plantation en motte

De part leur culture contraignante et difficile, les érables du Japon méritent leur propre forum
opusoculi
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Re: plantation en motte

Message par opusoculi »

Helfrider a écrit : jeu. 03 déc. 2020 20:04 Merci à tous pour ce post intéressant, j’y apprends beaucoup de choses car je n’y connais rien en tontines. Samuel pose les bonnes questions et cela servira à tous ceux qui nous lisent.
Je vais peut être acheter un érable chez un particulier au printemps, l’arracher de terre, je peux le re planter comme ça ou ça serait mieux de trouver cette toile et essayer de faire une tontine sois-même ?
L’arracher et le planter comme ça me parait risqué ... Cela dépend du sol de sa capacité à faire une motte qui tienne.

La toile de jute est vendue au mètre et en grande largeur ; il faut chercher.

Tout dépend aussi de l’importance du sujet à déterrer.
Réaliser une tontine suppose de creuser largement (vraiment très large) autour de l’arbre à enlever;
de façon à mettre les pieds dans une tranchée, ce qui permet les manipulations, en particulier passer sous la motte.
La difficulté principale est de creuser dessous la motte pour la dernière séparation, là on transpire ...
Pour un arbre important il faut doubler la toile de jute avec du grillage car sortir la motte de son trou risque la casser en 3 ou 4 gros morceaux qui
en se séparant arrachent les racines qui sont dedans.
Ne pas tenter de sortir la motte tant qu’elle n’est pas solidement emballée. Ne pas hésiter à l’entourer de cordes qui vont peut-être bouger mais aideront pour remonter hors du trou.
Faire une tontine solide la 1°fois, c’est pas gagné. Quand il faut passer le tissus dessous, on comprend alors la difficulté, il faut faire basculer.
Enfin là on peut boire un coup !

Ensuite il faut la remonter sur le bord de l'excavation. Prévoir 2 planches peut aider, un madrier comme levier aussi.
Si on a des amis musclés, ça va. Mais il faut parfois calmer leur impétuosité, leurs bras déployant leur force oublient que leurs épaules cassent les branches... Après il faut hisser le tout dans un véhicule. Le descendre à l’arrivé est plus facile, faire glisser sur 2 planches.

Enfin voyez, comme occasion d’avoir un bon moment entre amis avec gueuleton à la clé, ça marche !

Il existe une variante qui consiste à préparer l’arbre une année et de l’enlever quelques mois ou une année après. L’arbre a alors fait de nouvelles racines dans la motte et cette-ci est devenue plus solide.
J’ai fait ça il y a 40 ans dans les bois pour des grands alisiers.
Mes érables , printemps automne 2019. http://jalbum.net/a/1973986
Année 2018. http://jalbum.net/a/1974352
Helfrider
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Re: plantation en motte

Message par Helfrider »

Merci à tous les deux pour les explications et précisions.
Oui c’est un gros bébé, un dissectum d’une quinzaine d’années. C’est pas loin de chez moi, dans une terre assez argileuse.
Helfrider
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Re: plantation en motte

Message par Helfrider »

samuel8 a écrit : jeu. 03 déc. 2020 18:20 Ok, alors c'est ce que je ferai.
Après cette première année, à l'automne prochain, j’entretiens chaque année en remettant un peu de terreau sur le dessus avec un peu de paillis potager or brun ou après cette année, on laisse tranquille et on ne met plus rien ?
En tous cas, pour être clair pour ceux qui nous lisent, il n'y a plus besoin de mettre de l'engrais (hormis peut être de la potasse à l'automne ou le fertilisant or brun dont tu parlais), l'arbre doit se débrouiller tout seul en pleine terre.
J’ai un peu coupé le fil de Samuel et je m’en excuse, je remets ici sa dernière question qui n’a pas été répondue.
opusoculi
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Re: plantation en motte

Message par opusoculi »

@samuel. Pas d’autre apport cette année. Les 5 années suivantes entretenir avec quelques poignées d’Or Brun au début du printemps.
Helfrider a écrit : jeu. 03 déc. 2020 21:25 Merci à tous les deux pour les explications et précisions.
Oui c’est un gros bébé, un dissectum d’une quinzaine d’années. C’est pas loin de chez moi, dans une terre assez argileuse.
La terre argileuse tient assez bien en motte. La motte d’un Acer de 15 ans ne rentre pas dans le coffre d’une voiture, il vaut mieux prévoir une remorque.
N’oublie pas de poster quelques photos, des racines particulièrement.

Note:
Les Acer en motte et tontine proposés par les pépiniéristes ont étés transplantés au moins une fois, de façon à ce que les ramifications des racines soient plus nombreuses et proches du tronc.
Mes érables , printemps automne 2019. http://jalbum.net/a/1973986
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Re: plantation en motte

Message par acerarno »

opusoculi a écrit : ven. 04 déc. 2020 1:06
Note:
Les Acer en motte et tontine proposés par les pépiniéristes ont étés transplantés au moins une fois, de façon à ce que les ramifications des racines soient plus nombreuses et proches du tronc.
Il faut croire que ce n'est pas une règle établie. Car, là où je travaille et dans les pépinières alentours, les érables ne bougent pas du moment de la plantation (en jeune plant) jusqu'à l'arrachage.
Je ne dis pas que c'est une bonne façon de faire mais c'est un fait.
Le tontinage n'intervient qu'à l'arrachage.
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Re: plantation en motte

Message par Barto »

Bjr
oui la motte ( terre ) doit rester en état
Déposez l'arbre sorti du conteneur ou la motte encore dans sa tontine, au bon niveau par rapport au sol. Coupez le lien de la tontine et retirez la délicatement. Rebouchez le trou en comblant avec la terre extraite du trou initialement. Tassez sans forcer et formez une cuvette.
et encore
Lors de la transplantation, il faudra retirer cette tontine, une fois l'arbre ou arbuste placé dans le fond du trou de plantation, . Dénouer seulement le lien une fois l'arbre ou l'arbuste mis en place. Ensuite, remettre de la terre autour de la motte dans le trou de plantation afin de la reboucher. La tontine va se dégrader avec le temps pour finir par disparaître.
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Re: plantation en motte

Message par Misologue1 »

Il ne faut pas conserver la tontine une fois l'Acer placé dans son trou de plantation, même si celle-ci est en toile de jute ! La tontine ne sert qu'au transport. De même, moins de transplantation et moins de stress : une seule est largement suffisante ! Esveld procède ainsi, Fontin, Choteau, Dick van der Matt aussi, (enfin la retraite !). C'est une erreur préjudiciable à la bonne reprise car elle va gêner, voire empêcher, la croissance et le développement normal du système racinaire : un Acer n'est pas un arbre fruitier et la morphogenèse racinaire est très sensible à son environnement souterrain proche ou lointain ! Sans des connaissances solides sur les corrélations entre les deux systèmes souterrain et aérien, la pratique est réduite aux préjugés ordinaires : non, la tontine ne se dégradera pas aussi vite qu'on vous le dit, elle peut rester plusieurs années en l'état, et elle va provoquer un phénomène d'anoxie et, pire encore, l'obstacle peut provoquer une inhibition de la croissance sur les racines principales (les différents pivots : système racinaire traçant et en cœur chez les Acer...), provisoire dans ce cas une fois l'obstacle supprimé, mais beaucoup plus long sur les racines secondaires... Les conditions édaphiques du sol (température, humidité - environnement " mi-sec " ???? -, oxygène, nature physique et chimique, obstacle...) sont primordiales ! Par exemple, plus le système racinaire secondaire était lent à l'origine et plus la régénération en milieu défavorable sera lent... non, la tontine n'aidera pas à évacuer l'eau, elle ne peut pas remplacer un substrat à la bonne granulométrie...
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Re: plantation en motte

Message par samuel8 »

Sympa Helfrider d'avoir remis ma question sur le fil.
Intéressant et contradictoire ce que vous dites sur la tontine Misologue et Barto.
C'est vrai qu'en premier lieu, je me disais que le maillage de la tontine en jute laissera passer les racines mais que les petites, les grosses seront contenues un assez court moment.
Ce qui change la donne dans tout ça c'est le temps de dégradation de la toile de jute, si c'est rapide, il n'y a pas de problème, si c'est long, ça va à un moment être un frein à la croissance racinaire.
J'ai appelé Fontin, il dit en gros ce que dit Misologue, il dit que des fois la tontine peut mettre assez longtemps à se dégrader et faire végéter l'arbuste (il disait qu'il avait déjà vu sur un Gingko une tontine en jute encore en bon état plusieurs années après la plantation. J'imagine qu' il doit y avoir les conditions, le sol et la qualité du matériau qui jouent aussi sur la longévité de la tontine). Il disait, pas besoin d' enlever le grillage en fil recuit autour de la motte mais qu'il vaut mieux enlever, ou mettre des coups de cutter dans la tontine en jute pour l'enlever sur le haut et côté de la motte, ce n'est pas grave si elle reste sous la motte dans le cas où l'arbre a déjà été positionné dans son trou.
Il y a des manières de faire en culture et des avis contradictoires, c'est intéressant de les partager et d'en débattre.
Dernière modification par samuel8 le ven. 04 déc. 2020 19:16, modifié 1 fois.
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Re: plantation en motte

Message par y0y0 »

Très intéressant ce fil de discussion. Après quelques recherches sur internet on se rend vite compte que c'est un sujet à contradictions.

Le pépiniériste a-t-il recommandé une taille quelconque afin d'équilibrer les systèmes aériens et souterrains ?
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Re: plantation en motte

Message par christelle68 »

si vous êtes sur FB Nova plants à mis en ligne une vidéo pour montrer un rempotage et l'arrachage d'un érable de Plus d'1 m qui explique bien comment faire la motte .
https://www.facebook.com/16277283774389 ... 6348247714
Nord Ardèche, 700 m d'altitude à la frontière de la Loire et Haute Loire.
acerarno
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Re: plantation en motte

Message par acerarno »

Ouvrir la tontine peut parfois être pire que la laisser . Si la motte s'éclate , on a tout gagné . La toile de jute sur la photo n'a pas une maille très serrée . Les racines passeront facilement.
reggy
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Re: plantation en motte

Message par reggy »

Pour en avoir parlé avec un Pépiniériste, la garantie de reprise ne vaut pas si la tontine a été enlevée. Et souvent c'est la première chose qu'ils demandent au client....Paramètre a prendre en compte donc.
samuel8
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Re: plantation en motte

Message par samuel8 »

Bon à savoir Reggy.
J'ai labouré autour de l'érable et mélangé un peu de terreau avec, j'en ai répandu aussi tout autour .
Je mettrai prochainement du paillis du potager.
J'ai fait un petit compromis avec ce qui avait dit dernièrement, j'avais accès à une partie de la motte facilement et comme le grillage tiens déjà bien la motte, j'ai mis quelques coups de cutter sur la toile de jute autour de la motte (pas au dessus , pas au dessous), entre les grandes mailles de la motte grillagée.
La toile de jute tiens encore très bien la motte mais j'ai fait quelques trous pour que des racines latérales puissent se frayer un chemin plus facilement.
J'espère que c'est un bon compromis.
Ça ne vaut pas grand chose ce que je vais dire, juste une impression, mais la motte était bien humidifiée avec les grosses pluies d'hier, la fibre est bien grossière, elle m'a donné l'impression qu'elle allait se relâcher et se désagréger assez rapidement. Mais bon, c'est juste une impression.
Dernière modification par samuel8 le ven. 04 déc. 2020 21:18, modifié 1 fois.
samuel8
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Re: plantation en motte

Message par samuel8 »

y0y0 a écrit : ven. 04 déc. 2020 17:38 Très intéressant ce fil de discussion. Après quelques recherches sur internet on se rend vite compte que c'est un sujet à contradictions.

Le pépiniériste a-t-il recommandé une taille quelconque afin d'équilibrer les systèmes aériens et souterrains ?
Je crois que oui mais je ne suis pas sûr, je m'en souviens pas bien. Mais c'est bienvenu, d'équilibrer la ramure de l'arbre au printemps suivant après l'arrachage et la taille forcée de certaines racines.
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Re: plantation en motte

Message par Misologue1 »

samuel8 a écrit : ven. 04 déc. 2020 21:15
y0y0 a écrit : ven. 04 déc. 2020 17:38 Très intéressant ce fil de discussion. Après quelques recherches sur internet on se rend vite compte que c'est un sujet à contradictions.

Le pépiniériste a-t-il recommandé une taille quelconque afin d'équilibrer les systèmes aériens et souterrains ?
Je crois que oui mais je ne suis pas sûr, je m'en souviens pas bien. Mais c'est bienvenu, d'équilibrer la ramure de l'arbre au printemps suivant après l'arrachage et la taille forcée de certaines racines.
Non, surtout pas, ne pas tailler un Acer après sa transplantation, il va avoir besoin de toutes ses feuilles pour régénérer son système racinaire !!! Dans un an, voire deux ans, s'il est lent à se remettre de ce traumatisme... A la rigueur, juste une toute petite taille d'éclaircissement à l'intérieur du houppier. Surtout ne pas toucher aux charpentières à la base desquelles se trouvent les principales réserves. Encore une fois, vous devez posséder des connaissances solides sur la morphogenèse racinaire des Acer pour décider des opérations à faire et non vous livrer aveuglément aux préjugés de soi disant " pro " qui n'ont en vue que leur intérêt... Vous devez savoir que chez les Acer (les études manquent malheureusement concernant les différences entre cultivars...), c'est la température du sol, toujours légèrement supérieure à celle de l'atmosphère, qui détermine d'abord la régénération des racines : celles-ci commencent donc à s'allonger un peu avant le débourrement grâce aux réserves. Et cette croissance va se poursuivre le reste de l'année de manière plus ou moins cyclique, en fonction des ressources hydriques (un milieu humide constant est indispensable aux Acer, mais jamais détrempé, une grosse nuance difficile à bien mettre en pratique...). L'automne est une période importante pour la pousse des racines avec les étés caniculaires que nous connaissons maintenant, voilà pourquoi il faut planter à cette période bien plus qu'au printemps... Or, si une taille importante intervient au printemps (juste avant ou au moment du débourrement) au niveau des bourgeons terminaux, les racines stoppent leur développement (perte du contrôle apical et inhibition du transport des phytohormones). Ensuite, les feuilles jouent un rôle important chez les Acer, même en présence de réserves glucidiques, car les différentes synthèses sont essentielles bien plus que les réserves et elles ne peuvent se faire que si l'arbre possède une bonne biomasse. En réalité, c'est un savant équilibre entre le système hormonal, lui-même dépendant des réserves en dormance (importance des charpentières et du houppier), et la photosynthèse, qui assure la croissance et le développement du système racinaire. Le système racinaire ne croît pas de façon régulière, ni également sur toutes ses parties : il y a alternance entre les parties en fonction des corrélations endogènes (toute taille a donc des effets !), mais aussi des conditions thermiques et hydriques, et surtout du sol (nature physique et chimique, obstacles...).
reggy
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Re: plantation en motte

Message par reggy »

Bonjour Misologue,
Est ce que cela vaut aussi lors d’un rempotage selon toi?
Pas de taille après rempotage?

J’ai aussi pour habitude de rempoter en automne mais principalement pour les sujets ayant beaucoup de racines en bordure du pot. Cela permet de les protéger des grands froids lorsqu’elles sont emmitouflées dans leur nouveau substrat, dans le pot plus grand. Dans nos régions septentrionales c’est sûrement un paramètre qui doit plus compter qu’ailleurs.
Reste du coup à faire attention au trop plein de pluie hivernale.
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Re: plantation en motte

Message par Misologue1 »

reggy a écrit : sam. 05 déc. 2020 8:47 Bonjour Misologue,
Est ce que cela vaut aussi lors d’un rempotage selon toi?
Pas de taille après rempotage?

J’ai aussi pour habitude de rempoter en automne mais principalement pour les sujets ayant beaucoup de racines en bordure du pot. Cela permet de les protéger des grands froids lorsqu’elles sont emmitouflées dans leur nouveau substrat, dans le pot plus grand. Dans nos régions septentrionales c’est sûrement un paramètre qui doit plus compter qu’ailleurs.
Reste du coup à faire attention au trop plein de pluie hivernale.
Hello Reggy !

Objectivement, un rempotage peut avoir lieu à n'importe quel moment de l'année (hors période de gel évidemment) s'il est fait dans les " règles de l'art ", c'est-à-dire si l'opération respecte les besoins de l'arbre (drainage, oxygénation du substrat, nature physique et chimique du sol, amendement, etc...) et si l'environnement est favorable à sa santé (aoûtement, conditions phytosanitaire). " Déranger " les racines (les démêler délicatement, déchignoner, les réorienter dans la bonne direction) n'est jamais un problème si la plante est en bonne santé et vigoureuse. Dans ce cas, la taille du système aérien est envisageable, si les réserves sont importantes. En revanche, tailler les racines ou les casser par des gestes trop violents, trop rapides ou saccadés, est une opération qui n'est jamais anodine et qui provoque des réactions souvent imprévisibles, même si nous connaissons assez bien aujourd'hui les mécanismes de réponses aux contraintes. La taille du système aérien est beaucoup plus délicate dans ce cas...

Quels sont les effets de la taille sur le système racinaire, en général d'abord, et en particulier lorsque l'Acer rencontre un obstacle comme les limites du pot ?

Les Acer produisent un certain nombre de catégories racinaires (types morphologiques, anatomiques et fonctionnels), qui s'organisent selon un ordre précis dans le système ramifié. Chaque catégorie se caractérise par une combinaison de propriétés qui lui sont propre et la différencie des autres composants de l’enracinement (il faudrait écrire un long article sur ces mécanismes...). Certaines contraintes du sol ou imposées par les pratiques culturales viennent perturber la forme de l’enracinement. Le milieu pédologique est naturellement hétérogène et source de contraintes et cela est encore plus vrai dans cet environnement artificiel qu'est un pot ou un container : le substrat est soumis à des modifications brutales, répétées ou aléatoires, de ses propriétés (température, compacité, teneur en eau, oxygène, matières minérale et organique, éléments grossiers, etc...). Toutes ses perturbations sont la cause d'altérations du fonctionnement des racines, mais aussi de leur adaptabilité et de leur plasticité.

Première règle : toute racine, par l'intermédiaire de son méristème terminal, exerce un contrôle apical sur l'élongation de ses ébauches latérales en cours de formation. Si l'on taille les racines principales ou ses différents pivots, une croissance aura lieu sur les ébauches des racines latérales. Elles auront un développement identique à celui qu’a perdu la racine défaillante qui la génère. Le devenir d’une racine latérale est donc conditionné par l’état de développement du système qui lui donne naissance et corrélé à sa localisation dans ce système racinaire.

Seconde règle : tailler les racines latérales provoque un phénomène de fourchaison : il faut tailler à la fois le pivot et ses racines latérales pour provoquer une régénération sur chaque type racinaire de l’équivalent de la portion amputée.

Troisième règle : comme pour le système aérien, l’âge physiologique conditionne le potentiel de développement des formations latérales. L’âge chronologique vient en moduler les possibilités d’expression : pour un âge physiologique donné, plus la portion concernée est âgée chronologiquement, plus le processus de régénération (remplacement à l’identique de la portion amputée) est long, voire retardé, même si la vitesse d’allongement de la racine née de l’amputation reste élevée. La taille sur portions âgées ne rajeunit pas le système et ne permet en aucun cas un retour en arrière dans la séquence de développement.

En cas d’amputation, les ébauches les plus jeune, adoptent un comportement similaire à celui de la racine sectionnée. Plus elles sont âgées moins cette transformation est possible, plus leur état est irréversible.

Enfin, quatrième règle : La stimulation de croissance des racines latérales est synchrone avec le ralentissement induit par la résistance que rencontre la racine principale contre l’obstacle. Dès que l’environnement est homogène, la croissance revient à la normale. La rencontre d’un obstacle provoque un ralentissement de l’allongement et un affaiblissement ponctuel de la dominance apicale qui se répercute sous la forme d’une " stimulation temporaire " et localisée de l’allongement des racines latérales situées dans la zone d’arrivée sur la contrainte.

Or, les racines de " remplacement " ont un comportement de croissance modulé par la position et l’âge de sa zone d’émergence sur la racine amputée. La racine latérale stimulée (préformée) émerge plus tôt que la racine de régénération (néoformée). Elle conserve plus longtemps ses caractéristiques. La racine de régénération, plus lente à émerger, montre nettement plus tôt un comportement proche de celui de la racine amputée. Mais plus la zone de taille est ancienne, plus le temps nécessaire à la racine de régénération pour devenir verticale est long, moins sa vitesse d’allongement est élevée. Le délai d’obtention d’une régénération conforme à la portion amputée augmente donc avec l’âge chronologique de cette dernière. Il y a altération progressive pouvant déboucher sur la perte définitive des aptitudes de régénération au cours du vieillissement de l’organe.

Ainsi, la taille répétée accélère le vieillissement de l’organe et lui fait perdre prématurément son potentiel de croissance et développement initial. En bref, et pour répondre à la question, le développement racinaire s’inscrit dans une morphogenèse déterminée (croissance, ramification, différenciation). Le méristème terminal de chaque racine exerce sur les ébauches de racines latérales en cours de formation une dominance apicale qui définit leur potentiel de développement. La dominance apicale est donc le support d’expression de la hiérarchie au cours du développement racinaire, et altérer cette dominance a des effets provisoires ou définitifs. En règle générale, sa disparition est temporaire jusqu’à la régénération de l’organe amputé. Or, en l’absence d’ébauches programmées (notion de vigueur d'origine génétique, comme pour les bourgeons dormants des tiges...), il est facile de constater que les racines montrent de grandes difficultés de régénération. Ces difficultés sont d’autant plus importantes que la taille a lieu sur des organes âgés, de gros diamètre et de manière répétée. Même si l’allongement initial des racines situées au niveau de la blessure est vigoureux, et ce d’autant plus que la portion sectionnée est de gros diamètre, la régénération complète (dans sa forme et sa fonction) peut être fortement différée voire impossible à réaliser.

En résumé : système racinaire et système aérien sont en corrélation. En règle générale, la régénération des racines suit la logique d'une réitération traumatique, commune avec le système aérien : les racines amputées reprennent la séquence de développement à l'endroit où elle a été arrêtée. Mais c'est l'âge de la plante qui est déterminante ainsi que la quantité de racines détruites : la reprise sera d'autant plus difficile, voire impossible, que l'arbre aura un âge chronologique et ontogénique avancé. Plus le nombre de racines sectionnées est important a proximité des racines principales et plus une concurrence féroce va avoir lieu pour s'emparer de la dominance apicale laissée vacante, ce qui va produire de nombreux rejets autour de la blessure sans garantie pourtant d'une reprise conforme à la partie amputée : sans raison " apparente ", l'arbre va dépérir... Enfin, la rencontre avec des obstacles (limites du pot, tontine trop solide, nature physique du sol, déficit hydrique, etc...), va aggraver et exacerber la difficulté de reprise en bloquant la sélection des rejets (trop nombreux) destinés à reprendre le contrôle apicale nécessaire pour restaurer la hiérarchie initiale... Comme déjà dit dans le message précédent, se sont les réserves stockées dans les parties aériennes qui vont d'abord servir de nourriture pour régénérer les racines. Puis se sont les feuilles après débourrement qui vont prendre le relais et apporter les glucides nécessaires à leur croissance. Au cours de la saison, un rythme va alors s'installer entre croissance du système aérien et croissance du système racinaire, le développement de l'un inhibant plus ou moins le développement de l'autre...
Dernière modification par Misologue1 le sam. 05 déc. 2020 15:39, modifié 7 fois.
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Re: plantation en motte

Message par Daniel d'Aillon »

Bonjour

j'ai parcouru avec intérêt les remarques de Mysologue, auxquelles il y a si peu à ajouter. Si seulement nécessaire...
Plus le plant est jeune, moins il y a de problème...
Rappelons en cas de racines nues, voire lors d'un accident de la motte, la nécessité de procéder à un habillage des racines et voir le pourquoi...
Et rappelons l'emploi d'un sécateur, à la lame bien aiguisée, ...
Lequel outil a un sens: la lame qui coupe doit être du côté de la plante...
Le côté crochet ayant tendance à écraser les canaux, est réservé à la partie à enlever...
à plus
Humour :
Si on vous dit que votre cerveau est comme un emmental, profitez des trous pour prendre un peu d'air.
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Re: plantation en motte

Message par Tomasan »

TRÈS intéressant misologue !
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Daniel d'Aillon
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Re: plantation en motte

Message par Daniel d'Aillon »

Je reviens compléter suite au dernier paragraphe de Mysologue qui corrigera si bon lui semble :
D'où l'intérêt de planter à l'automne quand le terrain est encore chaud.... Les racines étant encore actives. Mais et c'est cela qui est important, elles ne sont plus nourricières... Délivrées de leur fonction d'intendance.

Aparté:
Selon le livre d' Ernst Zucker et d'autres études, 98 % de la matière de l'arbre provient de l'atmosphère, H, C, O, qui servent à fabriquer des sucres cellulose hemicellulose et lignine. Le sol sert surtout d'ancrage, d'apport en eau, et des rares autres nutriments nécessaires.

Revenons aux racines :
En revanche , ne pas planter à l'automne dans un terrain qui serait l'hiver durant, mal drainé. Les racines ont toutes les chances de pourrir.
La hiérarchie des bourgeons, des branches, etc, qui est valable au dessus du sol l'est aussi dessous.
N'oublions pas la symbiose ou complémentarité racines fungi. (mycorhize)
Je le résume comme ça.
A vous...
Humour :
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Re: plantation en motte

Message par Misologue1 »

Daniel d'Aillon a écrit : sam. 05 déc. 2020 15:48 Je reviens compléter suite au dernier paragraphe de Mysologue qui corrigera si bon lui semble :
D'où l'intérêt de planter à l'automne quand le terrain est encore chaud.... Les racines étant encore actives. Mais et c'est cela qui est important, elles ne sont plus nourricières... Délivrées de leur fonction d'intendance.

Aparté:
Selon le livre d' Ernst Zucker et d'autres études, 98 % de la matière de l'arbre provient de l'atmosphère, H, C, O, qui servent à fabriquer des sucres cellulose hemicellulose et lignine. Le sol sert surtout d'ancrage, d'apport en eau, et des rares autres nutriments nécessaires.

Revenons aux racines :
En revanche , ne pas planter à l'automne dans un terrain qui serait l'hiver durant, mal drainé. Les racines ont toutes les chances de pourrir.
La hiérarchie des bourgeons, des branches, etc, qui est valable au dessus du sol l'est aussi dessous.
N'oublions pas la symbiose ou complémentarité racines fungi. (mycorhize)
Je le résume comme ça.
A vous...
Intéressant ! Chez les Acer, l’automne et le début de l’hiver (de plus en plus retardée avec le réchauffement climatique…) sont la période de reconstitution des substances de réserves : glucides (amidon surtout, l’hémicelluloses, mais aussi des sucres solubles comme le glucose, le fructose, le saccharose…), lipides (triacylglycérols et galactolipides), acides aminés et protéines (arginine, proline, l’uréide). Donc, non seulement les racines poursuivent ou reprennent, après un été contraignant, leur allongement sous l’effet des facteurs externes (conditions climatiques favorables : température et hygrométrie) et internes (absence ou retard de la dormance physiologique des bourgeons), mais leur activité est cruciale pour reconstituer les réserves pendant cette période. Sur le seul critère de la teneur en hydrate de carbone, les racines sont même la principale zone de réserve : toutes les parties de l’arbre participent, à un moment ou à un autre, au stockage des réserves, mais les racines présentent proportionnellement plus de cellules vivantes (parenchymateuses) que les branches et les tiges. Evidemment, l’âge de l’arbre détermine la masse totale de cellules vivantes capable d’emmagasiner ces réserves. Ainsi, transplanter un jeune Acer aura des effets bien plus importants pour sa reprise que dans le cas d’un Acer plus âgé ou adulte : pivots et charpentières (racines ligneuses pérennes) stockent jusqu’à 80 % des réserves impliquées dans la reprise chez un jeune arbre et les tailler en grande quantité est un traumatisme énorme ! Mais transplanter un arbre adulte n’a pas les mêmes conséquences, car l’importance de la biomasse aérienne explique que la plus grande partie des réserves se trouvent dans le tronc et les charpentières. D'où l'importance de ne pas les tailler.

En fait, il existe des seuils de sensibilité (minima et maxima) des racines dépendants d’une gamme déterminée de valeur des propriétés du sol (hygrométrie, température, richesse des nutriments, aération, résistance du sol, etc…), et les études démontrent qu’en dehors des pics de croissance du printemps et du début de l’été, certaines catégories de racines distribuées dans l’horizon racinaires (0 à 60 cm de profondeur), restent en activité et poursuivent leur croissance pendant l’automne, même si celle-ci est ralentie. Des accidents comme la défoliation (chaleur de l’été, grêle, maladie…) ont une incidence non négligeable sur la constitution des réserves en amidon dans les racines en automne et en hiver, alors qu’un déficit hydrique non du fait de la photosynthèse maintenue.

Vous avez raison : il y a une similitude morphologique et fonctionnelle entre le système racinaire et aérien : parce qu'elles apparaissent en petits nombre, qu'elles sont pérennes, volumineuses, parce qu’elles explorent le milieu et déterminent la forme et le volume de l’enracinement, les racines charpentières d’exploration sont l’homologue du tronc et de ses branches maîtresses. Sur chacune des racines de cette charpente, des racines ligneuses caduques assurent la colonisation et l’exploitation du milieu tout comme les branches et leurs rameaux. Chaque racine ligneuse porte de nombreuses racines non ligneuses formant un appareil absorbant éphémère (le chevelu), homologue du feuillage. Comme la forme du houppier, celle de l’enracinement est héréditaire (définie génétiquement) et différente selon la variété ou le cultivar. Comme la forme du houppier, celle de l’enracinement est modulée par l’environnement.
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Daniel d'Aillon
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Re: plantation en motte

Message par Daniel d'Aillon »

Bonjour.

Exemple sur la taille.
Sur les bourgeons, je pourrais donner l'exemple suivant. Il fallait couper la tête d'un charme qui poussait oblique à la recherche de la lumière.
Il était au nord de grosses frondaisons . Le problème est qu'il menaçait la serre.
Reste après la coupe de qui était au dessus de la serre un tronc oblique de 2 à 3 m de haut. Diamètre 10 ou 15 cm. Je ne sais plus. C'est parti de partout sans aucune branche, qu'un fouillis. On dirait le hérisson d'un ramoneur... De haut en bas. Pour l'instant, rien ne semble trouver son chemin. Je laisse faire.


Autre exemple cette fois, sur les limites de l'art de transplanter.
J'avais trop de houx dispersés naturellement sur le terrain et des trous dans la haie du champ plus loin.
J'ai transplanté à racines nues des plants de 15 à 70 cm. Avec le chevelu dessous. Ceux de 70 cm avait autant dessous que dessus.
J'ai eu une excellente réussite. Les plants étaient protégés des vents par des frondes de fougères comme barbe à papa..
Nous étions en 2012..
Mais sur deux linéaire de haie, en particulier, que j'avais senti difficile, j'ai eu des problèmes.
Je les ai maintenu le temps que j'ai pu avec l'eau.
2019 2020 arrive la sécheresse.
En plus je n'étais pas là pour réagir.
Tous ces plants sont morts, brûlés.

Certains parmi les autres transplantés ont fait la gueule. Mais il leur a suffit d'assez d'eau à temps pour passer la saison difficile.
Par contre, ceux qui ont poussé naturellement, germé sur place, dans l'emplacement initial, n'ont pas montré l'ombre d'un problème ou juste ont ils baissé la tête en fin d'été.

Ernst Zucker fait remarquer que la forêt primaire sera toujours la plus forte. Primaire, celle qui vient comme elle le sent, d'instinct.
Humour :
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Re: plantation en motte

Message par Misologue1 »

Oui, très intéressant ! Ce que vous décrivez fait penser aux effets de la taille dont parle Raimbault et Tanguy dans la Revue Forestière Française à propos de la gestion des arbres d'ornement. Ils précisent bien que, si la taille de formation sur les jeunes arbres d'abord, puis sur les arbres adultes, répond à des exigences variables et parfois contradictoires (création artificielle d'un type d'architecture, adaptation de la forme architecturale à une situation contraignante en ville ou dans un jardin, forçage de la ramification à différents niveaux pour produire une plante plus " vendable ", etc...), celle-ci ne doit jamais être pratiquée à la légère car elle ne provoque pas seulement un regain de vigueur sur les parties touchées, mais modifie qualitativement la morphologie de l'arbre (qui alors s'éloigne plus ou moins durablement de sa morphogenèse type) et surtout (on n'insistera jamais assez sur cet aspect) son fonctionnement en vertu des corrélations (système aérien, système racinaire) qui se jouent au sein de l'arbre tout entier. Modifier le contrôle apical exercé par les différents axes de l'arbre, c'est dérégler les effets régulateur et organisateur de ces axes, rompre l'équilibre qui met des années à s'installer entre les différentes parties de l'arbre, sur les charpentières comme sur le houppier. Une règle, sur laquelle insiste les auteurs, est de ne jamais tailler un arbre si celui-ci n'a pas une croissance annuelle vigoureuse, ce qui signifie en pratique qu'il ne faut pas tailler directement après une transplantation (avec réduction du système racinaire). Certes, une réaction suivra, mais celle-ci va affaiblir l'arbre, le vieillir prématurément et modifier profondément son architecture naturelle ou typique. Ainsi, comme vous, je suis loin d'être convaincu que la taille de formation, même pratiquée " dans les règles de l'art ", puisse, comme l'affirment pourtant ces auteurs, " permettre un développement conforme au potentiel génétique de la plante et à l'action du milieu environnant "... Tailler le rameau long terminal qui exerce sa dominance sur toutes les ramifications en dessous de lui (jusqu'au bois de 3 à 5 ans), permet en effet de favoriser les rameaux concurrents (hypotone ou non, car sur les Acer l'hypotonie n'est pas très forte...) dont on estime qu'ils ont plus d'avenir que le rameau dominant ou parce qu'ils prennent une direction plus en accord avec nos goûts (????). Mais, comme vous le faites remarquer, cette taille a pour effet brutal de favoriser le développement anarchique de nombreux rejets, non seulement au niveau du point de coupe, mais aussi au niveau des ramifications basses tout le long de la branche : la branche ressemble vite à un " hérisson" d'une grande laideur... En conséquence, ce type de taille exige ensuite de la poursuivre les années qui suivent pour tenter d'équilibrer la ramification, ce qui provoque alors de nouvelles réactions, plus ou moins prévisibles... Sans compter, bien sûr, les effets sur le système racinaire, dont il faudrait également reparler...

La formations de rejets est encore plus abondante si la taille se fait sur de jeunes adultes. Il y aurait, selon les auteurs, une différence entre l'arbre jeune et l'adulte jeune : c'est la taille de l'axe hypotone sur l'arbre jeune qui aurait comme effet le développement le plus important de rejets autour du point de coupe, alors qu'à l'inverse, c'est la taille de l'axe dominant sur l'arbre adulte qui engendrerait des rejets vigoureux : encore une fois, dans le cas des Acer, je constate année après année, que le phénomène est égal dans les deux cas ! Bref, tailler exige un suivi régulier qui fini par éloigner de plus en plus le cultivar de son architecture " naturelle "...
Dernière modification par Misologue1 le mer. 09 déc. 2020 11:27, modifié 1 fois.
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emille
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Re: plantation en motte

Message par emille »

Je n'ai pas tout lu mais

il ne faut surtout pas couper la tontine ni le grillage. Ils permettent de maintenir une belle motte solide. Le grillage est recuit donc il se décomposera rapidement ds le sol (qq années) Les radicelles n'auront aucune difficulté à traverser la tontine.

Tuteur ? Je trouve dommage de tuteurer un tel sujet. Il serait préférable de l'ancrer au sol. 3 ou 4 piquet plantés en biais autour de la motte. Des sangles ou fil de fer allant d'un piquet à l'autre passant par le dessus de la motte. Voir lien ci dessous. Mais attention, effet d'optique sans doute, la motte semble en dessous du niveau du sol. C'est à proscrire. La motte doit être affleurante voir légèrement surélevée par rapport au niveau du sol.
https://www.placedupro.com/articles/221 ... -multiples
Un sou pour la plante, deux sous pour le sol
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Daniel d'Aillon
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Re: plantation en motte

Message par Daniel d'Aillon »

Oui c'est long à lire mais pour une fois que ces lectures ne sont pas partisanes...

Cela contraste avec les précipitations actuelles et je ne parle pas de pluie...
Encore que la douche soit froide pour une société qui croyait s'être libérée des contingences ''matérielles''..
Fermons la parenthèse!

voici une autre lecture possible:
http://www.ecosociosystemes.fr/arbres_arbustes.html

Je vous recommande de parcourir le site comme coccinelle qui inspectera chaque ramification... Comme ils ont mis des liens que je crois pertinents...

Vous trouverez donc ceci:
https://amap.cirad.fr/architecture/arbo ... #TopOfPage

Cet hiver s'annonce comme la traversée du dessert, installez vous auprès du poêle à bois, écho-logique...
Et attendons que cela passe..

Je ne suis pas convaincu de la taille au carré, d'ailleurs une semi liberté sur les arbustes me paraît plus gracieuse, parfois au bénéfice de la floraison.

Je ne suis pas en désaccord avec emille; l’exemple qu'il donne vaut surtout pour des arbres ayant déjà atteint un certain développement.
Mais pour ma part, en prenant soin d'avoir ouvert le sous sol sous l'emplacement futur de la motte, en règle générale, j'enlève la tontine et cela sans briser la motte... (enfin ceci est ma salade) Et surtout cela était vrai du temps où la tontine était réalisée en paille, ou en bac de planchette de bois...

à plus
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