ZZZzzzzz Ronpichhhhh ... ZZZzzzzz Ronpichhhhh ...
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Re: ZZZzzzzz Ronpichhhhh ... ZZZzzzzz Ronpichhhhh ...
Encore une devinette
ça te va bien d'avoir une main bloquée
ça stimule la créativité
En mordant sur le talus, il y aurait plus de passage ?
ou en se garant en épi ?
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En mordant sur le talus, il y aurait plus de passage ?
ou en se garant en épi ?
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Re: ZZZzzzzz Ronpichhhhh ... ZZZzzzzz Ronpichhhhh ...
Merci merci, je me sens deviné jusqu'au fond de moi-même
Ne suffirait-il pas d'attribuer à chacun une place en fonction de l'ordre de départ et que chacun rentre selon cet ordre, mais inversé, en arrivant le soir précédent ?
Une solution un peu trop helvétique ?
Non, une solution de gratte-papier qui ne fait que théoriser sans voir le.s problème.s réel.s ... si bien résolu.s par les automobilistes de cette rue de Lisbonne
Boas festas de Natal a todos e a todas. Boa recuperação aos feridos. Os melhores votos para o próximo ano.
Ne suffirait-il pas d'attribuer à chacun une place en fonction de l'ordre de départ et que chacun rentre selon cet ordre, mais inversé, en arrivant le soir précédent ?
Une solution un peu trop helvétique ?
Non, une solution de gratte-papier qui ne fait que théoriser sans voir le.s problème.s réel.s ... si bien résolu.s par les automobilistes de cette rue de Lisbonne
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Je dis un peu ce que je fais, je fais tout ce que je dis.
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Re: ZZZzzzzz Ronpichhhhh ... ZZZzzzzz Ronpichhhhh ...
Durant mes études supérieures (cf 3/3) quelques souvenirs sportifs sont restés dans ma mémoire.
1) Vacances d'automne 60. Le temps est magnifique. Le besoin d'activités me taraude. Je rencontre J-A un copain du même âge qui est aussi un camarade d'études. Il me propose de faire le tour du lac de Neuchâtel à vélo. Evidemment que l'invitation me convient, même si j'ignore la longueur de ce tour du lac - je sais juste que la dénivellation est insignifiante.
Le lendemain on part à 8 heures en décidant de faire le tour dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Immédiatement on apprécie les qualités de notre vélo (des années 60 !!): solidité, poids, rigidité, selle plutôt souple, 3 vitesses sur dérailleur, ... On pédale à un rythme soutenu, mais pas excessif. Je ne me souviens pas d'avoir fait des pauses importantes, mais on a dû s'arrêter pour boire l'eau de nos bidons. Je ne me souviens pas d'avoir crevé un pneu, mais me demande comment on l'aurait réparé ...
A midi on est arrivé à l'extrémité Sud (Yverdon-les-Bains). Trop tôt pour rentrer à la maison ! J-A me dit qu'il a un oncle qui habite Lausanne. Départ pour Lausanne. Cette fois le relief nous procure une alternance de montées et descentes variées. Arrivés à Lausanne, on trouve facilement l'oncle et la tante - qui a la bonne idée de nous nourrir d'un léger casse-croûte. On ne traîne pas trop dans la capitale vaudoise, ce n'est pas notre genre. Retour jusqu'à Yverdon et fin du tour du lac de Neuche après 9 heures de pédalage.
Pas belle la jeunesse ?
2) Vacances d'automne 61. Cette fois nous sommes convoqués pour un match de foot à Bulle (distance 47 km / 2 h 25 / 985 m de dénivellation à l'aller, autant au retour !) Nous y allons à vélo bien sûr, J-A et moi, c'est notre façon de nous déplacer habituellement. Arrivés au stade, on se change, on joue ce match, on le gagne, on se change et on reprend nos bécanes pour faire le trajet de retour. Faut-il préciser que les 20 derniers km m'ont paru spécialement pénibles ?
3) J'ai écrit précédemment mes souvenirs de camp de ski obligatoire. Heureusement il y avait d'autres sports qui me passionnaient: l'athlétisme, les agrès, le basket (malgré ma petite taille), le badminton, ...
Je me souviens que chaque année notre classe s'inscrivait pour participer au championnat interscolaire de foot. Tous les jeudis après-midi de mai et juin, on jouait un match au Guinzet, un stade situé sur les hauts de Fribourg. Je me souviens d'un stade un peu champêtre, bordé d'arbres. C'était l'occasion de s'aérer l'esprit, de se changer les idées, de profiter du beau temps et ... de se blesser ! C'est là que pour la première fois je me suis claqué un muscle ... juste avant les vacances d'été
Début d'une longue série qui petit à petit me fit arrêter ce sport ...
1) Vacances d'automne 60. Le temps est magnifique. Le besoin d'activités me taraude. Je rencontre J-A un copain du même âge qui est aussi un camarade d'études. Il me propose de faire le tour du lac de Neuchâtel à vélo. Evidemment que l'invitation me convient, même si j'ignore la longueur de ce tour du lac - je sais juste que la dénivellation est insignifiante.
Le lendemain on part à 8 heures en décidant de faire le tour dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Immédiatement on apprécie les qualités de notre vélo (des années 60 !!): solidité, poids, rigidité, selle plutôt souple, 3 vitesses sur dérailleur, ... On pédale à un rythme soutenu, mais pas excessif. Je ne me souviens pas d'avoir fait des pauses importantes, mais on a dû s'arrêter pour boire l'eau de nos bidons. Je ne me souviens pas d'avoir crevé un pneu, mais me demande comment on l'aurait réparé ...
A midi on est arrivé à l'extrémité Sud (Yverdon-les-Bains). Trop tôt pour rentrer à la maison ! J-A me dit qu'il a un oncle qui habite Lausanne. Départ pour Lausanne. Cette fois le relief nous procure une alternance de montées et descentes variées. Arrivés à Lausanne, on trouve facilement l'oncle et la tante - qui a la bonne idée de nous nourrir d'un léger casse-croûte. On ne traîne pas trop dans la capitale vaudoise, ce n'est pas notre genre. Retour jusqu'à Yverdon et fin du tour du lac de Neuche après 9 heures de pédalage.
Pas belle la jeunesse ?
2) Vacances d'automne 61. Cette fois nous sommes convoqués pour un match de foot à Bulle (distance 47 km / 2 h 25 / 985 m de dénivellation à l'aller, autant au retour !) Nous y allons à vélo bien sûr, J-A et moi, c'est notre façon de nous déplacer habituellement. Arrivés au stade, on se change, on joue ce match, on le gagne, on se change et on reprend nos bécanes pour faire le trajet de retour. Faut-il préciser que les 20 derniers km m'ont paru spécialement pénibles ?
3) J'ai écrit précédemment mes souvenirs de camp de ski obligatoire. Heureusement il y avait d'autres sports qui me passionnaient: l'athlétisme, les agrès, le basket (malgré ma petite taille), le badminton, ...
Je me souviens que chaque année notre classe s'inscrivait pour participer au championnat interscolaire de foot. Tous les jeudis après-midi de mai et juin, on jouait un match au Guinzet, un stade situé sur les hauts de Fribourg. Je me souviens d'un stade un peu champêtre, bordé d'arbres. C'était l'occasion de s'aérer l'esprit, de se changer les idées, de profiter du beau temps et ... de se blesser ! C'est là que pour la première fois je me suis claqué un muscle ... juste avant les vacances d'été
Je dis un peu ce que je fais, je fais tout ce que je dis.
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Re: ZZZzzzzz Ronpichhhhh ... ZZZzzzzz Ronpichhhhh ...
En janvier j'ai l'intention de creuser dans mes souvenirs en égrenant mes 42 années d'enseignement.
Mon idée est de les diviser en 3 époques selon les lieux et les statuts:
- l'époque en solo de 63 - 67 à Fribourg
- l'époque en duo de 67 - 71 à Bonnefontaine
- l'époque professionnelle de 71 - 2004 à Marly
1) L'époque en solo de 63 à 67 à Fribourg
Puisque vous me lisez avec attention, vous savez déjà qu'en été 63 à la sortie de mes examens finaux, je m'étais retrouvé sans travail puisque je n'avais postulé dans aucune circonscription scolaire. Grâce à mon prof de pédagogie qui était aussi inspecteur des écoles de Fribourg, j'ai pu enseigner en ville où une classe était sans titulaire malgré ses recherches.
C'était une école située en Basse Ville, dans un quartier peu ordinaire puisque trilingue allemand/français/bolze. Toute la population était unie dans un projet sportif : faire vivre Gottéron, le club local de hockey. Après des essais sur les étangs de la pisciculture, une patinoire à ciel ouvert avait été construite par les jeunes au coeur du quartier. Je vous laisse imaginer l'ambiance pendant la journée et encore plus en soirée ...
Ma classe rassemblait une vingtaine de garçons de 9 et 10 ans. Tout s'est bien passé malgré mon inexpérience. Il faut dire que les parents n'étaient pas spécialement exigeants. Je n'ai eu des contacts qu'avec deux familles. L'une exploitait la pisciculture; j'ai découvert ce monde et mangé avec eux ... du poisson au repas. L'autre était une famille d'artistes: Y le père était déjà un peintre bien connu, Jo la mère était irlandaise (j'ai beaucoup compris l'âme de ce pays lors de nos échanges), Patrick était leur enfant, un enfant extrêmement intelligent qui devint par la suite le (di)recteur de l'EPFL l'école polytechnique fédérale la plus prestigieuse de Suisse. Quand je parlais de ce grand homme que j'avais eu comme élève pendant deux ans et que je prétendais avoir lancé sa carrière, mes collègues me disaient qu'ils en doutaient fortement puisque pendant ce temps-là j'avais été absent au moins 380 jours à crapahuter sur les montagnes valaisannes au service de la patrie.
En été 65 eut lieu une réorganisation des postes de travail. J'étais le dernier arrivé, j'ai été le premier déplacé dans une autre classe. J'ai perdu l'ambiance de la Basse Ville, mais j'ai hérité du parfum d'un quartier riche où j'ai pu apporter mes premières touches personnelles en pédagogie. Il faut préciser que j'étais abonné à la revue romande des enseignants et que je la lisais et la méditais. Je me souviens d'avoir créé le GAVE, groupe audio-visuel d'enseignants. Nous étions cinq à nous réunir, venus de plusieurs régions de Romandie. Nous apportions nos procédures, les discutions, les améliorions, ...
Pour ma part, j'avais créé une bande enregistrée permettant aux élèves de s'entraîner individuellement aux tables de multiplication. Mes collègues m'ont aidé à améliorer cet entraînement en y incorporant une correction automatique et ... un casque pour travailler silencieusement.
La classe était situé dans un bâtiment récent qui comprenait une halle de gym. J'ai été l'adulte qui y a passé le plus de temps à la pause de midi: des heures de basket. Avec les élèves, on sortait par une fenêtre et allions faire notre footing bi-hebdomadaire dans la forêt proche.
Souvenirs d'élèves ?
- Plutôt souvenir d'un prof de musique qui venait donner son cours une fois par semaine. C'était le promoteur fribourgeois de la Méthode Ward et un compositeur très connu dans le canton. Bien sûr je restais pendant son cours hebdomadaire et en profitait bien.
- Plutôt souvenirs de trois familles (qui toutes trois n'étaient pas avares de cadeaux gouleyants lors des grandes fêtes) Il y avait la famille P qui tenait un tea room, la famille K qui tenait une étude de notaire et la famille S qui possédait deux salles de cinéma dans le quartier - j'ai connu les salles avant les proprios + je me souviens de films de qualité vus pour 2 francs la séance. Les prix ont bien changé ...
- Surtout souvenir de Franzou, un collègue alémanique avec qui j'ai mangé dans un restaurant tous les midis pendant deux ans. C'était un philosophe et un écrivain, un amoureux de la poésie et de la langue française. Il a passé tout l'été 66 à Marseille; quand il est rentré, il avait complètement changé de look, je ne l'ai pas reconnu. Il était devenu un marginal, nous nous sommes perdus de vue ... Triste destin !
Cette époque s'est arrêtée brusquement à la fin juin 67. J'ai donné ma démission pour une raison personnelle que je raconterai dans un prochain message.
Mon idée est de les diviser en 3 époques selon les lieux et les statuts:
- l'époque en solo de 63 - 67 à Fribourg
- l'époque en duo de 67 - 71 à Bonnefontaine
- l'époque professionnelle de 71 - 2004 à Marly
1) L'époque en solo de 63 à 67 à Fribourg
Puisque vous me lisez avec attention, vous savez déjà qu'en été 63 à la sortie de mes examens finaux, je m'étais retrouvé sans travail puisque je n'avais postulé dans aucune circonscription scolaire. Grâce à mon prof de pédagogie qui était aussi inspecteur des écoles de Fribourg, j'ai pu enseigner en ville où une classe était sans titulaire malgré ses recherches.
C'était une école située en Basse Ville, dans un quartier peu ordinaire puisque trilingue allemand/français/bolze. Toute la population était unie dans un projet sportif : faire vivre Gottéron, le club local de hockey. Après des essais sur les étangs de la pisciculture, une patinoire à ciel ouvert avait été construite par les jeunes au coeur du quartier. Je vous laisse imaginer l'ambiance pendant la journée et encore plus en soirée ...
Ma classe rassemblait une vingtaine de garçons de 9 et 10 ans. Tout s'est bien passé malgré mon inexpérience. Il faut dire que les parents n'étaient pas spécialement exigeants. Je n'ai eu des contacts qu'avec deux familles. L'une exploitait la pisciculture; j'ai découvert ce monde et mangé avec eux ... du poisson au repas. L'autre était une famille d'artistes: Y le père était déjà un peintre bien connu, Jo la mère était irlandaise (j'ai beaucoup compris l'âme de ce pays lors de nos échanges), Patrick était leur enfant, un enfant extrêmement intelligent qui devint par la suite le (di)recteur de l'EPFL l'école polytechnique fédérale la plus prestigieuse de Suisse. Quand je parlais de ce grand homme que j'avais eu comme élève pendant deux ans et que je prétendais avoir lancé sa carrière, mes collègues me disaient qu'ils en doutaient fortement puisque pendant ce temps-là j'avais été absent au moins 380 jours à crapahuter sur les montagnes valaisannes au service de la patrie.
En été 65 eut lieu une réorganisation des postes de travail. J'étais le dernier arrivé, j'ai été le premier déplacé dans une autre classe. J'ai perdu l'ambiance de la Basse Ville, mais j'ai hérité du parfum d'un quartier riche où j'ai pu apporter mes premières touches personnelles en pédagogie. Il faut préciser que j'étais abonné à la revue romande des enseignants et que je la lisais et la méditais. Je me souviens d'avoir créé le GAVE, groupe audio-visuel d'enseignants. Nous étions cinq à nous réunir, venus de plusieurs régions de Romandie. Nous apportions nos procédures, les discutions, les améliorions, ...
Pour ma part, j'avais créé une bande enregistrée permettant aux élèves de s'entraîner individuellement aux tables de multiplication. Mes collègues m'ont aidé à améliorer cet entraînement en y incorporant une correction automatique et ... un casque pour travailler silencieusement.
La classe était situé dans un bâtiment récent qui comprenait une halle de gym. J'ai été l'adulte qui y a passé le plus de temps à la pause de midi: des heures de basket. Avec les élèves, on sortait par une fenêtre et allions faire notre footing bi-hebdomadaire dans la forêt proche.
Souvenirs d'élèves ?
- Plutôt souvenir d'un prof de musique qui venait donner son cours une fois par semaine. C'était le promoteur fribourgeois de la Méthode Ward et un compositeur très connu dans le canton. Bien sûr je restais pendant son cours hebdomadaire et en profitait bien.
- Plutôt souvenirs de trois familles (qui toutes trois n'étaient pas avares de cadeaux gouleyants lors des grandes fêtes) Il y avait la famille P qui tenait un tea room, la famille K qui tenait une étude de notaire et la famille S qui possédait deux salles de cinéma dans le quartier - j'ai connu les salles avant les proprios + je me souviens de films de qualité vus pour 2 francs la séance. Les prix ont bien changé ...
- Surtout souvenir de Franzou, un collègue alémanique avec qui j'ai mangé dans un restaurant tous les midis pendant deux ans. C'était un philosophe et un écrivain, un amoureux de la poésie et de la langue française. Il a passé tout l'été 66 à Marseille; quand il est rentré, il avait complètement changé de look, je ne l'ai pas reconnu. Il était devenu un marginal, nous nous sommes perdus de vue ... Triste destin !
Cette époque s'est arrêtée brusquement à la fin juin 67. J'ai donné ma démission pour une raison personnelle que je raconterai dans un prochain message.
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Re: ZZZzzzzz Ronpichhhhh ... ZZZzzzzz Ronpichhhhh ...
Tu exerçais ton métier depuis plusieurs années déjà quand je n'étais qu'une adolescente réfractaire aux études.
Mes parents m'ont "punie" en me mettant en pension pendant deux ans, deux ans de """torture""" pour moi. Enfermée toute la semaine n'était pas de mon goût. Et parfois deux semaines quand j'avais eu la mauvaise idée de me révolter face à une "pionne" ou mal répondre à un professeur.
Dans ces attitudes, je n'espérai qu'une chose, être renvoyée du lycée
Malheureusement, l'équipe éducative était plus compréhensive que souhaité et je ne récoltait que des demies journées de "colle" qui ne me permettaient plus de rentrer à la maison pour la journée du dimanche. A chaque demie journée de retenue qui se passaient le samedi après midi, mes parents ajoutaient la journée du dimanche
A quelques mois du bac, j'ai décidé d'arrêter mes études.
Et pour être sûre de ne pas y retourner, je me suis fais embaucher à l'usine de tricotage industriel près de la maison
Mes parents m'ont "punie" en me mettant en pension pendant deux ans, deux ans de """torture""" pour moi. Enfermée toute la semaine n'était pas de mon goût. Et parfois deux semaines quand j'avais eu la mauvaise idée de me révolter face à une "pionne" ou mal répondre à un professeur.
Dans ces attitudes, je n'espérai qu'une chose, être renvoyée du lycée
A quelques mois du bac, j'ai décidé d'arrêter mes études.
Et pour être sûre de ne pas y retourner, je me suis fais embaucher à l'usine de tricotage industriel près de la maison
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Re: ZZZzzzzz Ronpichhhhh ... ZZZzzzzz Ronpichhhhh ...
Grand merci Jardi pour ton témoignage
Par contre pendant la période professionnelle, avec des ados de 13 - 16 ans, j'en ai eu plein les bras ! Heureusement j'agissais AVANT que la situation soit bloquée, cimentée, définitive, ...
(Le mois de janvier sera assez long pour que j'arrive à retrouver mes souvenirs et raconter ma méthode d'enseignement aux enfants perdus de la société)
mais c'était bien la seule solution à ton problème. La preuve, c'est la belle et bonne personne que tu es devenue.
Pendant les premières années d'enseignement, j'ai souvent craint de pousser des enfants à devenir révoltés/réfractaire à 100% . C'était une crainte gratuite, un réflexe inutile, les conditions de vie à Fribourg étaient trop marquées dans ce temps-là pour que de jeunes enfants (9 -11 ans) puissent se permettre d'être réfractaire.jardiniere31 a écrit : sam. 10 janv. 2026 18:50 Tu exerçais ton métier depuis plusieurs années déjà quand je n'étais qu'une adolescente réfractaire aux études.
Par contre pendant la période professionnelle, avec des ados de 13 - 16 ans, j'en ai eu plein les bras ! Heureusement j'agissais AVANT que la situation soit bloquée, cimentée, définitive, ...
(Le mois de janvier sera assez long pour que j'arrive à retrouver mes souvenirs et raconter ma méthode d'enseignement aux enfants perdus de la société)
Trop tard pour te féliciter de cette décision libératricejardiniere31 a écrit : sam. 10 janv. 2026 18:50 A quelques mois du bac, j'ai décidé d'arrêter mes études.
Et pour être sûre de ne pas y retourner, je me suis fais embaucher à l'usine de tricotage industriel près de la maison
Je dis un peu ce que je fais, je fais tout ce que je dis.
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Re: ZZZzzzzz Ronpichhhhh ... ZZZzzzzz Ronpichhhhh ...
Pour ne pas vous laisser croire qu'il n'y a eu que de Grands Hommes croisés dans ma vie, je vais vous parler d'une Grande Dame.
Elle est née la même année que moi, le même mois, la même semaine, mais pas dans la même maternité, ni dans le même district.
C'est à onze ans que je l'ai (enfin) connue, ma Grande Dame. Cette année-là nous étions, elle et moi, chefs d'équipe dans une colonie de vacances. Le directeur eut la bonne idée, pour remercier ses chefs d'équipe, de nous offrir un spectacle au château de Gruyères, la Belle Luce. Mais il fallait y aller à pieds, en portant chacun son casse-croûte. Me souvient plus du spectacle, seulement du retour très long, 1 heure 40 de marche, si fatiguant qu'on demanda aux garçons de porter le sac des filles. Vous imaginez quel sac me fut attribué ? Il y avait son nom de famille sur le sac, et ce nom avait un rapport avec sa coupe de cheveux ! Ce soir-là mon destin se dessina en lettres de feu pour l'éternité ...
On s'est retrouvé à 18 ans dans la même colonie. Ce n'était pas prévu, j'avais d'autres projets, mais un responsable m'appela au secours, m'expliquant qu'il lui manquait des animateurs et ... je bondis sur l'occasion, supposant que ma Grande Dame y serait aussi. Elle y était, mais elle avait bien grandi la petite fille à la queue de cheval. Elle avait choisi d'être animatrice à cette colonie plutôt que de conduire la moissonneuse de son père, sans bien savoir pourquoi. Mais moi je savais ... On a passé ensemble toutes nos heures de congé, faisant de l'autostop la journée, des marches au clair de lune la soirée. Il faut dire qu'on avait beaucoup à échanger puisque nous faisions les mêmes études dans deux écoles différentes. Non, n'insistez pas, je ne vous raconterai rien de plus !
Sauf dire que Monique a refusé de maintenir le contact jusqu'à la fin de nos études pour ne pas créer de distractions, ne pas charger le bateau, ne pas déroger à son plan, ne pas ... bla bla bla ...
On s'est retrouvé en été 67 à la fin de nos quatre premières années d'enseignement (la période probatoire) et avons décidé de nous marier et d'enseigner ensemble. Enseigner où ?
Il y avait à Bonnefontaine un syndic (c'est le chef politique du village) qui se plaignait de ne pas trouver de maître pour remplacer celui qui venait de mourir et de maîtresse pour remplacer celle qui venait de perdre la tête. Mon beau-père Paul (un tout Grand Homme - mon deuxième père) lui dit qu'il avait les deux à disposition ! C'est sur ces paroles que nous avons été engagés, sans autre forme de procès, comme disait La Fontaine (ça s'impose à Bonnefontaine
).
Elle est née la même année que moi, le même mois, la même semaine, mais pas dans la même maternité, ni dans le même district.
C'est à onze ans que je l'ai (enfin) connue, ma Grande Dame. Cette année-là nous étions, elle et moi, chefs d'équipe dans une colonie de vacances. Le directeur eut la bonne idée, pour remercier ses chefs d'équipe, de nous offrir un spectacle au château de Gruyères, la Belle Luce. Mais il fallait y aller à pieds, en portant chacun son casse-croûte. Me souvient plus du spectacle, seulement du retour très long, 1 heure 40 de marche, si fatiguant qu'on demanda aux garçons de porter le sac des filles. Vous imaginez quel sac me fut attribué ? Il y avait son nom de famille sur le sac, et ce nom avait un rapport avec sa coupe de cheveux ! Ce soir-là mon destin se dessina en lettres de feu pour l'éternité ...
On s'est retrouvé à 18 ans dans la même colonie. Ce n'était pas prévu, j'avais d'autres projets, mais un responsable m'appela au secours, m'expliquant qu'il lui manquait des animateurs et ... je bondis sur l'occasion, supposant que ma Grande Dame y serait aussi. Elle y était, mais elle avait bien grandi la petite fille à la queue de cheval. Elle avait choisi d'être animatrice à cette colonie plutôt que de conduire la moissonneuse de son père, sans bien savoir pourquoi. Mais moi je savais ... On a passé ensemble toutes nos heures de congé, faisant de l'autostop la journée, des marches au clair de lune la soirée. Il faut dire qu'on avait beaucoup à échanger puisque nous faisions les mêmes études dans deux écoles différentes. Non, n'insistez pas, je ne vous raconterai rien de plus !
Sauf dire que Monique a refusé de maintenir le contact jusqu'à la fin de nos études pour ne pas créer de distractions, ne pas charger le bateau, ne pas déroger à son plan, ne pas ... bla bla bla ...
On s'est retrouvé en été 67 à la fin de nos quatre premières années d'enseignement (la période probatoire) et avons décidé de nous marier et d'enseigner ensemble. Enseigner où ?
Il y avait à Bonnefontaine un syndic (c'est le chef politique du village) qui se plaignait de ne pas trouver de maître pour remplacer celui qui venait de mourir et de maîtresse pour remplacer celle qui venait de perdre la tête. Mon beau-père Paul (un tout Grand Homme - mon deuxième père) lui dit qu'il avait les deux à disposition ! C'est sur ces paroles que nous avons été engagés, sans autre forme de procès, comme disait La Fontaine (ça s'impose à Bonnefontaine
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Re: ZZZzzzzz Ronpichhhhh ... ZZZzzzzz Ronpichhhhh ...
J'ai eu la chance d'avoir deux enseignants passionnés par leur travail entre 6 et 11 ans. Tous les deux ont su me faire aimer l'école parce qu'ils savaient rendre leurs enseignements très intéressants, passionnants même. Herbiers, collections d'insectes (les pauvresMarcol a écrit : sam. 10 janv. 2026 19:29 Pendant les premières années d'enseignement, j'ai souvent craint de pousser des enfants à devenir révoltés/réfractaire à 100% . C'était une crainte gratuite, un réflexe inutile, les conditions de vie à Fribourg étaient trop marquées dans ce temps-là pour que de jeunes enfants (9 -11 ans) puissent se permettre d'être réfractaire.
Par contre pendant la période professionnelle, avec des ados de 13 - 16 ans, j'en ai eu plein les bras ! Heureusement j'agissais AVANT que la situation soit bloquée, cimentée, définitive, ...
(Le mois de janvier sera assez long pour que j'arrive à retrouver mes souvenirs et raconter ma méthode d'enseignement aux enfants perdus de la société)
Tout s'est dégradé au collège quand j'ai eu affaire à des enseignants qui débitaient leurs cours sans savoir nous attirer.
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Re: ZZZzzzzz Ronpichhhhh ... ZZZzzzzz Ronpichhhhh ...
La vie est parfois surprenante. D'une simple rencontre entre deux enfants elle a su en faire l'Histoire d'une vie entière de bonheur.Marcol a écrit : dim. 11 janv. 2026 15:28 Pour ne pas vous laisser croire qu'il n'y a eu que de Grands Hommes croisés dans ma vie, je vais vous parler d'une Grande Dame.
Elle est née la même année que moi, le même mois, la même semaine, mais pas dans la même maternité, ni dans le même district.
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Re: ZZZzzzzz Ronpichhhhh ... ZZZzzzzz Ronpichhhhh ...
Quelle belle histoireMarcol a écrit : dim. 11 janv. 2026 15:28 Pour ne pas vous laisser croire qu'il n'y a eu que de Grands Hommes croisés dans ma vie, je vais vous parler d'une Grande Dame.
Elle est née la même année que moi, le même mois, la même semaine, mais pas dans la même maternité, ni dans le même district.
C'est à onze ans que je l'ai (enfin) connue, ma Grande Dame.
On a passé ensemble toutes nos heures de congé, faisant de l'autostop la journée, des marches au clair de lune la soirée. Il faut dire qu'on avait beaucoup à échanger puisque nous faisions les mêmes études dans deux écoles différentes. Non, n'insistez pas, je ne vous raconterai rien de plus !
Sauf dire que Monique a refusé de maintenir le contact jusqu'à la fin de nos études pour ne pas créer de distractions, ne pas charger le bateau, ne pas déroger à son plan, ne pas ... bla bla bla ...
On s'est retrouvé en été 67 à la fin de nos quatre premières années d'enseignement (la période probatoire) et avons décidé de nous marier et d'enseigner ensemble. Enseigner où ?
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Re: ZZZzzzzz Ronpichhhhh ... ZZZzzzzz Ronpichhhhh ...
jardiniere31 a écrit : dim. 11 janv. 2026 15:47 J'ai eu la chance d'avoir deux enseignants passionnés par leur travail entre 6 et 11 ans. Tous les deux ont su me faire aimer l'école parce qu'ils savaient rendre leurs enseignements très intéressants, passionnants même. (...) Tout s'est dégradé au collège quand j'ai eu affaire à des enseignants qui débitaient leurs cours sans savoir nous attirer.
Ayant travaillé à l'école primaire puis au collège, je connais bien la différence de méthodologie entre les instits et les profs.
Une première différence, c'est que les instits enseignent toutes les branches, alors que les profs n'ont qu'une corde (ou deux) à leur arc. Ce sont des spécialistes, il ne faut pas mettre en doute leurs connaissances. Qui s'y frotte s'y pique ! J'ai eu un prof qui toute sa vie a enseigné la géographie en lisant le document qu'il avait rédigé lors de son aggrégation. Mortel ! Je l'aimais bien pourtant car on se rencontrait au stade pour voir les matches de notre équipe favorite.
Une deuxième différence se passe dans la tête: les instits jouent sur du velours, ils sont le prolongement de la main des parents. Les profs sont face à des ados dont ils craignent les humeurs. Ils jouent un rôle de garde chiourme pour ne pas être mis en difficulté, surtout chez les profs féminins. Bien dommage, ce hiatus intergénérationnel !
Je dis un peu ce que je fais, je fais tout ce que je dis.
- Marcol
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Re: ZZZzzzzz Ronpichhhhh ... ZZZzzzzz Ronpichhhhh ...
L'époque en duo de 67 - 71 à Bonnefontaine (1)
Le bâtiment avait un appartement de fonction de 4 pièces et demie au 1er étage et deux classes au rez de chaussée. On n'avait qu'une volée de marches à parcourir. Quel gain de temps ! Mone enseignait dans la classe des cours inférieurs et moi dans l'autre aux cours supérieurs composés d'une vingtaine de garçons et de filles très très très sympathiques.
Pourquoi parler d'époque en duo ? Parce qu'on était tous les deux intéressés par les nouvelles méthodes d'enseignement et qu'on en parlait beaucoup, on testait et on partageait nos découvertes, nos intuitions, nos réalisations. On discutait en duo, mais chacun enseignait seul maître à bord dans sa classe !
Quelques réalisations que j'ai mises en place pendant ces quatre ans grâce à l'aide de Mone :
- la rédaction de textes libres Deux fois par semaine, les élèves étaient invités à écrire un petit texte sur un sujet qu'ils choisissaient eux-mêmes. On vivait à la campagne et les histoires d'animaux étaient souvent choisies. Ensuite on proposait que quelques élèves lisent leur texte; les autres choisissaient celui qu'ils voulaient imprimer après l'avoir travaillé ensemble (style et orthographe) au tableau noir. Je le multipliais et le distribuais à chacun qui devait l'insérer dans son classeur après avoir ajouté un petit dessin.
- la correspondance scolaire avecMadagascar Un moyen idéal pour prendre conscience qu'à 19 heures d'avion de chez soi, on vivait tout autrement qu'en Suisse ! disait la revue pédagogique romande. J'ai tenté ce projet avec les élèves qu'avait ma soeur à Majunga. On a beaucoup écrit, on a peu reçu ! La différence était trop grande et les envois trop chers, surtout pour les Malgaches. On a abandonné et on s'est tourné vers une classe du Jura. Surprise: même à 100 km à vol d'oiseau, il y avait bien des différences ...
- les heures de sport dans la nature On n'avait pas de halle de sport, pas de terrain aménagé. Alors on en a débroussaillé un en forêt et après 10 minutes de marche et course alternées, on pouvait jouer au foot sur une surface convenable. En hiver, changement de programme ! on portait nos skis au sommet de la colline et descendions "tout schuss" jusqu'à l'école. Juste le temps de faire une descente pendant la récréation ! une seule ! Auparavant il avait fallu se débrouiller pour fournir des skis aux élèves qui n'en avaient pas. Je me suis fait connaître dans la région comme un acheteur de skis de 2e main. Et je m'étais installé pour les remettre en état (limage et fartage).
- le début de chaque saison en musique portée par les arts plastiques Les 4 Saisons de Vivaldi sur un tourne-disque, des projections de peintures de grands maîtres et des poèmes à écouter, à dire, à réciter sur le fond musical. (Merci à Pierre Seghers pour son Livre d'Or de la Poésie française !) C'était un matériel rudimentaire, mais qui suffisait - pour l'époque - à créer l'émotion.
- la compréhension de la structure de la phrase par une analyse visuelle Premiers essais qui se poursuivront en se développant pendant l'époque suivante. J'essayerai de vous raconter tout ça ... sans trop vous barber.
Le bâtiment avait un appartement de fonction de 4 pièces et demie au 1er étage et deux classes au rez de chaussée. On n'avait qu'une volée de marches à parcourir. Quel gain de temps ! Mone enseignait dans la classe des cours inférieurs et moi dans l'autre aux cours supérieurs composés d'une vingtaine de garçons et de filles très très très sympathiques.
Pourquoi parler d'époque en duo ? Parce qu'on était tous les deux intéressés par les nouvelles méthodes d'enseignement et qu'on en parlait beaucoup, on testait et on partageait nos découvertes, nos intuitions, nos réalisations. On discutait en duo, mais chacun enseignait seul maître à bord dans sa classe !
Quelques réalisations que j'ai mises en place pendant ces quatre ans grâce à l'aide de Mone :
- la rédaction de textes libres Deux fois par semaine, les élèves étaient invités à écrire un petit texte sur un sujet qu'ils choisissaient eux-mêmes. On vivait à la campagne et les histoires d'animaux étaient souvent choisies. Ensuite on proposait que quelques élèves lisent leur texte; les autres choisissaient celui qu'ils voulaient imprimer après l'avoir travaillé ensemble (style et orthographe) au tableau noir. Je le multipliais et le distribuais à chacun qui devait l'insérer dans son classeur après avoir ajouté un petit dessin.
- la correspondance scolaire avecMadagascar Un moyen idéal pour prendre conscience qu'à 19 heures d'avion de chez soi, on vivait tout autrement qu'en Suisse ! disait la revue pédagogique romande. J'ai tenté ce projet avec les élèves qu'avait ma soeur à Majunga. On a beaucoup écrit, on a peu reçu ! La différence était trop grande et les envois trop chers, surtout pour les Malgaches. On a abandonné et on s'est tourné vers une classe du Jura. Surprise: même à 100 km à vol d'oiseau, il y avait bien des différences ...
- les heures de sport dans la nature On n'avait pas de halle de sport, pas de terrain aménagé. Alors on en a débroussaillé un en forêt et après 10 minutes de marche et course alternées, on pouvait jouer au foot sur une surface convenable. En hiver, changement de programme ! on portait nos skis au sommet de la colline et descendions "tout schuss" jusqu'à l'école. Juste le temps de faire une descente pendant la récréation ! une seule ! Auparavant il avait fallu se débrouiller pour fournir des skis aux élèves qui n'en avaient pas. Je me suis fait connaître dans la région comme un acheteur de skis de 2e main. Et je m'étais installé pour les remettre en état (limage et fartage).
- le début de chaque saison en musique portée par les arts plastiques Les 4 Saisons de Vivaldi sur un tourne-disque, des projections de peintures de grands maîtres et des poèmes à écouter, à dire, à réciter sur le fond musical. (Merci à Pierre Seghers pour son Livre d'Or de la Poésie française !) C'était un matériel rudimentaire, mais qui suffisait - pour l'époque - à créer l'émotion.
- la compréhension de la structure de la phrase par une analyse visuelle Premiers essais qui se poursuivront en se développant pendant l'époque suivante. J'essayerai de vous raconter tout ça ... sans trop vous barber.
Je dis un peu ce que je fais, je fais tout ce que je dis.
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Re: ZZZzzzzz Ronpichhhhh ... ZZZzzzzz Ronpichhhhh ...
L'époque en duo de 67 - 71 à Bonnefontaine (2)
Ai-je rencontré de Grands Hommes à Bonneau ? Oui et c'est étonnant car en y allant je pensais trouver un village retiré, peuplé d'hommes rudes vivant sans problème, un peu hors du temps. A ma surprise, j'ai rencontré des garçons et des filles qui ont fait par la suite une belle carrière. J'en cite quelques-uns de mémoire:
- S. J. est devenu instituteur comme moi. Il était méritant, car il habitait la ferme la plus éloignée du village. 30 minutes à pieds pour en descendre, au moins 45 minutes au retour. il n'y avait que rarement un tracteur pour le transporter !
- G. V. est devenu directeur de l'Ecole des Métiers, l'école qui organise les 2-3-4 années d'apprentissage des jeunes Fribourgeois. Une école indispensable !
- G. C. est devenu propriétaire du plus grand domaine agricole du village.
- E. C. est devenu gérant d'un LANDI, une entreprise de ventes de produits agricoles, aussi ouvert aux jardiniers. C'est ainsi que j'ai maintenu le contact.
- R. B. a créé une entreprise de ferblanterie, couverture et installations sanitaires et je l'ai souvent engagé pour faire des travaux chez moi. Ce qui nous permettait de nous revoir pour parler de sa carrière dans le foot amateur.
- J-F. T.est un cas particulier. Un jour sa mère m'a demandé, avec autorité, qu'il obtienne 5 de moyenne à la fin de l'année. Là je me suis senti chatouillé dans le mauvais sens ! J'ai pris son carnet et lui ai mis 5 à toutes les branches, même là où il aurait mérité 6, la note plus élevée. L'automne suivant il était inscrit dans une école privée. Ce que femme veut, Dieu le veut !
Oh la la ! il n'y a pas de filles dans cette liste
A cette époque, dans ce milieu, il était de tradition que les filles s'occupent d'abord de leurs (grands-)parents puis se mariaient. Comme je les connais, elles se sont bien intégrées dans ce rôle de services.
Il faudra attendre la génération suivante pour voir des filles s'orienter vers des carrières professionnelles.
Trois adultes restent dans mes souvenirs avec plus ou moins de bonheur.
- le grand-père A qui a passé ses vingt derniers étés au camping du Grau-du-Roi. Quand il est décédé, ses amis français sont venus placer une plaque commémorative sur sa tombe.
- Monsieur V qui a créé de toutes pièces l'entreprise de travail du bois la plus grande que je connaisse. Quand je vais chez mon médecin généraliste, formé à Montpellier (!) je dois traverser le parc de voitures des travailleurs. Il y en quasiment une centaine, dont 3 voitures françaises - des travailleurs qui ne rentrent que le vendredi soir en France. Monsieur V était connu pour aller plusieurs fois par année "aérer" l'appartement qu'il avait acheté à Rosas (Espagne).
- Monsieur Frédéric Dard qui s'est installé avec sa famille à Bonnefontaine au Domaine de l'Eau Vive. Il a fait des efforts pour s'intégrer en laissant tomber son aura internationale d'écrivain célèbre. En vain en ce qui me concerne, car je connaissais bien sa production de San-Antonio et ne les appréciais pas du tout. Il a eu deux initiatives qui ont touché la population:
1) la fontaine offerte à la commune de Bonnefontaine - qui n'en avait pas encore disait-il, ce qui n'était pas exact puisque chaque maison avait son puits. Chaque vendredi je parque ma voiture devant cette fontaine, ce qui me permet de revoir la maxime choisie et gravée dans la pierre par M. Dard : L'eau, c'est la vie
2) le voyage à Saint-Chef (sa paroisse d'origine) offert au choeur mixte dont j'étais l'organiste. J'ai joué sur l'orgue historique de l'église, un orgue situé à la sacristie, ce qui obligeait F le directeur à se mettre sur le côté pour donner les départs au choeur et à l'organiste !
Il manquait quelques notes à cet orgue, il n'était pas historique pour rien !
Ai-je rencontré de Grands Hommes à Bonneau ? Oui et c'est étonnant car en y allant je pensais trouver un village retiré, peuplé d'hommes rudes vivant sans problème, un peu hors du temps. A ma surprise, j'ai rencontré des garçons et des filles qui ont fait par la suite une belle carrière. J'en cite quelques-uns de mémoire:
- S. J. est devenu instituteur comme moi. Il était méritant, car il habitait la ferme la plus éloignée du village. 30 minutes à pieds pour en descendre, au moins 45 minutes au retour. il n'y avait que rarement un tracteur pour le transporter !
- G. V. est devenu directeur de l'Ecole des Métiers, l'école qui organise les 2-3-4 années d'apprentissage des jeunes Fribourgeois. Une école indispensable !
- G. C. est devenu propriétaire du plus grand domaine agricole du village.
- E. C. est devenu gérant d'un LANDI, une entreprise de ventes de produits agricoles, aussi ouvert aux jardiniers. C'est ainsi que j'ai maintenu le contact.
- R. B. a créé une entreprise de ferblanterie, couverture et installations sanitaires et je l'ai souvent engagé pour faire des travaux chez moi. Ce qui nous permettait de nous revoir pour parler de sa carrière dans le foot amateur.
- J-F. T.est un cas particulier. Un jour sa mère m'a demandé, avec autorité, qu'il obtienne 5 de moyenne à la fin de l'année. Là je me suis senti chatouillé dans le mauvais sens ! J'ai pris son carnet et lui ai mis 5 à toutes les branches, même là où il aurait mérité 6, la note plus élevée. L'automne suivant il était inscrit dans une école privée. Ce que femme veut, Dieu le veut !
Oh la la ! il n'y a pas de filles dans cette liste
Il faudra attendre la génération suivante pour voir des filles s'orienter vers des carrières professionnelles.
Trois adultes restent dans mes souvenirs avec plus ou moins de bonheur.
- le grand-père A qui a passé ses vingt derniers étés au camping du Grau-du-Roi. Quand il est décédé, ses amis français sont venus placer une plaque commémorative sur sa tombe.
- Monsieur V qui a créé de toutes pièces l'entreprise de travail du bois la plus grande que je connaisse. Quand je vais chez mon médecin généraliste, formé à Montpellier (!) je dois traverser le parc de voitures des travailleurs. Il y en quasiment une centaine, dont 3 voitures françaises - des travailleurs qui ne rentrent que le vendredi soir en France. Monsieur V était connu pour aller plusieurs fois par année "aérer" l'appartement qu'il avait acheté à Rosas (Espagne).
- Monsieur Frédéric Dard qui s'est installé avec sa famille à Bonnefontaine au Domaine de l'Eau Vive. Il a fait des efforts pour s'intégrer en laissant tomber son aura internationale d'écrivain célèbre. En vain en ce qui me concerne, car je connaissais bien sa production de San-Antonio et ne les appréciais pas du tout. Il a eu deux initiatives qui ont touché la population:
1) la fontaine offerte à la commune de Bonnefontaine - qui n'en avait pas encore disait-il, ce qui n'était pas exact puisque chaque maison avait son puits. Chaque vendredi je parque ma voiture devant cette fontaine, ce qui me permet de revoir la maxime choisie et gravée dans la pierre par M. Dard : L'eau, c'est la vie
2) le voyage à Saint-Chef (sa paroisse d'origine) offert au choeur mixte dont j'étais l'organiste. J'ai joué sur l'orgue historique de l'église, un orgue situé à la sacristie, ce qui obligeait F le directeur à se mettre sur le côté pour donner les départs au choeur et à l'organiste !
Il manquait quelques notes à cet orgue, il n'était pas historique pour rien !
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Re: ZZZzzzzz Ronpichhhhh ... ZZZzzzzz Ronpichhhhh ...
En relisant mon dernier message, je me rends compte que j'allais passer à la corbeille de l'oubli deux souvenirs
qui ont un rapport étroit avec la famille de Mone
aïe aïe aïe ...
1) Hildegarde, une tante de Mone, cultivait un potager extraordinaire dans son chalet de Bonnefontaine où elle se rendait lorsqu'elle en avait marre de son pied-à-terre en ville. N'attachant pas encore beaucoup d'intérêt pour le jardinage, (eh oui !!!) je ne l'ai pas rencontrée pendant ces 4 ans, d'autant plus que son chalet était en dehors de mes itinéraires habituels. Pourtant j'avais eu Ch son dernier enfant (donc le cousin de Mone) comme élève à l'école du Bourg pendant trois semaines. Il paraît que ces 3 semaines lui avait fait grand bien ... à moi aussi qui sortait d'une mononucléose infectieuse.
2) Do était le dernier frère de Mone. Il pataugeait à tel point dans le yaourt depuis quelques semaines (traduisez comme vous voulez ...) que ses parents décidèrent de le mettre une année dans ma classe pour le sauver de la banqueroute intellectuelle. Pris en mains par sa soeur et son beau-frère, il a de nouveau marché droit, repris goût à la vie et réussi son année.
Il rira bien si un jour il lit ce texto, mais c'est clair: j'ai rien dit, et j'ai tout dit quand même ...
Par la suite, avec A-M. sa femme ils ont tenu un domaine agricole dans la Broye, puis dans le Jura et ENFIN s'exilèrent en France où ils ont créé une belle entreprise agricole dans l'Ain.
1) Hildegarde, une tante de Mone, cultivait un potager extraordinaire dans son chalet de Bonnefontaine où elle se rendait lorsqu'elle en avait marre de son pied-à-terre en ville. N'attachant pas encore beaucoup d'intérêt pour le jardinage, (eh oui !!!) je ne l'ai pas rencontrée pendant ces 4 ans, d'autant plus que son chalet était en dehors de mes itinéraires habituels. Pourtant j'avais eu Ch son dernier enfant (donc le cousin de Mone) comme élève à l'école du Bourg pendant trois semaines. Il paraît que ces 3 semaines lui avait fait grand bien ... à moi aussi qui sortait d'une mononucléose infectieuse.
2) Do était le dernier frère de Mone. Il pataugeait à tel point dans le yaourt depuis quelques semaines (traduisez comme vous voulez ...) que ses parents décidèrent de le mettre une année dans ma classe pour le sauver de la banqueroute intellectuelle. Pris en mains par sa soeur et son beau-frère, il a de nouveau marché droit, repris goût à la vie et réussi son année.
Il rira bien si un jour il lit ce texto, mais c'est clair: j'ai rien dit, et j'ai tout dit quand même ...
Par la suite, avec A-M. sa femme ils ont tenu un domaine agricole dans la Broye, puis dans le Jura et ENFIN s'exilèrent en France où ils ont créé une belle entreprise agricole dans l'Ain.
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Re: ZZZzzzzz Ronpichhhhh ... ZZZzzzzz Ronpichhhhh ...
Ah, Frédéric Dard!!! contrairement à toi, j'ai beaucoup aimé lire ses San Antonio. Pas pour la littérature mais pour la grande fantaisie de ses histoires et son vocabulaire pas académique. Il m'a beaucoup amusée, surtout son compère BérurierMarcol a écrit : mar. 13 janv. 2026 20:02 L'époque en duo de 67 - 71 à Bonnefontaine (2)
Ai-je rencontré de Grands Hommes à Bonneau ? Oui et c'est étonnant car en y allant je pensais trouver un village retiré, peuplé d'hommes rudes vivant sans problème, un peu hors du temps. A ma surprise, j'ai rencontré des garçons et des filles qui ont fait par la suite une belle carrière. J'en cite quelques-uns de mémoire:
- Monsieur Frédéric Dard qui s'est installé avec sa famille à Bonnefontaine au Domaine de l'Eau Vive. Il a fait des efforts pour s'intégrer en laissant tomber son aura internationale d'écrivain célèbre. En vain en ce qui me concerne, car je connaissais bien sa production de San-Antonio et ne les appréciais pas du tout. Il a eu deux initiatives qui ont touché la population:
.......Marcol a écrit : mer. 14 janv. 2026 16:21
1) Hildegarde, une tante de Mone, cultivait un potager extraordinaire dans son chalet de Bonnefontaine où elle se rendait lorsqu'elle en avait marre de son pied-à-terre en ville. N'attachant pas encore beaucoup d'intérêt pour le jardinage, (eh oui !!!) je ne l'ai pas rencontrée pendant ces 4 ans, d'autant plus que son chalet était en dehors de mes itinéraires habituels.
Quelle erreur!!!!
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Re: ZZZzzzzz Ronpichhhhh ... ZZZzzzzz Ronpichhhhh ...
Une précision: j'ai aimé lire les San Antonio uniquement pendant les vacances avec les ami(e)s. Je lisais la première page recto-verso, je l'arrachais et la passais à mon voisin. Je lisais alors la deuxième page, la passais à mon voisin qui passait la sienne à son voisin, etc etc ... Débordements de rires garantisjardiniere31 a écrit : mer. 14 janv. 2026 18:43 Ah, Frédéric Dard!!! contrairement à toi, j'ai beaucoup aimé lire ses San Antonio. Pas pour la littérature mais pour la grande fantaisie de ses histoires et son vocabulaire pas académique. Il m'a beaucoup amusée, surtout son compère Bérurier
Quant à Bérurier, c'est la personne qui lui a vendu le domaine de l'Eau Vive ... ou alors c'est son frère
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