Ayn a écrit:
Pourrais-tu compléter ce post en donnant une définition simple de ce qu'on appelle "plante bio-indicatrice" ?
car l'expression n'est pas forcément limpide pour tout le monde, je pense que ça peut aider les débutants et éviter les doublons.
Chaque plante possède un biotope primaire, c'est-à-dire une situation particulière de sols et de climats où son espèce est apparue.
On retrouve donc dans une situation donnée toujours plus ou moins les mêmes plantes : les plantes du désert ne sont pas les mêmes que celle de la taïga ou que celle d'une forêt pluviale.
Même avec des différences moindres de climats et de sols, on a tendance à avoir plutôt telle ou telle plante qui se plaît plus que d'autres et est plus compétitive que d'autres en fonction des carctéristiques du lieu.
Avec un peu d'expérience, on arrive assez bien, en fonction des plantes qui poussent à un endroit donné, à déterminer les caractéristiques biologiques de ce lieu : c'est le caractère bio-indicateur des plantes. Elles renseignent sur le climat, le sol et éventuellement d'autres paramètres.
On sait par exemple que le mouron des oiseaux pousse plutôt sur des sols équilibrés, alors que l'ambroisie prolifère sur des sols destructurés ou salés. C'est normal, son biotope primaire, ce sont les régions arides où le sol est destructuré et où le sel remonte souvent.
Avec beaucoup d'expérience, certains, comme Gérard Ducerf, arrivent à faire des diagnostics très pointus de l'état des sols, qui apportent souvent un complément d'information très utile aux analyses chimiques. Ses bouquins sont excellents mais un peu chers.
Il n'y a pas que les plantes qui soient bio-indicatrices. Un chercheur de l'université de Corse nous racontait comment, en examinant la micro-faune des rivières, on arrive à avoir une vision beaucoup plus fine de leur état biologique qu'avec une analyse chimique.
En jardinage bio, l'observation des plantes est très utile pour déterminer si on est ou non sur le bon chemin du côté de la préservation et de l'amélioration du sol.