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bouture et clone
Publié : ven. 28 nov. 2008 17:22
par castor283KIN
A ma connaissance la bouture étant un clone reproduit fidèlement la plante mère
Or des amies disent avoir réalisé des boutures de rosiers et géraniums et avoir obtenu des teintes différentes de la plante mère
Est-ce possible et si oui quelle peut en être la cause?
Merci de m'éclairer sur ce point
Re: bouture et clone
Publié : ven. 28 nov. 2008 17:57
par jardineuse-en-eure
Le sol, le pH, l'engrais, l'exposition... sont autant de facteurs influençant le colori. En fait, le colori n'est pas "figé" dans l'ADN
Par exemple : un sol naturellement riche en magnésium et phosphore produira des fleurs très parfumées et d'un colori assez soutenu.
A contrario, un sol enrichi (par engrais, fumure...) de magnésium et de phosphore produira des fleurs un peu plus grandes, colorées et parfumées qu'elles ne l'auraient été sans engrais.
Si tu ne met rien plusieurs années de suite.... tu constatera le colori "réel" de la plante. Parfois même il peut évoluer sur la plante elle même (même la mère !).
Par exemple : Mme A. Meilland a donné naissance accidentellement a Chicago peace... a cause d'un "spore" défaillant !
Le rosier Black baccara est quasiment noir a mi-ombre, mais il rougit jusqu'a ressembler (a s'y méprendre !) a Papy meilland quand il est planté au soleil...
Par ailleurs, j'ai remarqué des variations de couleurs d'un rosier Elle (planté en Or brun) a un autre rosier Elle (planté en sol argilo siliceux) ! Pourtant greffés par le producteur, j'en ai un qui est plutot corail alors que l'autre est plutot cuivré au début de l'été puis, ils virent a l'automne, le premier devenant cuivré et le second corail...
Y'a pas de mystère, que de la chimie / biologie
Et pi, après tout, est ce si grave ?

Re: bouture et clone
Publié : ven. 28 nov. 2008 18:07
par pascual
Outre la modification de la quantité et de la qualité des pigments liée aux facteurs externes (hortensias bleus ou roses par exemple), on peut également avoir de vraies variations internes : même dans des conditions de culture identiques la bouture sera distincte de la mère.
Chez les végétaux la croissance se fait au niveau des méristèmes. Ces méristèmes sont des amas de cellules indifférenciées : les organes ne seront définis que plus tard.
Cela signifie que si il y a une mutation (naturelle ou induite) dans un méristème, cette mutation pourra se retrouver dans n'importe quel organe issu de ce méristème, y compris les feuilles, fleurs, etc. Lorsque cela arrive, on obtient ce que l'on nomme un "sport", c'est à dire une branche "mutée". Le propre des plantes par rapport aux animaux (qui eux ont un lignée germinale et une lignée somatique dès le début de la formation de l'embryon), c'est qu'un seul individu peut (en théorie) être composé d'un nombre infini de génotypes différents, à cause de son mode de croissance et de la malléabilité de la différentiation cellulaire.
Il peut arriver que la mutation ne touche qu'une partie du méristème. On obtient alors une "chimère" : deux génotypes différents coexistent dans la même branche, le même fruit, etc. Selon la répartition des génotypes et la croissance de la plante, l'une d'elles peut disparaitre, réapparaitre, etc.
Par exemple la ronce sans épines 'Thornless evergreen' est une chimère : l'épiderme porte le gène "pas d'épine", tandis que la moelle et les racines portent le gène "épines". Donc les rameaux n'ont pas d'épines, mais par contre les drageons sont souvent épineux (selon l'origine du bourgeon qui leur a donné naissance).
Bref, la bouture reproduit effectivement la mère à l'identique sur le plant génétique. Par contre elle ne reproduit pas l'ensemble de la mère, mais uniquement la partie prélevée : si il s'agit d'un sport alors la bouture sera différente du pied-mère.
Dans quelques cas particuliers, le bouturage induit un stress qui peut lui-même favoriser l'apparition et la fixation de mutations. C'est particulièrement visible avec le micro-bouturage "in vitro", qui peut donner des résultats totalement différents du plant mère chez certains genres (camellia par exemple).
Re: bouture et clone
Publié : ven. 28 nov. 2008 19:05
par mika49
juste une petite anécdote personnelle ,il m'est arrivé d'obtenir un troëne "normal" à partir d'une bouture de troëne panaché.
J'avais d'ailleurs été bien surpris à l'époque.
Mika
Re: bouture et clone
Publié : ven. 28 nov. 2008 20:42
par amaryllid
Mika, c'est fréquent d'obtenir un rameau de feuillage normal sur une plante panachée. Les "mutations réverses" de ce type ne sont pas rares, au contraire des sports en général.
Re: bouture et clone
Publié : sam. 29 nov. 2008 0:57
par Lionnel
Salut
Un exemple fréquent est un cultivar panaché d'érable,
Acer negundo dont je ne me souviens plus du nom exact, qui, greffé sur un arbre type, dégénère souvent en quelques années et revient au type. Et ce phénomène n'a pas l'air de se produire à cause d'une greffe mal faite, mais bel et bien parce qu'une branche, puis une autre, et ainsi de suite mutent pour perdre le caractère de la greffe panachée.
L'explication de pascual est très intéressante.
Lionnel
Re: bouture et clone
Publié : sam. 29 nov. 2008 10:56
par jardineuse-en-eure
Je crois qu'on a terrifié castor... il ne reviens plus

Re: bouture et clone
Publié : sam. 29 nov. 2008 11:47
par castor283KIN
jardineuse-en-eure a écrit :Je crois qu'on a terrifié castor... il ne reviens plus

J'arrive juste sur le site
Merci pour toutes vos réponses qui m'éclairent enfin sur le sujet!
Malgré la consultation des sites jardins et des livres sur les boutures,je n'avais jamais trouvé d'explication valable sur cette particularité
A propos du forum,je suis débutante et certainement maladroite
A bientôt pour de nouveaux conseils
Re: bouture et clone
Publié : sam. 29 nov. 2008 20:12
par Nicole37n
Très intéressantes, toutes ces explications, merci à tous...