plantation en motte

De part leur culture contraignante et difficile, les érables du Japon méritent leur propre forum
opusoculi
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Re: plantation en motte

Message par opusoculi »

Helfrider a Ă©crit : jeu. 03 dĂ©c. 2020 20:04 Merci Ă  tous pour ce post intĂ©ressant, j’y apprends beaucoup de choses car je n’y connais rien en tontines. Samuel pose les bonnes questions et cela servira Ă  tous ceux qui nous lisent.
Je vais peut ĂȘtre acheter un Ă©rable chez un particulier au printemps, l’arracher de terre, je peux le re planter comme ça ou ça serait mieux de trouver cette toile et essayer de faire une tontine sois-mĂȘme ?
L’arracher et le planter comme ça me parait risquĂ© ... Cela dĂ©pend du sol de sa capacitĂ© Ă  faire une motte qui tienne.

La toile de jute est vendue au mĂštre et en grande largeur ; il faut chercher.

Tout dĂ©pend aussi de l’importance du sujet Ă  dĂ©terrer.
RĂ©aliser une tontine suppose de creuser largement (vraiment trĂšs large) autour de l’arbre Ă  enlever;
de façon à mettre les pieds dans une tranchée, ce qui permet les manipulations, en particulier passer sous la motte.
La difficulté principale est de creuser dessous la motte pour la derniÚre séparation, là on transpire ...
Pour un arbre important il faut doubler la toile de jute avec du grillage car sortir la motte de son trou risque la casser en 3 ou 4 gros morceaux qui
en se séparant arrachent les racines qui sont dedans.
Ne pas tenter de sortir la motte tant qu’elle n’est pas solidement emballĂ©e. Ne pas hĂ©siter Ă  l’entourer de cordes qui vont peut-ĂȘtre bouger mais aideront pour remonter hors du trou.
Faire une tontine solide la 1°fois, c’est pas gagnĂ©. Quand il faut passer le tissus dessous, on comprend alors la difficultĂ©, il faut faire basculer.
Enfin lĂ  on peut boire un coup !

Ensuite il faut la remonter sur le bord de l'excavation. Prévoir 2 planches peut aider, un madrier comme levier aussi.
Si on a des amis musclĂ©s, ça va. Mais il faut parfois calmer leur impĂ©tuositĂ©, leurs bras dĂ©ployant leur force oublient que leurs Ă©paules cassent les branches... AprĂšs il faut hisser le tout dans un vĂ©hicule. Le descendre Ă  l’arrivĂ© est plus facile, faire glisser sur 2 planches.

Enfin voyez, comme occasion d’avoir un bon moment entre amis avec gueuleton Ă  la clĂ©, ça marche !

Il existe une variante qui consiste Ă  prĂ©parer l’arbre une annĂ©e et de l’enlever quelques mois ou une annĂ©e aprĂšs. L’arbre a alors fait de nouvelles racines dans la motte et cette-ci est devenue plus solide.
J’ai fait ça il y a 40 ans dans les bois pour des grands alisiers.
Mes érables , printemps automne 2019. http://jalbum.net/a/1973986
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Helfrider
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Re: plantation en motte

Message par Helfrider »

Merci à tous les deux pour les explications et précisions.
Oui c’est un gros bĂ©bĂ©, un dissectum d’une quinzaine d’annĂ©es. C’est pas loin de chez moi, dans une terre assez argileuse.
Helfrider
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Re: plantation en motte

Message par Helfrider »

samuel8 a écrit : jeu. 03 déc. 2020 18:20 Ok, alors c'est ce que je ferai.
AprĂšs cette premiĂšre annĂ©e, Ă  l'automne prochain, j’entretiens chaque annĂ©e en remettant un peu de terreau sur le dessus avec un peu de paillis potager or brun ou aprĂšs cette annĂ©e, on laisse tranquille et on ne met plus rien ?
En tous cas, pour ĂȘtre clair pour ceux qui nous lisent, il n'y a plus besoin de mettre de l'engrais (hormis peut ĂȘtre de la potasse Ă  l'automne ou le fertilisant or brun dont tu parlais), l'arbre doit se dĂ©brouiller tout seul en pleine terre.
J’ai un peu coupĂ© le fil de Samuel et je m’en excuse, je remets ici sa derniĂšre question qui n’a pas Ă©tĂ© rĂ©pondue.
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Re: plantation en motte

Message par opusoculi »

@samuel. Pas d’autre apport cette annĂ©e. Les 5 annĂ©es suivantes entretenir avec quelques poignĂ©es d’Or Brun au dĂ©but du printemps.
Helfrider a écrit : jeu. 03 déc. 2020 21:25 Merci à tous les deux pour les explications et précisions.
Oui c’est un gros bĂ©bĂ©, un dissectum d’une quinzaine d’annĂ©es. C’est pas loin de chez moi, dans une terre assez argileuse.
La terre argileuse tient assez bien en motte. La motte d’un Acer de 15 ans ne rentre pas dans le coffre d’une voiture, il vaut mieux prĂ©voir une remorque.
N’oublie pas de poster quelques photos, des racines particuliùrement.

Note:
Les Acer en motte et tontine proposés par les pépiniéristes ont étés transplantés au moins une fois, de façon à ce que les ramifications des racines soient plus nombreuses et proches du tronc.
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acerarno
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Re: plantation en motte

Message par acerarno »

opusoculi a écrit : ven. 04 déc. 2020 1:06
Note:
Les Acer en motte et tontine proposés par les pépiniéristes ont étés transplantés au moins une fois, de façon à ce que les ramifications des racines soient plus nombreuses et proches du tronc.
Il faut croire que ce n'est pas une rĂšgle Ă©tablie. Car, lĂ  oĂč je travaille et dans les pĂ©piniĂšres alentours, les Ă©rables ne bougent pas du moment de la plantation (en jeune plant) jusqu'Ă  l'arrachage.
Je ne dis pas que c'est une bonne façon de faire mais c'est un fait.
Le tontinage n'intervient qu'Ă  l'arrachage.
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Re: plantation en motte

Message par Barto »

Bjr
oui la motte ( terre ) doit rester en état
Déposez l'arbre sorti du conteneur ou la motte encore dans sa tontine, au bon niveau par rapport au sol. Coupez le lien de la tontine et retirez la délicatement. Rebouchez le trou en comblant avec la terre extraite du trou initialement. Tassez sans forcer et formez une cuvette.
et encore
Lors de la transplantation, il faudra retirer cette tontine, une fois l'arbre ou arbuste placé dans le fond du trou de plantation, . Dénouer seulement le lien une fois l'arbre ou l'arbuste mis en place. Ensuite, remettre de la terre autour de la motte dans le trou de plantation afin de la reboucher. La tontine va se dégrader avec le temps pour finir par disparaßtre.
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Re: plantation en motte

Message par Misologue1 »

Il ne faut pas conserver la tontine une fois l'Acer placĂ© dans son trou de plantation, mĂȘme si celle-ci est en toile de jute ! La tontine ne sert qu'au transport. De mĂȘme, moins de transplantation et moins de stress : une seule est largement suffisante ! Esveld procĂšde ainsi, Fontin, Choteau, Dick van der Matt aussi, (enfin la retraite !). C'est une erreur prĂ©judiciable Ă  la bonne reprise car elle va gĂȘner, voire empĂȘcher, la croissance et le dĂ©veloppement normal du systĂšme racinaire : un Acer n'est pas un arbre fruitier et la morphogenĂšse racinaire est trĂšs sensible Ă  son environnement souterrain proche ou lointain ! Sans des connaissances solides sur les corrĂ©lations entre les deux systĂšmes souterrain et aĂ©rien, la pratique est rĂ©duite aux prĂ©jugĂ©s ordinaires : non, la tontine ne se dĂ©gradera pas aussi vite qu'on vous le dit, elle peut rester plusieurs annĂ©es en l'Ă©tat, et elle va provoquer un phĂ©nomĂšne d'anoxie et, pire encore, l'obstacle peut provoquer une inhibition de la croissance sur les racines principales (les diffĂ©rents pivots : systĂšme racinaire traçant et en cƓur chez les Acer...), provisoire dans ce cas une fois l'obstacle supprimĂ©, mais beaucoup plus long sur les racines secondaires... Les conditions Ă©daphiques du sol (tempĂ©rature, humiditĂ© - environnement " mi-sec " ???? -, oxygĂšne, nature physique et chimique, obstacle...) sont primordiales ! Par exemple, plus le systĂšme racinaire secondaire Ă©tait lent Ă  l'origine et plus la rĂ©gĂ©nĂ©ration en milieu dĂ©favorable sera lent... non, la tontine n'aidera pas Ă  Ă©vacuer l'eau, elle ne peut pas remplacer un substrat Ă  la bonne granulomĂ©trie...
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Re: plantation en motte

Message par samuel8 »

Sympa Helfrider d'avoir remis ma question sur le fil.
Intéressant et contradictoire ce que vous dites sur la tontine Misologue et Barto.
C'est vrai qu'en premier lieu, je me disais que le maillage de la tontine en jute laissera passer les racines mais que les petites, les grosses seront contenues un assez court moment.
Ce qui change la donne dans tout ça c'est le temps de dĂ©gradation de la toile de jute, si c'est rapide, il n'y a pas de problĂšme, si c'est long, ça va Ă  un moment ĂȘtre un frein Ă  la croissance racinaire.
J'ai appelĂ© Fontin, il dit en gros ce que dit Misologue, il dit que des fois la tontine peut mettre assez longtemps Ă  se dĂ©grader et faire vĂ©gĂ©ter l'arbuste (il disait qu'il avait dĂ©jĂ  vu sur un Gingko une tontine en jute encore en bon Ă©tat plusieurs annĂ©es aprĂšs la plantation. J'imagine qu' il doit y avoir les conditions, le sol et la qualitĂ© du matĂ©riau qui jouent aussi sur la longĂ©vitĂ© de la tontine). Il disait, pas besoin d' enlever le grillage en fil recuit autour de la motte mais qu'il vaut mieux enlever, ou mettre des coups de cutter dans la tontine en jute pour l'enlever sur le haut et cĂŽtĂ© de la motte, ce n'est pas grave si elle reste sous la motte dans le cas oĂč l'arbre a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© positionnĂ© dans son trou.
Il y a des maniÚres de faire en culture et des avis contradictoires, c'est intéressant de les partager et d'en débattre.
DerniÚre modification par samuel8 le ven. 04 déc. 2020 19:16, modifié 1 fois.
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Re: plantation en motte

Message par y0y0 »

TrÚs intéressant ce fil de discussion. AprÚs quelques recherches sur internet on se rend vite compte que c'est un sujet à contradictions.

Le pépiniériste a-t-il recommandé une taille quelconque afin d'équilibrer les systÚmes aériens et souterrains ?
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Re: plantation en motte

Message par christelle68 »

si vous ĂȘtes sur FB Nova plants Ă  mis en ligne une vidĂ©o pour montrer un rempotage et l'arrachage d'un Ă©rable de Plus d'1 m qui explique bien comment faire la motte .
https://www.facebook.com/16277283774389 ... 6348247714
Nord ArdĂšche, 700 m d'altitude Ă  la frontiĂšre de la Loire et Haute Loire.
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Re: plantation en motte

Message par acerarno »

Ouvrir la tontine peut parfois ĂȘtre pire que la laisser . Si la motte s'Ă©clate , on a tout gagnĂ© . La toile de jute sur la photo n'a pas une maille trĂšs serrĂ©e . Les racines passeront facilement.
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Re: plantation en motte

Message par reggy »

Pour en avoir parlé avec un Pépiniériste, la garantie de reprise ne vaut pas si la tontine a été enlevée. Et souvent c'est la premiÚre chose qu'ils demandent au client....ParamÚtre a prendre en compte donc.
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Re: plantation en motte

Message par samuel8 »

Bon Ă  savoir Reggy.
J'ai labouré autour de l'érable et mélangé un peu de terreau avec, j'en ai répandu aussi tout autour .
Je mettrai prochainement du paillis du potager.
J'ai fait un petit compromis avec ce qui avait dit derniÚrement, j'avais accÚs à une partie de la motte facilement et comme le grillage tiens déjà bien la motte, j'ai mis quelques coups de cutter sur la toile de jute autour de la motte (pas au dessus , pas au dessous), entre les grandes mailles de la motte grillagée.
La toile de jute tiens encore trÚs bien la motte mais j'ai fait quelques trous pour que des racines latérales puissent se frayer un chemin plus facilement.
J'espĂšre que c'est un bon compromis.
Ça ne vaut pas grand chose ce que je vais dire, juste une impression, mais la motte Ă©tait bien humidifiĂ©e avec les grosses pluies d'hier, la fibre est bien grossiĂšre, elle m'a donnĂ© l'impression qu'elle allait se relĂącher et se dĂ©sagrĂ©ger assez rapidement. Mais bon, c'est juste une impression.
DerniÚre modification par samuel8 le ven. 04 déc. 2020 21:18, modifié 1 fois.
samuel8
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Re: plantation en motte

Message par samuel8 »

y0y0 a écrit : ven. 04 déc. 2020 17:38 TrÚs intéressant ce fil de discussion. AprÚs quelques recherches sur internet on se rend vite compte que c'est un sujet à contradictions.

Le pépiniériste a-t-il recommandé une taille quelconque afin d'équilibrer les systÚmes aériens et souterrains ?
Je crois que oui mais je ne suis pas sûr, je m'en souviens pas bien. Mais c'est bienvenu, d'équilibrer la ramure de l'arbre au printemps suivant aprÚs l'arrachage et la taille forcée de certaines racines.
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Re: plantation en motte

Message par Misologue1 »

samuel8 a écrit : ven. 04 déc. 2020 21:15
y0y0 a écrit : ven. 04 déc. 2020 17:38 TrÚs intéressant ce fil de discussion. AprÚs quelques recherches sur internet on se rend vite compte que c'est un sujet à contradictions.

Le pépiniériste a-t-il recommandé une taille quelconque afin d'équilibrer les systÚmes aériens et souterrains ?
Je crois que oui mais je ne suis pas sûr, je m'en souviens pas bien. Mais c'est bienvenu, d'équilibrer la ramure de l'arbre au printemps suivant aprÚs l'arrachage et la taille forcée de certaines racines.
Non, surtout pas, ne pas tailler un Acer aprĂšs sa transplantation, il va avoir besoin de toutes ses feuilles pour rĂ©gĂ©nĂ©rer son systĂšme racinaire !!! Dans un an, voire deux ans, s'il est lent Ă  se remettre de ce traumatisme... A la rigueur, juste une toute petite taille d'Ă©claircissement Ă  l'intĂ©rieur du houppier. Surtout ne pas toucher aux charpentiĂšres Ă  la base desquelles se trouvent les principales rĂ©serves. Encore une fois, vous devez possĂ©der des connaissances solides sur la morphogenĂšse racinaire des Acer pour dĂ©cider des opĂ©rations Ă  faire et non vous livrer aveuglĂ©ment aux prĂ©jugĂ©s de soi disant " pro " qui n'ont en vue que leur intĂ©rĂȘt... Vous devez savoir que chez les Acer (les Ă©tudes manquent malheureusement concernant les diffĂ©rences entre cultivars...), c'est la tempĂ©rature du sol, toujours lĂ©gĂšrement supĂ©rieure Ă  celle de l'atmosphĂšre, qui dĂ©termine d'abord la rĂ©gĂ©nĂ©ration des racines : celles-ci commencent donc Ă  s'allonger un peu avant le dĂ©bourrement grĂące aux rĂ©serves. Et cette croissance va se poursuivre le reste de l'annĂ©e de maniĂšre plus ou moins cyclique, en fonction des ressources hydriques (un milieu humide constant est indispensable aux Acer, mais jamais dĂ©trempĂ©, une grosse nuance difficile Ă  bien mettre en pratique...). L'automne est une pĂ©riode importante pour la pousse des racines avec les Ă©tĂ©s caniculaires que nous connaissons maintenant, voilĂ  pourquoi il faut planter Ă  cette pĂ©riode bien plus qu'au printemps... Or, si une taille importante intervient au printemps (juste avant ou au moment du dĂ©bourrement) au niveau des bourgeons terminaux, les racines stoppent leur dĂ©veloppement (perte du contrĂŽle apical et inhibition du transport des phytohormones). Ensuite, les feuilles jouent un rĂŽle important chez les Acer, mĂȘme en prĂ©sence de rĂ©serves glucidiques, car les diffĂ©rentes synthĂšses sont essentielles bien plus que les rĂ©serves et elles ne peuvent se faire que si l'arbre possĂšde une bonne biomasse. En rĂ©alitĂ©, c'est un savant Ă©quilibre entre le systĂšme hormonal, lui-mĂȘme dĂ©pendant des rĂ©serves en dormance (importance des charpentiĂšres et du houppier), et la photosynthĂšse, qui assure la croissance et le dĂ©veloppement du systĂšme racinaire. Le systĂšme racinaire ne croĂźt pas de façon rĂ©guliĂšre, ni Ă©galement sur toutes ses parties : il y a alternance entre les parties en fonction des corrĂ©lations endogĂšnes (toute taille a donc des effets !), mais aussi des conditions thermiques et hydriques, et surtout du sol (nature physique et chimique, obstacles...).
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Re: plantation en motte

Message par reggy »

Bonjour Misologue,
Est ce que cela vaut aussi lors d’un rempotage selon toi?
Pas de taille aprĂšs rempotage?

J’ai aussi pour habitude de rempoter en automne mais principalement pour les sujets ayant beaucoup de racines en bordure du pot. Cela permet de les protĂ©ger des grands froids lorsqu’elles sont emmitouflĂ©es dans leur nouveau substrat, dans le pot plus grand. Dans nos rĂ©gions septentrionales c’est sĂ»rement un paramĂštre qui doit plus compter qu’ailleurs.
Reste du coup Ă  faire attention au trop plein de pluie hivernale.
Misologue1
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Re: plantation en motte

Message par Misologue1 »

reggy a écrit : sam. 05 déc. 2020 8:47 Bonjour Misologue,
Est ce que cela vaut aussi lors d’un rempotage selon toi?
Pas de taille aprĂšs rempotage?

J’ai aussi pour habitude de rempoter en automne mais principalement pour les sujets ayant beaucoup de racines en bordure du pot. Cela permet de les protĂ©ger des grands froids lorsqu’elles sont emmitouflĂ©es dans leur nouveau substrat, dans le pot plus grand. Dans nos rĂ©gions septentrionales c’est sĂ»rement un paramĂštre qui doit plus compter qu’ailleurs.
Reste du coup Ă  faire attention au trop plein de pluie hivernale.
Hello Reggy !

Objectivement, un rempotage peut avoir lieu Ă  n'importe quel moment de l'annĂ©e (hors pĂ©riode de gel Ă©videmment) s'il est fait dans les " rĂšgles de l'art ", c'est-Ă -dire si l'opĂ©ration respecte les besoins de l'arbre (drainage, oxygĂ©nation du substrat, nature physique et chimique du sol, amendement, etc...) et si l'environnement est favorable Ă  sa santĂ© (aoĂ»tement, conditions phytosanitaire). " DĂ©ranger " les racines (les dĂ©mĂȘler dĂ©licatement, dĂ©chignoner, les rĂ©orienter dans la bonne direction) n'est jamais un problĂšme si la plante est en bonne santĂ© et vigoureuse. Dans ce cas, la taille du systĂšme aĂ©rien est envisageable, si les rĂ©serves sont importantes. En revanche, tailler les racines ou les casser par des gestes trop violents, trop rapides ou saccadĂ©s, est une opĂ©ration qui n'est jamais anodine et qui provoque des rĂ©actions souvent imprĂ©visibles, mĂȘme si nous connaissons assez bien aujourd'hui les mĂ©canismes de rĂ©ponses aux contraintes. La taille du systĂšme aĂ©rien est beaucoup plus dĂ©licate dans ce cas...

Quels sont les effets de la taille sur le systÚme racinaire, en général d'abord, et en particulier lorsque l'Acer rencontre un obstacle comme les limites du pot ?

Les Acer produisent un certain nombre de catĂ©gories racinaires (types morphologiques, anatomiques et fonctionnels), qui s'organisent selon un ordre prĂ©cis dans le systĂšme ramifiĂ©. Chaque catĂ©gorie se caractĂ©rise par une combinaison de propriĂ©tĂ©s qui lui sont propre et la diffĂ©rencie des autres composants de l’enracinement (il faudrait Ă©crire un long article sur ces mĂ©canismes...). Certaines contraintes du sol ou imposĂ©es par les pratiques culturales viennent perturber la forme de l’enracinement. Le milieu pĂ©dologique est naturellement hĂ©tĂ©rogĂšne et source de contraintes et cela est encore plus vrai dans cet environnement artificiel qu'est un pot ou un container : le substrat est soumis Ă  des modifications brutales, rĂ©pĂ©tĂ©es ou alĂ©atoires, de ses propriĂ©tĂ©s (tempĂ©rature, compacitĂ©, teneur en eau, oxygĂšne, matiĂšres minĂ©rale et organique, Ă©lĂ©ments grossiers, etc...). Toutes ses perturbations sont la cause d'altĂ©rations du fonctionnement des racines, mais aussi de leur adaptabilitĂ© et de leur plasticitĂ©.

PremiĂšre rĂšgle : toute racine, par l'intermĂ©diaire de son mĂ©ristĂšme terminal, exerce un contrĂŽle apical sur l'Ă©longation de ses Ă©bauches latĂ©rales en cours de formation. Si l'on taille les racines principales ou ses diffĂ©rents pivots, une croissance aura lieu sur les Ă©bauches des racines latĂ©rales. Elles auront un dĂ©veloppement identique Ă  celui qu’a perdu la racine dĂ©faillante qui la gĂ©nĂšre. Le devenir d’une racine latĂ©rale est donc conditionnĂ© par l’état de dĂ©veloppement du systĂšme qui lui donne naissance et corrĂ©lĂ© Ă  sa localisation dans ce systĂšme racinaire.

Seconde rĂšgle : tailler les racines latĂ©rales provoque un phĂ©nomĂšne de fourchaison : il faut tailler Ă  la fois le pivot et ses racines latĂ©rales pour provoquer une rĂ©gĂ©nĂ©ration sur chaque type racinaire de l’équivalent de la portion amputĂ©e.

TroisiĂšme rĂšgle : comme pour le systĂšme aĂ©rien, l’ñge physiologique conditionne le potentiel de dĂ©veloppement des formations latĂ©rales. L’ñge chronologique vient en moduler les possibilitĂ©s d’expression : pour un Ăąge physiologique donnĂ©, plus la portion concernĂ©e est ĂągĂ©e chronologiquement, plus le processus de rĂ©gĂ©nĂ©ration (remplacement Ă  l’identique de la portion amputĂ©e) est long, voire retardĂ©, mĂȘme si la vitesse d’allongement de la racine nĂ©e de l’amputation reste Ă©levĂ©e. La taille sur portions ĂągĂ©es ne rajeunit pas le systĂšme et ne permet en aucun cas un retour en arriĂšre dans la sĂ©quence de dĂ©veloppement.

En cas d’amputation, les Ă©bauches les plus jeune, adoptent un comportement similaire Ă  celui de la racine sectionnĂ©e. Plus elles sont ĂągĂ©es moins cette transformation est possible, plus leur Ă©tat est irrĂ©versible.

Enfin, quatriĂšme rĂšgle : La stimulation de croissance des racines latĂ©rales est synchrone avec le ralentissement induit par la rĂ©sistance que rencontre la racine principale contre l’obstacle. DĂšs que l’environnement est homogĂšne, la croissance revient Ă  la normale. La rencontre d’un obstacle provoque un ralentissement de l’allongement et un affaiblissement ponctuel de la dominance apicale qui se rĂ©percute sous la forme d’une " stimulation temporaire " et localisĂ©e de l’allongement des racines latĂ©rales situĂ©es dans la zone d’arrivĂ©e sur la contrainte.

Or, les racines de " remplacement " ont un comportement de croissance modulĂ© par la position et l’ñge de sa zone d’émergence sur la racine amputĂ©e. La racine latĂ©rale stimulĂ©e (prĂ©formĂ©e) Ă©merge plus tĂŽt que la racine de rĂ©gĂ©nĂ©ration (nĂ©oformĂ©e). Elle conserve plus longtemps ses caractĂ©ristiques. La racine de rĂ©gĂ©nĂ©ration, plus lente Ă  Ă©merger, montre nettement plus tĂŽt un comportement proche de celui de la racine amputĂ©e. Mais plus la zone de taille est ancienne, plus le temps nĂ©cessaire Ă  la racine de rĂ©gĂ©nĂ©ration pour devenir verticale est long, moins sa vitesse d’allongement est Ă©levĂ©e. Le dĂ©lai d’obtention d’une rĂ©gĂ©nĂ©ration conforme Ă  la portion amputĂ©e augmente donc avec l’ñge chronologique de cette derniĂšre. Il y a altĂ©ration progressive pouvant dĂ©boucher sur la perte dĂ©finitive des aptitudes de rĂ©gĂ©nĂ©ration au cours du vieillissement de l’organe.

Ainsi, la taille rĂ©pĂ©tĂ©e accĂ©lĂšre le vieillissement de l’organe et lui fait perdre prĂ©maturĂ©ment son potentiel de croissance et dĂ©veloppement initial. En bref, et pour rĂ©pondre Ă  la question, le dĂ©veloppement racinaire s’inscrit dans une morphogenĂšse dĂ©terminĂ©e (croissance, ramification, diffĂ©renciation). Le mĂ©ristĂšme terminal de chaque racine exerce sur les Ă©bauches de racines latĂ©rales en cours de formation une dominance apicale qui dĂ©finit leur potentiel de dĂ©veloppement. La dominance apicale est donc le support d’expression de la hiĂ©rarchie au cours du dĂ©veloppement racinaire, et altĂ©rer cette dominance a des effets provisoires ou dĂ©finitifs. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, sa disparition est temporaire jusqu’à la rĂ©gĂ©nĂ©ration de l’organe amputĂ©. Or, en l’absence d’ébauches programmĂ©es (notion de vigueur d'origine gĂ©nĂ©tique, comme pour les bourgeons dormants des tiges...), il est facile de constater que les racines montrent de grandes difficultĂ©s de rĂ©gĂ©nĂ©ration. Ces difficultĂ©s sont d’autant plus importantes que la taille a lieu sur des organes ĂągĂ©s, de gros diamĂštre et de maniĂšre rĂ©pĂ©tĂ©e. MĂȘme si l’allongement initial des racines situĂ©es au niveau de la blessure est vigoureux, et ce d’autant plus que la portion sectionnĂ©e est de gros diamĂštre, la rĂ©gĂ©nĂ©ration complĂšte (dans sa forme et sa fonction) peut ĂȘtre fortement diffĂ©rĂ©e voire impossible Ă  rĂ©aliser.

En rĂ©sumĂ© : systĂšme racinaire et systĂšme aĂ©rien sont en corrĂ©lation. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, la rĂ©gĂ©nĂ©ration des racines suit la logique d'une rĂ©itĂ©ration traumatique, commune avec le systĂšme aĂ©rien : les racines amputĂ©es reprennent la sĂ©quence de dĂ©veloppement Ă  l'endroit oĂč elle a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e. Mais c'est l'Ăąge de la plante qui est dĂ©terminante ainsi que la quantitĂ© de racines dĂ©truites : la reprise sera d'autant plus difficile, voire impossible, que l'arbre aura un Ăąge chronologique et ontogĂ©nique avancĂ©. Plus le nombre de racines sectionnĂ©es est important a proximitĂ© des racines principales et plus une concurrence fĂ©roce va avoir lieu pour s'emparer de la dominance apicale laissĂ©e vacante, ce qui va produire de nombreux rejets autour de la blessure sans garantie pourtant d'une reprise conforme Ă  la partie amputĂ©e : sans raison " apparente ", l'arbre va dĂ©pĂ©rir... Enfin, la rencontre avec des obstacles (limites du pot, tontine trop solide, nature physique du sol, dĂ©ficit hydrique, etc...), va aggraver et exacerber la difficultĂ© de reprise en bloquant la sĂ©lection des rejets (trop nombreux) destinĂ©s Ă  reprendre le contrĂŽle apicale nĂ©cessaire pour restaurer la hiĂ©rarchie initiale... Comme dĂ©jĂ  dit dans le message prĂ©cĂ©dent, se sont les rĂ©serves stockĂ©es dans les parties aĂ©riennes qui vont d'abord servir de nourriture pour rĂ©gĂ©nĂ©rer les racines. Puis se sont les feuilles aprĂšs dĂ©bourrement qui vont prendre le relais et apporter les glucides nĂ©cessaires Ă  leur croissance. Au cours de la saison, un rythme va alors s'installer entre croissance du systĂšme aĂ©rien et croissance du systĂšme racinaire, le dĂ©veloppement de l'un inhibant plus ou moins le dĂ©veloppement de l'autre...
DerniÚre modification par Misologue1 le sam. 05 déc. 2020 15:39, modifié 7 fois.
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Daniel d'Aillon
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Re: plantation en motte

Message par Daniel d'Aillon »

Bonjour

j'ai parcouru avec intĂ©rĂȘt les remarques de Mysologue, auxquelles il y a si peu Ă  ajouter. Si seulement nĂ©cessaire...
Plus le plant est jeune, moins il y a de problĂšme...
Rappelons en cas de racines nues, voire lors d'un accident de la motte, la nécessité de procéder à un habillage des racines et voir le pourquoi...
Et rappelons l'emploi d'un sécateur, à la lame bien aiguisée, ...
Lequel outil a un sens: la lame qui coupe doit ĂȘtre du cĂŽtĂ© de la plante...
Le cÎté crochet ayant tendance à écraser les canaux, est réservé à la partie à enlever...
Ă  plus
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Re: plantation en motte

Message par Tomasan »

TRÈS intéressant misologue !
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Daniel d'Aillon
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Re: plantation en motte

Message par Daniel d'Aillon »

Je reviens compléter suite au dernier paragraphe de Mysologue qui corrigera si bon lui semble :
D'oĂč l'intĂ©rĂȘt de planter Ă  l'automne quand le terrain est encore chaud.... Les racines Ă©tant encore actives. Mais et c'est cela qui est important, elles ne sont plus nourriciĂšres... DĂ©livrĂ©es de leur fonction d'intendance.

Aparté:
Selon le livre d' Ernst Zucker et d'autres études, 98 % de la matiÚre de l'arbre provient de l'atmosphÚre, H, C, O, qui servent à fabriquer des sucres cellulose hemicellulose et lignine. Le sol sert surtout d'ancrage, d'apport en eau, et des rares autres nutriments nécessaires.

Revenons aux racines :
En revanche , ne pas planter à l'automne dans un terrain qui serait l'hiver durant, mal drainé. Les racines ont toutes les chances de pourrir.
La hiérarchie des bourgeons, des branches, etc, qui est valable au dessus du sol l'est aussi dessous.
N'oublions pas la symbiose ou complémentarité racines fungi. (mycorhize)
Je le résume comme ça.
A vous...
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Re: plantation en motte

Message par Misologue1 »

Daniel d'Aillon a écrit : sam. 05 déc. 2020 15:48 Je reviens compléter suite au dernier paragraphe de Mysologue qui corrigera si bon lui semble :
D'oĂč l'intĂ©rĂȘt de planter Ă  l'automne quand le terrain est encore chaud.... Les racines Ă©tant encore actives. Mais et c'est cela qui est important, elles ne sont plus nourriciĂšres... DĂ©livrĂ©es de leur fonction d'intendance.

Aparté:
Selon le livre d' Ernst Zucker et d'autres études, 98 % de la matiÚre de l'arbre provient de l'atmosphÚre, H, C, O, qui servent à fabriquer des sucres cellulose hemicellulose et lignine. Le sol sert surtout d'ancrage, d'apport en eau, et des rares autres nutriments nécessaires.

Revenons aux racines :
En revanche , ne pas planter à l'automne dans un terrain qui serait l'hiver durant, mal drainé. Les racines ont toutes les chances de pourrir.
La hiérarchie des bourgeons, des branches, etc, qui est valable au dessus du sol l'est aussi dessous.
N'oublions pas la symbiose ou complémentarité racines fungi. (mycorhize)
Je le résume comme ça.
A vous...
IntĂ©ressant ! Chez les Acer, l’automne et le dĂ©but de l’hiver (de plus en plus retardĂ©e avec le rĂ©chauffement climatique
) sont la pĂ©riode de reconstitution des substances de rĂ©serves : glucides (amidon surtout, l’hĂ©micelluloses, mais aussi des sucres solubles comme le glucose, le fructose, le saccharose
), lipides (triacylglycĂ©rols et galactolipides), acides aminĂ©s et protĂ©ines (arginine, proline, l’urĂ©ide). Donc, non seulement les racines poursuivent ou reprennent, aprĂšs un Ă©tĂ© contraignant, leur allongement sous l’effet des facteurs externes (conditions climatiques favorables : tempĂ©rature et hygromĂ©trie) et internes (absence ou retard de la dormance physiologique des bourgeons), mais leur activitĂ© est cruciale pour reconstituer les rĂ©serves pendant cette pĂ©riode. Sur le seul critĂšre de la teneur en hydrate de carbone, les racines sont mĂȘme la principale zone de rĂ©serve : toutes les parties de l’arbre participent, Ă  un moment ou Ă  un autre, au stockage des rĂ©serves, mais les racines prĂ©sentent proportionnellement plus de cellules vivantes (parenchymateuses) que les branches et les tiges. Evidemment, l’ñge de l’arbre dĂ©termine la masse totale de cellules vivantes capable d’emmagasiner ces rĂ©serves. Ainsi, transplanter un jeune Acer aura des effets bien plus importants pour sa reprise que dans le cas d’un Acer plus ĂągĂ© ou adulte : pivots et charpentiĂšres (racines ligneuses pĂ©rennes) stockent jusqu’à 80 % des rĂ©serves impliquĂ©es dans la reprise chez un jeune arbre et les tailler en grande quantitĂ© est un traumatisme Ă©norme ! Mais transplanter un arbre adulte n’a pas les mĂȘmes consĂ©quences, car l’importance de la biomasse aĂ©rienne explique que la plus grande partie des rĂ©serves se trouvent dans le tronc et les charpentiĂšres. D'oĂč l'importance de ne pas les tailler.

En fait, il existe des seuils de sensibilitĂ© (minima et maxima) des racines dĂ©pendants d’une gamme dĂ©terminĂ©e de valeur des propriĂ©tĂ©s du sol (hygromĂ©trie, tempĂ©rature, richesse des nutriments, aĂ©ration, rĂ©sistance du sol, etc
), et les Ă©tudes dĂ©montrent qu’en dehors des pics de croissance du printemps et du dĂ©but de l’étĂ©, certaines catĂ©gories de racines distribuĂ©es dans l’horizon racinaires (0 Ă  60 cm de profondeur), restent en activitĂ© et poursuivent leur croissance pendant l’automne, mĂȘme si celle-ci est ralentie. Des accidents comme la dĂ©foliation (chaleur de l’étĂ©, grĂȘle, maladie
) ont une incidence non nĂ©gligeable sur la constitution des rĂ©serves en amidon dans les racines en automne et en hiver, alors qu’un dĂ©ficit hydrique non du fait de la photosynthĂšse maintenue.

Vous avez raison : il y a une similitude morphologique et fonctionnelle entre le systĂšme racinaire et aĂ©rien : parce qu'elles apparaissent en petits nombre, qu'elles sont pĂ©rennes, volumineuses, parce qu’elles explorent le milieu et dĂ©terminent la forme et le volume de l’enracinement, les racines charpentiĂšres d’exploration sont l’homologue du tronc et de ses branches maĂźtresses. Sur chacune des racines de cette charpente, des racines ligneuses caduques assurent la colonisation et l’exploitation du milieu tout comme les branches et leurs rameaux. Chaque racine ligneuse porte de nombreuses racines non ligneuses formant un appareil absorbant Ă©phĂ©mĂšre (le chevelu), homologue du feuillage. Comme la forme du houppier, celle de l’enracinement est hĂ©rĂ©ditaire (dĂ©finie gĂ©nĂ©tiquement) et diffĂ©rente selon la variĂ©tĂ© ou le cultivar. Comme la forme du houppier, celle de l’enracinement est modulĂ©e par l’environnement.
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Daniel d'Aillon
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Re: plantation en motte

Message par Daniel d'Aillon »

Bonjour.

Exemple sur la taille.
Sur les bourgeons, je pourrais donner l'exemple suivant. Il fallait couper la tĂȘte d'un charme qui poussait oblique Ă  la recherche de la lumiĂšre.
Il était au nord de grosses frondaisons . Le problÚme est qu'il menaçait la serre.
Reste aprÚs la coupe de qui était au dessus de la serre un tronc oblique de 2 à 3 m de haut. DiamÚtre 10 ou 15 cm. Je ne sais plus. C'est parti de partout sans aucune branche, qu'un fouillis. On dirait le hérisson d'un ramoneur... De haut en bas. Pour l'instant, rien ne semble trouver son chemin. Je laisse faire.


Autre exemple cette fois, sur les limites de l'art de transplanter.
J'avais trop de houx dispersés naturellement sur le terrain et des trous dans la haie du champ plus loin.
J'ai transplanté à racines nues des plants de 15 à 70 cm. Avec le chevelu dessous. Ceux de 70 cm avait autant dessous que dessus.
J'ai eu une excellente réussite. Les plants étaient protégés des vents par des frondes de fougÚres comme barbe à papa..
Nous étions en 2012..
Mais sur deux linéaire de haie, en particulier, que j'avais senti difficile, j'ai eu des problÚmes.
Je les ai maintenu le temps que j'ai pu avec l'eau.
2019 2020 arrive la sécheresse.
En plus je n'étais pas là pour réagir.
Tous ces plants sont morts, brûlés.

Certains parmi les autres transplantés ont fait la gueule. Mais il leur a suffit d'assez d'eau à temps pour passer la saison difficile.
Par contre, ceux qui ont poussĂ© naturellement, germĂ© sur place, dans l'emplacement initial, n'ont pas montrĂ© l'ombre d'un problĂšme ou juste ont ils baissĂ© la tĂȘte en fin d'Ă©tĂ©.

Ernst Zucker fait remarquer que la forĂȘt primaire sera toujours la plus forte. Primaire, celle qui vient comme elle le sent, d'instinct.
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Re: plantation en motte

Message par Misologue1 »

Oui, trĂšs intĂ©ressant ! Ce que vous dĂ©crivez fait penser aux effets de la taille dont parle Raimbault et Tanguy dans la Revue ForestiĂšre Française Ă  propos de la gestion des arbres d'ornement. Ils prĂ©cisent bien que, si la taille de formation sur les jeunes arbres d'abord, puis sur les arbres adultes, rĂ©pond Ă  des exigences variables et parfois contradictoires (crĂ©ation artificielle d'un type d'architecture, adaptation de la forme architecturale Ă  une situation contraignante en ville ou dans un jardin, forçage de la ramification Ă  diffĂ©rents niveaux pour produire une plante plus " vendable ", etc...), celle-ci ne doit jamais ĂȘtre pratiquĂ©e Ă  la lĂ©gĂšre car elle ne provoque pas seulement un regain de vigueur sur les parties touchĂ©es, mais modifie qualitativement la morphologie de l'arbre (qui alors s'Ă©loigne plus ou moins durablement de sa morphogenĂšse type) et surtout (on n'insistera jamais assez sur cet aspect) son fonctionnement en vertu des corrĂ©lations (systĂšme aĂ©rien, systĂšme racinaire) qui se jouent au sein de l'arbre tout entier. Modifier le contrĂŽle apical exercĂ© par les diffĂ©rents axes de l'arbre, c'est dĂ©rĂ©gler les effets rĂ©gulateur et organisateur de ces axes, rompre l'Ă©quilibre qui met des annĂ©es Ă  s'installer entre les diffĂ©rentes parties de l'arbre, sur les charpentiĂšres comme sur le houppier. Une rĂšgle, sur laquelle insiste les auteurs, est de ne jamais tailler un arbre si celui-ci n'a pas une croissance annuelle vigoureuse, ce qui signifie en pratique qu'il ne faut pas tailler directement aprĂšs une transplantation (avec rĂ©duction du systĂšme racinaire). Certes, une rĂ©action suivra, mais celle-ci va affaiblir l'arbre, le vieillir prĂ©maturĂ©ment et modifier profondĂ©ment son architecture naturelle ou typique. Ainsi, comme vous, je suis loin d'ĂȘtre convaincu que la taille de formation, mĂȘme pratiquĂ©e " dans les rĂšgles de l'art ", puisse, comme l'affirment pourtant ces auteurs, " permettre un dĂ©veloppement conforme au potentiel gĂ©nĂ©tique de la plante et Ă  l'action du milieu environnant "... Tailler le rameau long terminal qui exerce sa dominance sur toutes les ramifications en dessous de lui (jusqu'au bois de 3 Ă  5 ans), permet en effet de favoriser les rameaux concurrents (hypotone ou non, car sur les Acer l'hypotonie n'est pas trĂšs forte...) dont on estime qu'ils ont plus d'avenir que le rameau dominant ou parce qu'ils prennent une direction plus en accord avec nos goĂ»ts (????). Mais, comme vous le faites remarquer, cette taille a pour effet brutal de favoriser le dĂ©veloppement anarchique de nombreux rejets, non seulement au niveau du point de coupe, mais aussi au niveau des ramifications basses tout le long de la branche : la branche ressemble vite Ă  un " hĂ©risson" d'une grande laideur... En consĂ©quence, ce type de taille exige ensuite de la poursuivre les annĂ©es qui suivent pour tenter d'Ă©quilibrer la ramification, ce qui provoque alors de nouvelles rĂ©actions, plus ou moins prĂ©visibles... Sans compter, bien sĂ»r, les effets sur le systĂšme racinaire, dont il faudrait Ă©galement reparler...

La formations de rejets est encore plus abondante si la taille se fait sur de jeunes adultes. Il y aurait, selon les auteurs, une différence entre l'arbre jeune et l'adulte jeune : c'est la taille de l'axe hypotone sur l'arbre jeune qui aurait comme effet le développement le plus important de rejets autour du point de coupe, alors qu'à l'inverse, c'est la taille de l'axe dominant sur l'arbre adulte qui engendrerait des rejets vigoureux : encore une fois, dans le cas des Acer, je constate année aprÚs année, que le phénomÚne est égal dans les deux cas ! Bref, tailler exige un suivi régulier qui fini par éloigner de plus en plus le cultivar de son architecture " naturelle "...
DerniÚre modification par Misologue1 le mer. 09 déc. 2020 11:27, modifié 1 fois.
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emille
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Re: plantation en motte

Message par emille »

Je n'ai pas tout lu mais

il ne faut surtout pas couper la tontine ni le grillage. Ils permettent de maintenir une belle motte solide. Le grillage est recuit donc il se décomposera rapidement ds le sol (qq années) Les radicelles n'auront aucune difficulté à traverser la tontine.

Tuteur ? Je trouve dommage de tuteurer un tel sujet. Il serait prĂ©fĂ©rable de l'ancrer au sol. 3 ou 4 piquet plantĂ©s en biais autour de la motte. Des sangles ou fil de fer allant d'un piquet Ă  l'autre passant par le dessus de la motte. Voir lien ci dessous. Mais attention, effet d'optique sans doute, la motte semble en dessous du niveau du sol. C'est Ă  proscrire. La motte doit ĂȘtre affleurante voir lĂ©gĂšrement surĂ©levĂ©e par rapport au niveau du sol.
https://www.placedupro.com/articles/221 ... -multiples
Un sou pour la plante, deux sous pour le sol
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Daniel d'Aillon
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Re: plantation en motte

Message par Daniel d'Aillon »

Oui c'est long Ă  lire mais pour une fois que ces lectures ne sont pas partisanes...

Cela contraste avec les précipitations actuelles et je ne parle pas de pluie...
Encore que la douche soit froide pour une sociĂ©tĂ© qui croyait s'ĂȘtre libĂ©rĂ©e des contingences ''matĂ©rielles''..
Fermons la parenthĂšse!

voici une autre lecture possible:
http://www.ecosociosystemes.fr/arbres_arbustes.html

Je vous recommande de parcourir le site comme coccinelle qui inspectera chaque ramification... Comme ils ont mis des liens que je crois pertinents...

Vous trouverez donc ceci:
https://amap.cirad.fr/architecture/arbo ... #TopOfPage

Cet hiver s'annonce comme la traversĂ©e du dessert, installez vous auprĂšs du poĂȘle Ă  bois, Ă©cho-logique...
Et attendons que cela passe..

Je ne suis pas convaincu de la taille au carré, d'ailleurs une semi liberté sur les arbustes me paraßt plus gracieuse, parfois au bénéfice de la floraison.

Je ne suis pas en dĂ©saccord avec emille; l’exemple qu'il donne vaut surtout pour des arbres ayant dĂ©jĂ  atteint un certain dĂ©veloppement.
Mais pour ma part, en prenant soin d'avoir ouvert le sous sol sous l'emplacement futur de la motte, en rĂšgle gĂ©nĂ©rale, j'enlĂšve la tontine et cela sans briser la motte... (enfin ceci est ma salade) Et surtout cela Ă©tait vrai du temps oĂč la tontine Ă©tait rĂ©alisĂ©e en paille, ou en bac de planchette de bois...

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