font les fanfarons, au fait qu'ils ont de beaux légumes sans rien apporter au jardin, ou presque.
Il est évident qu'il y a des terres très fertiles où il n'est pas besoin de fertiliser dans les premières années ... mais au bout de 2, 4 ou 6 ans que se passe-t-il ? ... on a épuisé ses réserves.

Si la fertilité de mon sol est de 100 et que mes légumes pompent la valeur de 20 chaque année ... j'en ai pour 5 ans :mrgreen: autant y penser tout de suite plutôt que de jouer avec le feu.
La fertilité et la vie d'un sol se conservent assez bien (en rajoutant autant que ce qu'on puise) mais, par contre, sont très difficiles à reconstituer quand a trop tiré sur la corde.
à+
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