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évolution des friches
Publié : ven. 16 nov. 2007 7:31
par ailees
Depuis 25 ans que nous regardons le paysage autour de nous, un truc nous a frappé : petit à petit les plantes qui se ressèment sont en train de changer ! les 10 premières années, partout dans les friches du coin on trouvait des aubépines, et j'en avait plein le jardin.
Depuis, on en voit de moins en moins, et dans notre jardin il n'y a plus de semis spontanés. En revanche les pyracantha les remplace petit à petit. Ce dernier très nettement supporte beaucoup mieux que l'aubépine le climat d'été brutal et plus chaud ; à peine, hein, mais ça semble suffire. il est aussi moins arrosé en hiver : on n'a plus les mares d'eau stagnante qu'il y avait auparavant. Dans les friches situées à côté d'une maison bordée de cet arbuste, alors là c'est carrément l'envahissement si elles ne sont pas entretenues.
Alors que le Buddleia chez nous n'est pas envahissant, car il n'arrive à pousser que dans des terres fraichement remuées (type travaux) et pas dans la glaise standard. Mais ça, ce n'est pas nouveau.
Et par chez vous, vous avez vu des évolutions comme ça ?
Publié : ven. 16 nov. 2007 9:08
par virginie ile aux moines
Salut,
l'évolution sur si peu de temps (20 ans) c'est court pour la nature, mais c'est vrai que les plantes changent autour de nous. Toutes celles qui apparaissent ont souvent des origines plus sud ( je suis en bretagne).
Sans doute parce que de plus en plus de gens plantent des variétés qui résistent à la sécheresse et du coup, la reproduction se fait sur les friches encore existantes.
Mais le changement de climat étant inéluctable, l'adaptation doit aussi se faire pour les jardiniers. Les plantes qui poussaient avec exhubérance avant vont sans doute régressées au profit de celles qui sauront se montrer plus sobres.
C 'est comme pour conduire, faut arrêter de boire...

Publié : ven. 16 nov. 2007 9:13
par Natou
Bonjour,
Je ne pourrais pas faire une constatation car en 25 ans j'ai pas mal bouger d'endroit donc pas assez de recul, mais je pense que cela vient comme le dit virginie que nous les jardiniers incorporont des plantes "exotiques" et que les autochtones ne trouvent plus leur place, et surtout avec le changement climatique qui n'arrangent rien!
Publié : ven. 16 nov. 2007 9:26
par jeannotin
de mon côté j'ai peu de recul puisque je n'habite le secteur que depuis décembre 95 mais sur les 10 dernières années je voit toujours autant de buddlejas, cornus, aubépines, néfliers,viburnums, prunus même celui que l'on mets en haie pousse en sauvage nous avons une flore endémique très variée il faut tenir compte aussi du fait que certaines espèces peuvent disparaître aussi du fait d'une pollution certaines régions utilise plus de pesticides que d'autres peut être les régions à culture "intensive" notemment en tout cas je n'observe pas pour le moment de grand changement et s'est tant mieux j'aime voir ce que je voit actuellement

Publié : ven. 16 nov. 2007 21:56
par Nicole37n
Bonsoir,
Depuis 20 ans, ce sont les haies qui disparaissent et l'on voit des champs qui font carrément 20 ha d'un seul tenant et quand il y a des orages, les ruisseaux débordent.
Sinon dans les parties boccageuses, pas de changement, à part les chenilles qui ont dévoré les saules au printemps (dégueu..) mais j'habite près de rivières donc même les années sèches il y a une certaine humidité et la végétation arrive à se maintenir.
Nicole
Publié : sam. 17 nov. 2007 7:54
par ailees
20 ans c'est court pour une évolution climatique, c'est vrai, mais j'entendais avant-hier sur France-culture un climatologue espagnol qui citait un arbre (le frêne je crois, pas sûr) dont la zone de semi spontané en montagne est montée de 200 mètres en 50 ans !
C'est énorme.
De la même manière que l'on voit maintenant tous les ans les cormorans hiverner ici, alors que les premiers sont apparu depuis une vingtaine d'années (nos voisins n'en voyaient jamais il y a 30 ans) ! bon, les espèces animales changent leurs habitudes plus vite que les plantes, c'est sûr aussi.
Publié : sam. 17 nov. 2007 17:14
par Nicole37n
Bonjour,
Les cormorans avaient presque disparu, donc trouvaient à se nourrir près des côtes mais protégés en 1978 ils se sont démultipliés et viennent où il y a du poisson, entre autres dans la région de la Brenne riche en étangs et qui dit nourriture dit multiplication et il est devenu un nuisible.
Les changements climatiques sont surtout dus au manque d'eau qui est peut être le résultat du changt....?
En supprimant les haies, on supprime la rétention d'eau et on fabrique notre "désert".
Nicole
Publié : sam. 17 nov. 2007 21:25
par Minpin
C'est clair qu'helas des especes sauvages disparaissent,au profit d'autres plus resistantes peut etre ou colonnisatrices.... cela etale sur des decennies parfois, des tas de facteurs peuvent en etre la cause : pesticides, depolenisation, colonnisation d'autres especes...
Je citerai le cas du bleuet autrefois tres commun dans les champs de ble avec les coquelicots, et aujourd'hui pratiquement eradique dans certaines regions, par contre perso je suis fan de coquelicots et fait tout pour en conserver des pieds dans mon jardin... et certaines annees on peut voir des champs de coquelicots sur les terres en jacheres..
Quand j'etais enfant, j'avais des pissenlits dans mon jardin, des vrais, bien verts et bien amers un regal meme si j'en mangeais peu!!! rien a voir avec les pissenlits que l'on trouve sur les etals et qui n'ont pas de gout, ls ont disparu au profit du grand dandilion non comestible par l'humain
Publié : dim. 18 nov. 2007 19:37
par Nicole37n
Bonsoir,
Pour revenir au changement climatique, cet été nous sommes allés au musée des glaciers à Chamonix et il y était expliqué que celui des Bossons avait avancé de 550 m de 1952 à 1982 et qu'il avait reculé de 600 m depuis >>> 2003-avec une pause en 85 à 88 - et pour les glaciologues, c'est surtout du au manque de précipitations car globalement les températures -qui se prennent à 8m sous terre -n'ont varié que de 0,5°C maxi sur nos régions.
Nicole
Publié : lun. 19 nov. 2007 16:40
par beatrice b
Mes parents sont originaires de la Bretagne,revenus y habiter pour leur retraite,ils sont étonnés de voire autant de digitales.En effet cette plante avait presque disparue des fossés depuis plusieures décénies du fait du fauchages trop réguliers des talus.A l'heure actuelle les tallus bordant les routes sont laissés "tranquilles" durant une plus grande période pour justement laisser la flore se reproduire.
Mais il est vrai que la Bretagne central(Carhaix et ses environs) a un charme fou avec ses haies et ses haut talus.
J'ai lu derniérement dans la dépéche du midi que des associations essayaient de sensibiliser les agriculteur à remplanter des haies dans le Gers.
Maintenant que j'ai vue des haies majestueuses border les champs ,je comprends mieux la nostalgie de certaine personne qui évoquent la campagne d'antant.
Béatrice
Publié : lun. 19 nov. 2007 17:40
par Chardon91
Faire une constatation sur un an c'est un peu court. En 1976 on a eu un été très sec, l'année suivante les bords de la voie express pour aller à Brest étaient totalement couvertes de marguerites jaunes qui ont fleuri en masse. Les bords de la voie express étaient jaunes uni. Je n'en avais jamais vu avant ni non plus depuis.
Cela montre deux choses, c'est qu'il y a un stock de graines disponibles dans le sol et qui vont se manifester dans des conditions exceptionnelles
Les coquelicots sont un bon exemple, ils ressortent dès que la terre est chamboulée et laissée en friche ou qu'un désherbage a été raté.
On voit aussi une très grande quantité d'orchidées le long de l'autoroute d'Orléans à Bordeaux au mois de Juin, surtout du côté de Poitiers.
Mais c'est vrai que de grandes surfaces de monoculture ne sont pas idéales pour la diversité des plantes ni des animaux. J'ai vu un reportage où un organisme (l'INRA ?) étudiait le bénéfice qu'il y aurait à garder des friches ou de bandes de diversité intercalées entre les champs.
friches
Publié : lun. 19 nov. 2007 17:50
par lantana
je n'ai pas remarqué de disparitions de variétéz locales, mais des apparitions et envahissements de "belles étrangères".En particulier cette américaine qui peut faire 2m de haut,avec un tronc ligneux, de grosses racines, et une quantité de graines importante.Il est difficile de s'en débarrasser, du bord des routes elle envahit vite un champ.
Sans parler de l'ambroisie!
Publié : lun. 19 nov. 2007 17:53
par Minpin
C'est vrai que la suppression des haies ainsi que les "bocages" lors des grands remembrements des annees 60 sont responsables de pas mal d'inondations et de catastrophes ecologiques depuis... de plus ces haies abritaient une avifaune abondante et variee, bref tout un ecosysteme de la haie.
Heureusement, les tendances reviennent ou certains agriculteurs repensent aux haies d'antan...

Publié : lun. 19 nov. 2007 19:57
par Ben.23
ailees a écrit :20 ans c'est court pour une évolution climatique, c'est vrai, mais j'entendais avant-hier sur France-culture un climatologue espagnol qui citait un arbre (le frêne je crois, pas sûr) dont la zone de semi spontané en montagne est montée de 200 mètres en 50 ans !
C'est énorme..../...
J'ai entendu un discours équivalent concernant l'olivier sur "son axe de résidence sud -> nord". J'y pense souvent en parcourant les polémiques sur la plantation d'un olivier au nord de la loire
Peut etre que dans 30 finalement, l'inévitale rechauffement aidant, ces oliviers seront encore là.
++
Re: friches
Publié : mar. 20 nov. 2007 10:14
par méloé
lantana a écrit :Sans parler de l'ambroisie!
Bonjour!
Pour info, je me suis retrouvée avec quelques pieds d'ambroisie (que j'ai vite arraché) dans mon jardin après avoir nourri les oiseaux; les graines d'ambroisie ont visiblement été ramassées avec les tournesols ou autres graines utilisées pour les oiseaux. Si vous nourrissez ces derniers, faites-y attention!
Ici, dans le nord Auvergne, la flore se porte pas mal, hélas, dans mon coin, ils ont la facheuse habitude de pratiquer le broyage des haies; c'est à dire broyer les haies en hauteur et épaisseur une (au mieux) à 2 (voire plus) fois par an pour obtenir un truc qui ressemble plus à un petit mur d'environ 1.20m de haut qu'à une haie. Imaginez le désastre pour la faune!

. Cette pratique est uniquement esthétique d'après ce qu'on m'a dit: "il faut faire propre"...

Publié : mar. 20 nov. 2007 10:21
par ailees
ah oui, l'horreur ! il faut faire propre, le premier qui m'a dit ça, il y a au moins 30 ans, c'était mon voisin en banlieue parisienne, qui bétonnait les allées, traitait les moindres recoins, taillait tout à fond, avec rien qui dépasse, pas un poil, ni une feuille. Il trouvait que notre jardin était le comble de l'anarchie
D'ailleurs l'agriculteur qui entoure notre propriété fait la même chose, il saccage les haies du chemin qui mène de la route à chez nous (c'est lui le proprio) à l'épareuse, parce que c'est plus propre. Eh bien, les gens qui viennent chez nous voir le jardin sont assez choqués, parce qu'en plus c'est affreux (cette machine arrache, elle ne taille pas, donc vous voyez l'état que peut avoir une haie traité de la sorte).
Heureusement qu'on n'en fait pas autant dans le jardin, donc la faune n'a pas de difficulté à trouver un coin.
Publié : mar. 20 nov. 2007 12:17
par Léontine
méloé a écrit :Ici, dans le nord Auvergne, la flore se porte pas mal, hélas, dans mon coin, ils ont la facheuse habitude de pratiquer le broyage des haies; c'est à dire broyer les haies en hauteur et épaisseur une (au mieux) à 2 (voire plus) fois par an pour obtenir un truc qui ressemble plus à un petit mur d'environ 1.20m de haut qu'à une haie. Imaginez le désastre pour la faune!

. Cette pratique est uniquement esthétique d'après ce qu'on m'a dit: "il faut faire propre"...

Et oui, Méloé, c'est la même imbécilité partout ou presque : les haies du bocage bourbonnais sont maintenues très basses et sont tellement minces que même en été, on voit au travers
Seules les ronces et les fougères ne souffrent pas de ce régime.
En Charente, c'est un peu pareil, sauf qu'il n'y a pratiquement plus de haies, « on » continue à les arracher ! Et ce qu'il reste de haies ou de bois est tellement rasé à l'épareuse que les arbres sont inclinés vers l'extérieur de la route. Chaque année, on saccage un peu plus, il y a un peu plus de branches déchiquetées, d'écorces arrachées.
On en arrive par exemple à ça :
http://www.lechenevert.net/arboretum/DDE/dde.htm
http://www.lechenevert.net/arboretum/DDE/dde_2.htm
http://www.lechenevert.net/arboretum/DDE/dde_1.htm
http://www.lechenevert.net/arboretum/DDE/dde_ccv.htm
http://www.lechenevert.net/arboretum/DDE/dde_suite.htm
Mais on n'est plus à ça près, le bon sens est mort depuis longtemps.
http://www.politis.fr/article1025.html
Paraît qu'y aurait 53 bassines en projet dans un proche avenir
Mais comme aurait dit Coluche (à peu près) : rigolez pas, c'est avec votre pognon qu'on fait ça.
Publié : mar. 20 nov. 2007 13:14
par méloé
Hé oui, je paye pour voir saccager les haies et pour avoir un lampadaire alors que je suis en pleine campagne

.
Publié : mar. 20 nov. 2007 14:22
par Senescence
Oui et bien moi, j'adore saccager.
Quand j'ai le temps, je vais en forêt dans l'espoir de déclencher un feu accidentel...
Au jardin,
J'utilise du chlorate de soude comme paillage.
Et comme brise vue; brise vent... j'ai opté pour la double rangée de thuyas... associée, pour l'esthétique, à des eucalyptus...
Publié : mar. 20 nov. 2007 20:28
par Natou